Gabriel Fauré – Elégie pour violoncelle et piano

Le « maître de la mélodie française » : voilà un titre qui sied bien à Fauré, tant son oeuvre est parsemée ci et là de mélodies inoubliables, qui chuchotent à l’oreille de l’auditeur et chatouillent son intimité. Par cet article, vous en avez encore la preuve : cette Elégie est, au même titre que la fameuse Sicilienne, l’une pierres angulaires qui ont participé à forger la renommée de Fauré tant elle est jouée de nos jours. Le violoncelle, à nouveau, remplit magnifiquement bien son rôle en impulsant une phrase longue et langoureuse imitant la lamentation à laquelle le titre fait clairement écho. Vous remarquerez que le style qu’emploie Fauré reste proche de la veine du classicisme : normal, cette oeuvre survient au début de sa carrière, quand ses maîtres à penser s’appelaient encore Haydn, ou Mendelssohn. Vous découvrirez bientôt que Fauré a su, cependant, se maintenir avec son temps : l’époque moderne du début du XXe siècle poindra bientôt son nez, et l’oeuvre de Fauré évoluera en conséquence…

Jacques Offenbach – Les Larmes de Jacqueline

Nous commémorons aujourd’hui les 25 ans de la mort de Jacqueline du Pré, dont nous vous avons mentionné le nom à de très nombreuses reprises au fil des 584 articles déjà publiés par nos soins. Peu étonnant, puisque son nom est devenu quasi incontournable dans le milieu de la musique classique dans la seconde moitié du XXe siècle. Enfant prodige du violoncelle, qu’elle commença à étudier à 5 ans, du Pré intégra rapidement les sphères académiques musicales les plus prestigieuses et eut même pour maître Mstislav Rostropovich – souvenez-vous, l’éminent et légendaire musicien qui a joué devant le mur de Berlin avant que celui-ci ne s’effondre… Sa renommée internationale lui vint bientôt, à 17 ans, lorsqu’elle interpréta en tant que soliste le fameux Concerto pour violoncelle d’Elgar – dont je vous recommande au passage la très bonne version avec John Barbirolli et le London Symphony Orchestra. Jouant sur un Stradivarius, le « Davidov », Jacqueline du Pré possède un jeu habile, percutant et énergique, parfaitement adapté à mon avis au concerto d’Elgar qui alterne épanchements élégiaques et fragments suffocants.

Mais, revers de la médaille, la célébrité de du Pré n’est pas étrangère aux aspects mouvementés de sa vie privée : elle fut ainsi l’épouse de Daniel Barenboïm – autre grande figure que nous invoquons souvent  – pour qui elle se convertit au judaïsme et avec qui elle eut une collaboration fructueuse, elle en tant que violoncelliste, lui en tant que pianiste et chef d’orchestre. Elle devint également très amie avec Zubin Mehta et Itzhak Perlman (souvenez-vous de cette vidéo, on la voit), autres « pontes » ! Mais tout conte de fées connaît une fin et, pour du Pré, elle ne fut pas heureuse : la sclérose en plaques qui se déclara en 1971 la fit annuler de nombreuses tournées et la qualité de ses interprétations s’en est ressentie. La maladie l’emporta le 19 octobre 1987. Notez qu’à l’heure actuelle, c’est Yo Yo Ma qui joue sur le « Davidov ».

En guise d’hommage, nous vous faisons partager ce très beau morceau d’Offenbach, dont le titre fait écho au destin tragique de cette soliste prodige. Ne vous fiez pas aux illustrations de la vidéo, le soliste est ici Werner Thomas mais l’intention n’en est pas moins belle. Laissez-vous donc emporter par le phrasé sanglotant de cette pièce et ayez, ce soir, une petite pensée pour Jacqueline…

Sergueï Rachmaninov – Sonate pour Violoncelle et Piano en sol mineur – Allegro scherzando

On appréhende toujours un peu Rachmaninov. Que ce soit en tant que pianiste ou simple amateur de musique, on craint à l’avance ou bien de ne point pouvoir surmonter la très grande difficulté technique des œuvres du maître, ou bien de ne point pouvoir bien comprendre l’extrême complexité musicale née de sa géniale plume. Mais je vous rassure tout de suite : si difficile que soit la musique de Rachmaninov, elle est à même de vous émouvoir autant que Chopin, de vous abattre autant que Schubert, de vous faire décoller autant que Liszt.

Prenez le deuxième mouvement de cette sonate pour violoncelle et piano, l’une des rares pièces de musique de chambre écrites par Rachmaninov. L’introduction seule est pétrifiante : une ligne de basse incisive marque le ton dantesque du morceau et la rapide entrée du violoncelle, instrument qui montre ici à quel point il peut être terrifiant, accentue le caractère suffocant de ce sombre ensemble. Mais le compositeur sait varier les plaisirs, en nous offrant quelques instants de délivrance : à 0:45, le violoncelle se lance dans un épanchement lyrique, accompagné par un piano qui chante ses étincelants aigus. A 2:30, admirez également ce fabuleux phrasé qui s’étend sur une bonne minute. Mais l’impression générale de ce morceau, c’est bien un sentiment d’oppression, d’étouffement. Normal : Rachmaninov sort d’une période de dépression, qui coïncide avec l’époque où le Second Concerto pour Piano a été écrit. Cette sonate, écrite peu après ce dernier concerto, retranscrit donc à nouveau l’état de mélancolie dans lequel le génial Sergueï est plongé… Comme quoi Rachmaninov n’a pas démérité son titre de « romantique tardif » !

Johann Sebastian Bach – Suite pour violoncelle N°1 – prélude

Prelude Suite VioloncelleAujourd’hui, découvrons un incontournable pour tout étudiant ou passionné de violoncelle.

A l’époque où écrit Bach, le violoncelle est un instrument largement dénigré. On lui préfère la Basse de viole de gambe. Pourtant, cette série de 6 suites pour violoncelle constitue déjà un sommet pour cet instrument, à tel point que de nombreux interprètes ont préféré attendre la maturité avant de se risquer à l’enregistrer…