Edouard Lalo – Symphonie Espagnole

Par Henri Y.Q. – Audituri Te Salutant!

Edouard LaloMême si peu de compositeurs espagnols ont réussi à se faire un nom dans la musique classique, il n’empêche que le folklore espagnol a toujours constitué une grande source d’inspiration pour toutes les époques. A l’époque baroque, on pense bien sûr à la Chaconne, qui est à l’origine une danse populaire hispanique et qui a maintes fois servi de modèle pour nombre de grands maîtres italiens et français. Chez les modernes, on pense aussi à Debussy, père de la suite Iberia (dont je vous recommande l’écoute, ne serait ce que pour vous délecter d’un morceau rythmé par les tambourins et les castagnettes !). Et chez les romantiques ? La référence qui saute aux yeux est bien évidemment Carmen de Bizet, opéra dont la présentation a déjà été très bien faite sur ce blog.

Mais saviez-vous que le célébrissime opéra de Bizet a aussi un tant soit peu occulté l’œuvre d’un de nos compatriotes répondant au nom d’Edouard Lalo, qui lui aussi a surfé sur la vague du folklore espagnol pour composer – je vous le donne en mille – la Symphonie Espagnole ?

Œuvre aujourd’hui méconnue du grand public, la Symphonie Espagnole fait pourtant preuve d’une vraie érudition musicale, et Lalo démontre avec ce morceau sa maîtrise de l’orchestration, tout en donnant la parole à son instrument fétiche : le violon. Dédiée au virtuose Pablo de Sarasate, elle fut créée en février 1875, un mois à peine avant Carmen. On comprend donc pourquoi l’énorme succès rencontré par Bizet aura, quelque peu, eu raison de cette œuvre.

Ne vous méprenez pas sur le titre : le morceau, constitué de 5 mouvements, n’a de « Symphonie » que le nom. Il s’agit plutôt d’un concerto pour violon qui reprend les thèmes dynamiques et les rythmes endiablés des danses espagnoles, très en vogue à l’époque. Pour la petite histoire, Tchaïkovski a eu l’idée de son fameux Concerto pour violon en Ré Majeur après avoir entendu une représentation de la Symphonie Espagnole. Etonnante inspiration que d’aller puiser celle-ci chez un confrère…

Je vous mets ci-dessous la version d’Anne-Sophie Mutter, qui a le don de mettre énormément d’intensité dans ses phrasés. L’orchestre est dirigé par Seiji Ozawa. Vous pourrez écouter à loisir les 5 mouvements, je vous avouerai juste que j’ai un petit faible pour le mouvement III « Intermezzo Allegretto non troppo ».

Vous trouverez ci-dessous ce mouvement III et juste après, le lien vers les autres mouvements.

NB : Le dernier mouvement n’est pas de Mutter, mais écoutable quand même.

Je vous conseillerai, si vous avez l’occasion de mettre la main dessus, d’écouter aussi la version de Perlman, pour moi la plus aboutie.

¡ Pasarlo Bien !

1er Mouvement : http://www.youtube.com/watch?v=f67yYbauKJ8

2e Mouvement : http://www.youtube.com/watch?v=Y48rIRgBWO0

4e Mouvement : http://www.youtube.com/watch?feature=fvwp&NR=1&v=LtQpR9irjfk

5e Mouvement : http://www.youtube.com/watch?v=LOaLoGv_Pgc

Tomaso Antonio Vitali – Chaconne en sol mineur

Par Marc Leblanc – Audituri Te Salutant!

Petit retour sur la chaconne dont on ne parle pas assez. Pour rappel, c’est un style musical basé sur une série de variations portées par un rythme de basses. Ca vous rappelle quelque chose ? Bon sang mais c’est bien sûr, les Folias !  Il semble en effet que ce style ait eut plusieurs déclinaisons, ou tout simplement plusieurs noms, puisque d’autres adeptes, tels les fameux Couperin (oncle Louis et neveu François), l’assimilent aussi à la Passacaille. En effet Louis Couperin intitule une de ses pièces « chaconne ou passacaille » ; François Couperin fait de même dans sa première suite pour viole (passacaille ou chaconne) et semble éviter le problème en nommant une de ses compositions pour clavecin L’amphibie (bref, il ne se mouille pas).

Tout cela pour vous présenter une pièce bien connue des violonistes qui est le « tube » de Tomasio Antonio Vitali: la Chaconne en Sol mineur. Personne ne sait si Vitali en est vraiment l’auteur, mais le fait est qu’elle porte à présent son nom. Cela provient du fait que le copiste a rajouté sur la première page du manuscrit « Parte del Tomaso Vitalino », qui pourrait être Vitali ou pas.

La particularité de cette Chaconne est sa manière de changer de clefs, flirtant même (!) avec les Si bémol mineur et Sol bémol mineur, peu charactéristique de l’époque baroque, alors que les changements d’armatures sont plutôt l’apanage de l’époque romantique

Je vous propose ici l’interprétation de Sarah Chang, accompagnée d’un piano seul.

Celle-ci est déjà magnifique à mon sens mais je vous conseille surtout la version de Sarah Chang (la même) accompagnée par le English Chamber Orchestra. Elle est disponible sur Spotify.

Bonne écoute !

Niccolò Paganini – Caprice N°5

paganiniNous vous  avions déjà présenté l’immense violoniste italien Paganini dans l’article sur son fameux caprice n°24.

Poursuivons aujourd’hui avec le caprice n°5, composé au début du 19° siècle, et célèbre pour son extraordinaire vitesse et difficulté technique. La légende veut que Paganini ait été capable de jouer ce morceau sur une seule corde. Les violonistes pourront dire ce qu’ils en pensent dans la partie commentaires en dessous de l’article…

Comme d’habitude, Paganini fait jaillir des flammes de son archet. Et comme d’habitude, Itzhak Perlman est tout indiqué pour nous le faire rencontrer à travers ses notes…

Vittorio Monti – Csardas

Vittorio MontiLe terme de Csardas désigne une danse traditionnelle hongroise, caractérisée notamment par ses alternances de tempo: elle commence généralement lentement, pour se terminer rapidement. Elle a été popularisée, notamment, par un compositeur italien peu connu, Vittorio Monti (dont le/la Csardas a été popularisée par une chanteuse sans doute plus connue, Lady Gaga, dans son tube Alejandro…). En voici un arrangement pour piano et violon.

Niccolo Paganini – Caprice n° 24

paganiniDécouvrons aujourd’hui l’oeuvre de l’italien Paganini (1782-1840). Bien qu’il ne soit pas compté parmi les plus grands compositeurs de son temps, il n’en reste pas moins une figure phénoménale de la période romantique. Sa virtuosité était telle qu’aujourd’hui encore, de nombreux spécialistes se risquent à affirmer qu’il est le plus grand violoniste qui ait jamais existé.

Inventeur de nombreuses techniques de jeu, il suscitait avec son archer des émotions rarement éprouvées jusque là et le public en raffolait jusqu’à l’hystérie. Son influence sur la façon de jouer du violon est comparable à celle qu’ont pu avoir Chopin et Liszt sur le piano et Beethoven et Berlioz sur l’art de la symphonie.

Schubert et Liszt, qu’on ne peut suspecter de naïveté en la matière eurent pour lui la plus grande admiration. Celui-ci s’exclama: « Quel homme ! Quel violon ! Quel artiste ! Quelle souffrance, quelle angoisse, quels tourments ces quatre cordes peuvent exprimer ! ». Et celui-là: « Dans l’adagio de Paganini, j’entendis le chant des Anges. On ne verra jamais personne comme lui ».

Découvrons le avec une de ses plus célèbres compositions, superbement interprété par un de ses dignes héritiers, Itzhak Perlman

Michael Jackson au violon et violoncelle

Aujourd’hui, huitième épisode des vidéos hors-jeu! Tous les vendredi soirs, une vidéo décalée (passionnante, bizarre, impressionnante ou simplement drôle) vous attendra pour vous donner le sourire après une dure semaine!

Pour une fois, sortons du seul registre de la musique classique pour tenter de réhabiliter deux instruments magnifiques auprès de celles et ceux qui trouveraient leurs sonorités dépassées: le violon et le violoncelle. Pour ce faire, regardons les deux vidéos suivantes et remercions Michael Jackson pour son génie… Enjoy!

Extraordinaire réalisateur et monteur

Un violoniste spectaculaire

Francis Poulenc – Sonate pour Violon et Piano

Francis PoulencPar Marc Leblanc, Audituri Te Salutant!

La Sonate pour violon et piano de Francis Poulenc est une œuvre de musique de chambre composée en 1942-1943 à la mémoire de Federico Garcia Lorca, poète et dramaturge espagnol. Ni le public ni l’auteur ne semblaient prêts à accueillir un tel morceau, qui est aujourd’hui une référence au vu des nombreux enregistrements de l’œuvre.

La pièce a été écrite sous l’impulsion de Ginette Neveu (qu’on ne présente plus !), bien que l’écriture de morceaux pour le violon lui ait toujours paru ingrate. Lui-même, peu satisfait du résultat, dira  » Le monstre est au point, je vais commencer la réalisation » ; c’est seulement à la quatrième version que l’oeuvre est créée, et elle sera retravaillée par la suite cédant à la pression des critiques assassines. Un verdict très sévère pour un résultat pourtant très convaincant.

Je vous propose de découvrir le premier des trois mouvements, Allegro Con Fuoco.

L’oeuvre se veut tragique puisqu’elle célèbre la mort du poète Lorca assassiné par une balle fasciste. Elle débute par une entrée en matière dramatique au violon mais accompagné par un piano percussif, puisque Poulenc affectionne peu le son du violon nu. Celui-ci est d’ailleurs alternativement utilisé à l’archet et au pincé, ce qui illustre dès le premier mouvement la citation de Lorca reprise dans le deuxième mouvement “La Guitare fait pleurer les songes ».

Le saviez-vous ? Le père de Poulenc était un pharmacien dont l’affaire devint plus tard… Rhône-Poulenc.