Jean-Sébastien Bach – Oratorio de Pâques – Sinfonia

Jean-Sébastien BachProfitons de ce week-end de Pâques pour continuer à explorer l’oeuvre sacrée de Bach. Après l’extrait de la Passion selon Saint Matthieu qu’il seyait d’écouter vendredi, voici maintenant un morceau plus joyeux, tiré de l’oratorio de Pâques (BWV 249), en l’occurence la Sinfonia, qui ouvre l’oeuvre. L’oratorio reprend le passage de l’Evangile selon Saint Jean où les apôtres Pierre et Jean courent au tombeau de Jésus, après que Marie-Madeleine leur a annoncé que celui-ci était vide.

Bon week-end à tous !

Jean-Sébastien Bach – Passion selon St Matthieu – Erbarme dich Mein Gott

reniement de Saint Pierre - tableau du Caravage
Le Caravage – Le reniement de Saint Pierre

Vendredi Saint oblige, nous vous proposons ce soir un extrait de la superbe passion selon Saint Matthieu de Bach, dont nous vous avions présenté l’ouverture.

Ce soir, le passage choisi correspond aux larmes pleines de remords de Pierre, se rendant compte qu’il a renié Jésus par trois fois, comme celui-ci le lui avait annoncé. Les paroles, et un semblant de traduction :

Erbarme dich, mein Gott, Aie Pitié mon Dieu
um meiner Zähren willen! Devant mes larmes!
Schaue hier, Herz und Auge Vois donc mon coeur et mes yeux
weint vor dir bitterlich. Qui pleurent amèrement devant toi.
Erbarme dich, mein Gott. Aie pitié, mon Dieu.

C’est le célèbre contretenor allemand Andreas Scholl qui interprète ici cet air.

Johan-Sebastian Bach – Suite anglaise N°3 – Gavotte

Jean-Sébastien BachDécouvrons ce soir la suite anglaise pour clavier N°3 (sur 6) de Bach, compositeur emblématique de la période baroque. Nous vous proposons d’en découvrir la gavotte. La gavotte ? Il s’agit d’une des parties d’une suite, située vers la fin, entre la sarabande et la guigue… Dans le morceau du jour, on perçoit assez bien les différentes parties de la gavotte, qui s’ouvre sur un thème en mineur (plutôt triste), avant de décliner le même thème en majeur (plutôt joyeux), à 1:40, puis de revenir au thème mineur, à 2:30.

Place au célèbre pianiste croate Ivo Pogorelich !

Johann Sebastian Bach – Prélude et fugue en do majeur BWV 846

TBachrès grand hit de la musique classique aujourd’hui, tous les apprentis pianistes sont passés par ce morceau – ou au moins le célèbre prélude! Nous vous avions présenté il y a longtemps l’Ave Maria de Gounod, qui reposait sur le prélude

C’est le pianiste autrichien Friedrich Gulda (1930-2000) qui interprète ici le prélude et la fugue en do majeur, issus du premier livre du Clavier bien tempéré de Bach.

Bonne écoute!

Johann Sebastian Bach – Toccata BWV 914

Un morceau qui va sans doute réjouir les plus cinéphiles d’entre vous !

Avant de devenir le « père de la musique », comme on aime souvent le surnommer, Bach a été jeune et a longtemps cherché son style avant que celui-ci ne devienne celui qu’on connaît tous aujourd’hui. On sait par exemple qu’il admirait Buxtehude et s’adaptait volontiers à la mode du « Stylus Phantasticus ».

Pour se faire une bonne idée du style de Bach à ses débuts, rien de mieux que les sept toccatas qu’il composa entre 1707 et 1711, alors qu’il officiait en tant que maître de Chapelle à Weimar, au service du duc Guillaume II de Saxe. Malgré leur style déroutant et virtuose cher aux improvisateurs (ce qui ne fait pas tout de suite penser à Bach), elles regorgent de techniques qui seront réemployées par le compositeur dans ses oeuvres « canoniques ».

La toccata BWV 914 illustre bien mon propos. Composée de quatre sections – une introduction, un fugato, un Adagio et une Fugue – elle recèle de « clefs » de lecture essentielles pour style de Bach, dont des traits remarquables comme les sauts d’octave à la main gauche ou encore les accords de sixte en contretemps à la main droite (qu’on retrouve aussi dans la fameuse Toccata en ré mineur BWV 565).

L’Adagio (2:59) est particulièrement intéressante puisqu’elle dénote le style d’improvisation que Bach a expérimenté avec le Stylus Phantasticus. Vous remarquerez la coupure (aux alentours de 3:45) où la phrase musicale se fait plus bégayante et s’embarrasse de quelques ornements – ce qui est d’ailleurs très bien rendu par Glenn Gould. Vient la Fugue, à trois voix (6:00), dont vous remarquez tout de suite la virtuosité digitale, inhabituelle pour un morceau composé pour clavecin à l’origine.

Les aficionados de Jacques Audiard ont sans doute reconnu ce morceau, qui est joué en boucle dans De Battre mon Coeur s’est arrêté (2005) avec Romain Duris. Ce dernier campe le rôle d’un jeune bandit qui se repentit grâce au piano et à ce morceau précisément. Je vous offre en prime un extrait du long métrage, avec un conseil avisé pour tous ceux qui voudront s’attaquer à ce magnifique morceau un jour : n’essayez jamais de jouer Bach en rubato !…

Voici donc la version de Glenn Gould et l’extrait du film !

J. S. Bach – Le Clavecin bien tempéré – Livre 1 n°24

Le Clavecin bien tempéré, c’est un peu le Bescherelle des jeunes pianistes de nos jours. Vous ne trouverez pas mieux pour exercer votre oreille à la logique du rythme et des harmonies qui fondent la musique classique.

Mais, comme en témoignent le prélude déjà présenté et cette belle fugue, ces morceaux n’en demeurent pas moins très agréables à écouter. Laissez-vous apaiser par la douceur de cette fugue en cette fin de journée de labeur!

Johann Sebastian Bach (?) – Sonate pour flûte – Siciliano

Décidément, le rythme de la sicilienne inspire de bien jolies choses : on connaît tous celle de Fauré dans Pelléas et Mélisande par exemple. Mais le style avait déjà connu de beaux jours pendant l’époque baroque : j’en tiens pour preuve le deuxième mouvement de cette Sonate écrite pour flûte et clavecin, probablement composée par Bach (BWV 1031). Mais malgré le référencement, la paternité de Bach n’est pas prouvée : en effet, le manuscrit original n’a jamais été retrouvé et puis, à en juger par le style, vous conviendrez que cela ne ressemble pas du tout à Bach…

Mais finalement, qu’importe? Ce morceau est tellement joli qu’il vous amènera sans doute à passer un beau moment d’émotion musicale en sa compagnie… Ci-dessous, une transcription très réussie faite au piano par Wilhelm Kempf. Il existe d’autres versions, notamment à la flûte, mais de qualité un peu moindre, trouvables sur Internet.