Astor Piazzolla – Adios Nonino

Ah, Piazzolla ! Cette source inépuisable de fraîcheur et d’exotisme, cette oasis ensoleillée parmi tous ces vieux dinosaures de compositeurs… C’est personnellement toujours un plaisir d’écrire sur sa musique, dont les mélodies de tango sont si bien propices à l’ambiance estivale (enfin, sauf quand il pleut, quoi !)…

Pour vous, aujourd’hui, nous présentons son morceau le plus célèbre, via lequel il s’est fait connaître du monde entier : « Adios, Nonino », écrit en mémoire de son grand-père Vicente « Nonino ». Le morceau a fait l’objet de nombreuses adaptations, mais la plus aboutie est sans doute celle ci-dessous, où Piazzolla joue en compagnie d’un orchestre. L’introduction aux cordes, non mélodique et très déroutante, rappelle fortement Stravinsky, et l’orchestre s’oppose au son exotique du bandonéon, avant de le soutenir dans une épanchement mélodique absolument délicieux d’un point de vue auditif.

Pour la petite histoire, ce morceau a été joué lors du mariage princier de l’actuel couple royal des Pays-Bas, en hommage aux origines argentines de la reine Maxima.

Abreu & Oliveira – Tico Tico

Un « quasi hors-jeu », aujourd’hui, puisque le Philarmonique de Berlin sort les ponchos et les maracas ! A l’occasion d’un rappel, voilà l’orchestre le plus réputé du monde qui se lâche, dans un immense délire collectif, au son de « Tico-Tico no Fuba » (plus connu sous le nom de « Tico Tico » tout court). Il s’agit d’une célèbre chanson originaire du Brésil, emblématique du style choro, qui connut un immense succès au XXe siècle – un tel succès qu’elle fut exploitée par quelques grands cinéastes : vous l’avez sûrement entendue dans Radio Days de Woody Allen…

Cette musique libèrera sûrement le danseur refoulé que vous avez toujours été, mais c’est surtout Barenboïm, talentueux pianiste et admirable chef d’orchestre, qui vaut vraiment le détour ici : tour à tour je-m’en-foutiste, blasé et pingouin, il s’acquitte visiblement du minimum syndical, toujours avec un air pince-sans-rire qui lui sied si bien. Mais finalement, qu’a-t-il encore à prouver? Sa longue carrière et sa grande renommée font déjà suffisamment… Il en est de même du Philarmonique de Berlin, le meilleur du monde. Comme quoi, une rencontre entre deux sommités, dont chacune se suffit à elle-même, peut mener à ça !