César Franck – Les Djinns

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

César FranckIssu de son recueil Les Orientales, Les Djinns est  l’un des poèmes les plus connus de Victor Hugo, et sa structure n’y est sans doute pas étrangère. Il est effectivement construit comme un crescendo-decrescendo, dont l’acmé coïncide avec le passage des Djinns, ces démons arabes, sur la maison où se trouvent le narrateur et son lecteur… Le poème commence et s’achève par des strophes dont les vers comptent deux syllabes, tandis que la strophe centrale est, elle, constitué de décasyllabes. Vous trouverez le poème après la vidéo.

César Franck, (1822-1890) contemporain d’Hugo (1802-1885), a tenté de reproduire en musique l’impression du passage des Djinns dans ce poème musical. On est instantanément plongé dans une atmosphère angoissante, et l’on sent la tension monter progressivement, jusqu’à la moitié du poème environ (5:15) pour finalement s’apaiser sur la deuxième moitié. On peut très bien se représenter le piano comme l’un des djinns menant la nuée…

Victor Hugo devait mourir deux mois après la création de cette oeuvre, et l’histoire ne dit pas s’il a pu entendre ce que vous proposons  d’écouter maintenant…

 

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D’un nain qui saute
C’est le galop.
Il fuit, s’élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d’un flot.

La rumeur approche.
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s’écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !… Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l’escalier profond.
Déjà s’éteint ma lampe,
Et l’ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu’au plafond.

C’est l’essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l’espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! – Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l’enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L’horrible essaim, poussé par l’aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s’abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l’on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J’irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d’étincelles,
Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! – Leur cohorte
S’envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L’air est plein d’un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l’on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d’une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d’un vieux toit.

D’étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s’élève,
Et l’enfant qui rêve
Fait des rêves d’or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu’on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s’endort,
C’est la vague
Sur le bord ;
C’est la plainte,
Presque éteinte,
D’une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit…
J’écoute :
Tout fuit,
Tout passe
L’espace
Efface
Le bruit.

Jean Sibelius – Étude Op.76 n°2

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

Jean SibeliusUne musique pleine de calme, dont l’écoute se prête bien à une fin de soirée, à l’heure où l’on commence à tomber de fatigue… C’est ce que nous vous proposons d’écouter maintenant, avec cette étude du compositeur finlandais Jean Sibelius, dans une adaptation pour violoncelle et guitare – vous retrouverez la version originale au piano ensuite, qui est, elle, un peu plus dynamique.

Serguei Prokofiev – Toccata Op. 11

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

ProkofievNous vous avons globalement présenté des morceaux assez « soft » de Prokofiev depuis le lancement de ce site. Rentrons ce soir un peu plus dans le vif du sujet, avec cette Toccata pour piano Op. 11. Prokofiev peut être défini comme un compositeur ayant un style de musique assez anti-conventionnel, et un grand sens du rythme. Nul doute que vous parviendrez à sentir ces deux aspects à l’écoute de ce morceau, dans une interprétation de la pianiste Marta Argerich qu’on ne vous présente plus !

Et pour ceux que ce morceau aura perturbés,  allez ensuite écouter l’andante de son concerto pour violon N°2 qui vous calmera sûrement !

Antonio Vivaldi – Concerto pour mandoline en do majeur

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

VivaldiNous vous proposons ce soir une petite virée à Venise,  au son d’un instrument typiquement italien : la mandoline. Instrument sans doute moins noble que le violon ou le piano, il a été très peu été mis à l’honneur par les différents compositeurs de notre ère, et c’est regrettable, notamment lorsqu’on écoute ce concerto pour mandoline en do majeur composé par Antonio Vivaldi, qui saura sans aucun doute vous égayer ! Je vous laisse entre les mains expertes du mandoliniste israëlien Avi Avital.

Dolce Suono soutient Esperanz’Arts !

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

Logo d'ESPERANZ'ARTSChers lecteurs/auditeurs,

Il y a un an, nous vous avions annoncé la création de l’association Dolce Suono, ayant pour vocation de tirer profit de l’audience de lamusiqueclassique.com pour récolter de l’argent destiné à financer une bonne cause ayant un lien avec la musique classique. C’est alors qu’étaient apparues quelques publicités discrètes sur notre site.

Nous avons choisi l’association que nous avons souhaité soutenir à l’issue de cette première année, et que nous vous invitons à découvrir. Il s’agit d’Esperanz’Arts, association à but non lucratif ayant pour mission d’amener l’art à des personnes exclues de la société, malades ou sans logement, au travers notamment de concerts et de rencontres sociales.

Merci à tous pour votre soutien et vos encouragements, car sans vous tout cela n’aurait pas été possible !

A bientôt pour un nouvel article,

L’équipe de lamusiqueclassique.com

La vocalise de Rachmaninov par Anderson & Roe

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

Sergei RachmaninovLorsque je suis tombé par hasard sur cette vidéo, j’ai craint que l’adaptation pour piano quatre mains de la superbe vocalise de Rachmaninov ne soit vouée à l’échec, la magie de ce morceau tenant en partie dans le cri agonisant poussé par la cantatrice… Et pourtant, après écoute, je trouve que le couple formé par Anderson & Roe ne s’en sort pas mal du tout ! Je vous laisse vous former votre propre opinion…

Bon week-end !

Antonin Dvorak – Romance pour piano et violon Op. 11

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

Antonin Dvorak, célèbre compositeur tchèqueLe propre des compositeurs romantiques, c’est de trouver des mélodies ayant pour effet (ou peut-être pour but ?) de nous tirer des larmes… Ainsi en va-t-il de cette romance pour piano et violon Op. 11 du compositeur tchèque Dvorak, où le piano et le violon semblent souffrir ensemble dans leur dialogue mélancolique, et compatir avec nous également…

Malgré ces notes un peu tristes, mais ô combien belles, je vous souhaite tout de même une joyeuse fin de week-end !