Astor Piazzolla – Adios Nonino

Ah, Piazzolla ! Cette source inépuisable de fraîcheur et d’exotisme, cette oasis ensoleillée parmi tous ces vieux dinosaures de compositeurs… C’est personnellement toujours un plaisir d’écrire sur sa musique, dont les mélodies de tango sont si bien propices à l’ambiance estivale (enfin, sauf quand il pleut, quoi !)…

Pour vous, aujourd’hui, nous présentons son morceau le plus célèbre, via lequel il s’est fait connaître du monde entier : « Adios, Nonino », écrit en mémoire de son grand-père Vicente « Nonino ». Le morceau a fait l’objet de nombreuses adaptations, mais la plus aboutie est sans doute celle ci-dessous, où Piazzolla joue en compagnie d’un orchestre. L’introduction aux cordes, non mélodique et très déroutante, rappelle fortement Stravinsky, et l’orchestre s’oppose au son exotique du bandonéon, avant de le soutenir dans une épanchement mélodique absolument délicieux d’un point de vue auditif.

Pour la petite histoire, ce morceau a été joué lors du mariage princier de l’actuel couple royal des Pays-Bas, en hommage aux origines argentines de la reine Maxima.

Astor Piazzolla – Histoire du Tango – Bordel 1900

Comme dirait PPD aux Guignols, quand un film marche bien, on fait la suite, et quand il marche très bien, on fait le prequel ! C’est exactement ce que nous faisons aujourd’hui, après vous avoir parlé de « Café 1930  » et de « Nightclub 1960 « , deux très beaux morceaux du célèbre bandonéoniste argentin Astor Piazzolla, qui retracent l’évolution du Tango au XXe siècle.

Tout le génie de Piazzolla fut d’avoir réussi à symboliser le Zeitgeist argentin à travers les métamorphoses d’une danse qui constitue une partie non négligeable de l’identité culturelle de ce grand pays d’Amérique latine. Dans « Bordel 1900″,  il revient aux racines du tango, qui comme le suggère le titre du morceau, fut avant tout une danse populaire, issue même des bas-fonds de la société, aux antipodes des danses plus nobles telles que la valse. Comparé à « Café 1930″, on pourrait même dire que c’est le jour et la nuit : quand en 1930 le tango se dansait avec langueur et mélancolie, le credo était bien plus volage et l’humeur bien plus légère en 1900.

Si « Bordel 1900″ s’accompagne de passages en tonalité mineure, vous saisissez bien que l’impression est bien différente, en comparaison avec « Café » ou « Nightclub »: il ne s’agit non pas de ressentir la noirceur mélancolique, mais la sensualité et l’érotisme du tango, un peu dans la veine des déhanchés envoûtants de la fameuse Carmen. Peu étonnant, car le tango est lui-même un dérivé de l’habanera (souvenez-vous de « L’Amour est enfant de Bohême« ) !

Pour vous mettre dans l’ambiance, une version par flûte et guitare, pour vous aider à vous évader de ce temps vigoureux et à planer jusque sous le soleil argentin…