Francois Bazin – Je pense à vous quand je m’éveille

Roberto AlagnaDécouvrons ce soir un compositeur français méconnu, François Bazin (1816-1878), avec l’air le plus connu de son opéra Maître Patelin : il s’agit une romance, chantée par Charlot, fort épris d’Angélique, mais n’osant pas lui déclarer sa flamme…

C’est le ténor français Roberto Alagna qui chante ici l’amour de Charlot pour sa belle…

André Grétry – Zémire et Azor – « Du moment qu’on aime… »

Aujourd’hui, honneur à la Belgique! Après Dussek, voici un autre compositeur qui fut très distingué de son vivant, mais qui sombra quelque peu dans l’oubli après sa mort. André Grétry, car tel est son nom, a en effet occupé des positions très hautes dans la hiérarchie musicale de son époque : directeur musical de la reine Marie-Antoinette, il ne fut même pas inquiété pendant la Révolution et reçut de surcroît la Légion d’Honneur des mains de Napoléon Bonaparte en 1802. Ses opéras-comiques étaient fort réputés et son autorité grandissante l’amena à tenir les plus hauts rangs du Conservatoire de musique en France. A Liège, d’où il est originaire, l’Académie de Musique porte son nom.

Hélas, en France, où il a fini ses jours – il est enterré au Père-Lachaise – son nom n’est qu’insuffisamment rutilant : la faute à son style, qui est demeuré très baroque, dans une époque où germaient déjà les doux murmures du cœur romantique qui feront les beaux jours de Chopin et de Liszt…

Mais c’est un grand plaisir, pour nous, de vous le faire découvrir en même temps que cet air extrêmement charmant. Zémire et Azor reprend les grandes lignes du conte de Mme Leprince de Beaumont, la Belle et la Bête. La jolie Zémire est contrainte d’épouser Azor, dont l’allure la révulse, mais l’amour triomphera lorsqu’Azor révèle sa belle âme intrinsèque qui éclipse sur le champ sa laideur extrinsèque. Dans cet air, Azor chante sa passion à sa dulcinée et lui promet sa dévotion. Il lui octroie l’assurance que l’amour tarira l’hubris en lui… « du moment qu’on aime » ! Oui, moi aussi j’aime les contes de fées.

Le ténor Roberto Alagna chante ici, accompagné de l’Orchestre de Paris. Admirez sa diction et la qualité de sa voix travaillée, qui donnent un relief inouï à cet air qui ne vous laissera pas indifférent.

Vous vous demandez où j’ai bien pu entendre cette petite merveille ? Dans un film québécois, intitulé l’Âge des Ténèbres, de Denys Arcand. Un très beau film qui vous aidera à exorciser les crises existentielles, si jamais vous êtes amené à en vivre.

Georges Bizet – Carmen – Scène finale

CarmenRetrouvons ce soir Elina Garanča et Roberto Alagna, dans le rôle de Carmen et Don José… Nous sommes ici à la fin de l’opéra, et pour résumer très grossièrement, Carmen avait plaqué José pour suivre Don Escamillo, le beau toréador… Et au moment des fêtes de Séville, alors qu’Escamillo s’occupe du taureau dans l’arène (juste derrière, ici), José revient pour tenter de récupérer Carmen… Celle-ci apprend que José est dans le coin, et décide d’aller à sa rencontre, sachant pertinemment le risque qu’elle court, car  José est fou d’amour, et ne supporte pas que Carmen ne l’aime plus…

Dès le tout début, on sent que ça risque de mal se terminer: la musique festive est interrompue par une sombre descente, à trois reprises, pour laisser place au sinistre thème de 0:26… José apparaît changé, on croît qu’il demande pardon, on imagine qu’il va passer à autre chose… Mais non, il repart sur son idée fixe, en chantant qu’ils vont « tous deux commencer une autre vie »… Carmen, qui ne manque pas de courage, lui annonce sèchement que tout est fini… José tente alors de la « sauver », dans une très belle mélodie… Mais Carmen reste ferme…

A 4:27, la musique devient encore plus dramatique… José commence à comprendre qu’il ne retrouvera plus l’amour tant espéré… Les cordes à l’unisson derrière lui à 5:10 accentuent encore la tension dramatique… Carmen commence à comprendre également que tout est bientôt fini pour elle, mais ne recule pas: « Libre elle est née, libre elle mourra »…

Et tandis qu’Escamillo se charge du taureau dans l’arène, c’est José qui, fou de jalousie, s’apprête à mettre fin à la vie de Carmen… A 7:49, le thème funeste qu’on avait entendu dans la deuxième partie du prélude retentit… Et la dernière provocation de Carmen, qui jette une bague que José lui avait donnée, signe son arrêt de mort. Sur les vivats que la foule lance au Toréador, Carmen s’éteint…

Georges Bizet – Carmen – Près des remparts de Séville

CarmenRetrouvons Georges Bizet et son célèbre opéra Carmen, dans un passage où la belle est en pleine phase de séduction sur don José, qui a été désigné pour la conduire en prison et l’y surveiller, après que celle-ci vient de dessiner un X au couteau sur la figure d’une autre femme à l’issue d’une dispute…

C’est là où elle cette grande manipulatrice va sortir le grand jeu, dans le but d’être libérée (ce qui arrivera un peu plus tard avec la complicité de don José, qui sera mis aux fers pour cela…)

Je vous propose d’écouter et de regarder la performance d’ Elīna Garanča, mezzo-soprano lettone, à qui Roberto Alagna donne la réplique… Notez la qualité de chant comme de jeu de la chanteuse, qui est vraiment fidèle à l’image que l’on se fait de Carmen…