Amy Beach – Romance pour piano et violon op.23

Un constat attristant veut qu’on dénombre peu de compositrices de musique classique, et même lorsqu’une femme naissait avec un don ou une bonne oreille, elle ne pouvait rien en faire. La faute à leur milieu social qui confinait souvent leur apprentissage de la musique à un loisir d’apparat et aussi – reconnaissons-le – à une profession somme toute très machiste. A cet égard, rares ont été les femmes semblables à Clara Schumann ou Fanny Mendelssohn – et encore, peut-on vraiment dire que leur renommée put jamais égaler celle de leur mari ou de leur frère?

C’est probablement pour cette raison que le nom d’Amy Beach ne vous dira pas grand chose, nonobstant tout le potentiel et le talent de cette compositrice romantique tardive (1867-1944). Enfant prodige, elle débuta en tant que pianiste concertiste en 1883 (à 16 ans à peine ! ) avant d’épouser deux ans plus tard le docteur H.H. Aubrey, ce qui limita fortement ses représentations. Elle se consacra donc à la composition, avant de reprendre les tournées en Europe et en Amérique à la mort de son époux. Ses chansons restent aujourd’hui les plus connues, même si sa célébrité est plus prégnante aux Etats-Unis qu’en Europe – le public européen, bien gâté par ses mastodontes, étant sans doute bien étanche à la musique du Nouveau Monde !

A l’écoute de cette romance, composée pour piano et violon, on y discerne le talent certain d’Amy Beach, qui savait manier avec classe l’art de la mélodie et de la musique agréable. Les Etats-Unis lui ont rendu hommage au début des années 2000, en gravant son nom sur le mur du Hatch Memorial Shell, aux côtés de 86 autres grands noms parmi lesquels Bach, Haendel, Chopin… elle en est aujourd’hui encore la seule femme.

Il sera intéressant, à l’avenir, de s’attacher plus à la place de la femme en musique classique, dont des grands noms, à l’instar de Lili Boulanger ou Germaine Tailleferre, sont aujourd’hui devenus des incontournables.