Johann-Sebastian Bach – Partita N°2 – Chaconne, par Yehudi Menuhin

yehudi menuhin au violonNous fêterons demain les 100 ans de la naissance d’un très grand violoniste du XX° siècle : Yehudi Menuhin (1916-1999). Né à New-York, il a très vite démontré son talent et sa virtuosité, enregistrant son premier disque à 12 ans, début d’une longue et belle carrière…

Nous le retrouvons ici dans la chaconne qui conclut la partita N°2 pour violon seul de Bach, célèbre pour sa difficulté.

Niccolò Paganini – Première Sonate pour violon et guitare

PaganiniPar Noé Stoat – Audituri Te Salutant!

Aujourd’hui, voici la première sonate pour violon et guitare du virtuose génois, également désignée sous le nom de Centone di Sonate. S’il était extrêmement doué pour jouer de la guitare, Paganini (1782-1840) n’a pas cherché à rendre hommage à l’instrument dans la mesure où elle occupe dans ces sonates un rôle relativement ingrat, se contentant d’accompagner les élucubrations violonistiques typiques de ses compositions. Ces sonates ont été composées en 1820 pour son premier amour, Eleanora Quilici, et à cet égard on traverse bien toutes les émotions successives que peut faire naître ce sentiment : passion ensorcelante, exaltation incandescente (Allegro Maestoso, 1:00) et  soupirs langoureux (2:00), effervescence chantant à tue-tête (Rondoncino, 4:27) pour terminer sur une conclusion enragée. Pour explorer tous ces sentiments Paganini déploie toute sa palette technique notamment dans le jeu de l’archet, fondamental pour la dynamique du morceau, mais aussi en usant des pizzicati (dont l’usage soudain ne déteint pas avec le jeu d’archet, ce qui illustre l’importance de ce dernier) dans le Rondoncino, sans jamais se départir d’un tempo endiablé.

Au-delà des déchaînements passionnels cette sonate est très représentative du courant romantique et de l’influence qu’a eu Paganini sur des compositeurs tels que Liszt ou Schumann d’un point de vue de la virtuosité, élément caractéristique de la musique de Paganini.

Ludwig Van Beethoven – Sonate pour violon et piano n°9 à « Kreutzer » – Mouvement 3 « Presto »

Beethoven

Veuillez nous excuser: aucun de nous n’a trouvé le temps de publier un article hier! C’est pourtant avec joie que nous souhaitons contribuer à ce blog quotidiennement, mais parfois le temps nous manque… :)

Ce soir, découvrons la fameuse « Sonate à Kreutzer » de Beethoven. A ne pas confondre avec la nouvelle éponyme de Tolstoï, que celui-ci écrivit presque 80 ans plus tard, vers 1889!

Pourquoi un tel nom? Tout simplement parce que Ludwig admirait le français Rodolphe Kreutzer, virtuose du violon et de la même génération de musiciens que lui.

Comme souvent, cette sonate contient 3 mouvements, et c’est le dernier (Presto) que nous vous proposons aujourd’hui, sans doute le plus facile à aborder car il est très entraînant.

Une fois n’est pas coutume, je pense que cette vidéo n’est pas seulement à écouter, mais aussi à regarder, afin de mieux palper mentalement le corps à corps sensuel qui se joue, non seulement entre les 2 artistes Gidon Kremer et Martha Argerich, mais surtout entre les deux instruments rois de la musique classique dont ces deux virtuoses ne sont finalement que des serviteurs: le violon et le piano.

Ils se répondent dans une sorte de joute complice et frénétique, et l’on comprend mieux pourquoi Tolstoï choisit cette oeuvre pour sa nouvelle qui traite notamment de la jalousie qui saisit un mari face à la relation entre sa femme pianiste, et son supposé amant violoniste.

Ludwig Van Beethoven – Concerto pour Violon

BeethovenEncore du Beethoven ce soir sur lamusiqueclassique.com… Et oui, comme Mozart et d’autres, ces satanés compositeurs ont tant composé et avec tant de talent qu’il est bien difficile de les éviter longuement sur un tel blog!

Ce troisième mouvement du seul concerto pour violon de Beethoven est assez connu pour son thème refrain qui apparaît dès le début. Ce thème ne serait pas de Beethoven mais d’un violoniste de l’époque, son ami Franz Clement. Toutes les broderies reliant les répétitions de ce thème sont en revanche de la main du maître de Bonn.

Bonne écoute!

Pablo de Sarasate – Zapateado

Le Zapateado est un genre de musique mexicain, importé et dansé en Espagne aujourd’hui, et qui fait son entrée dans la musique classique grâce à Sarasate, compositeur des superbes Aires Gitanes. Sarasate était un des plus grands si ce n’est le plus grand violoniste de son époque. En 1866, l’acquisition d’un stradivarius lui permet de parfaire sa technique.

Bonne soirée à tous !

Fritz Kreisler – Alt-Wiener Tanzweisen – Liebesleid

Et une petite friandise pour terminer la semaine en beauté ! Faites connaissance avec Fritz Kreisler, compositeur autrichien décédé il y a maintenant 50 ans. Il connut de son vivant une très belle carrière de violoniste virtuose, légitimée par un parcours musical impressionnant : enfant prodige, il fut admis au conservatoire de Vienne à 7 ans et en sortit diplômé à 10, avant d’enchaîner les tournées en Europe et aux Etats-Unis, si bien qu’à une trentaine d’années à peine, sa réputation était déjà faite dans les milieux les plus élitistes de la musique. Sir Edward Elgar en personne lui dédia son Concerto pour violon, que Kreisler créa en 1910 avec le London Symphony Orchestra.

En tant que compositeur, Kreisler se singularisa surtout comme un grand spécialiste des pastiches. Ainsi, son penchant naturel pour le style romantique ne l’a pas empêché de reproduire de manière très crédible le style de Vivaldi ou de Gaetano Pugnani dans des oeuvres composées pour formations de chambre.

Mais, puisque nous n’en sommes qu’à notre premier article sur lui, autant vous présenter ce que Kreisler a fait de plus connu : les Mélodies viennoises de l’ancien temps (traduction littérale de Alt-Wiener Tanzweisen), qui regroupent des pastiches de valses à la viennoise. « Liebesleid » (« Douleur de l’Amour ») véhicule dans sa tonalité en La mineur une douce langueur qui traduit le chagrin dolent que tous les amoureux de la Terre ont dû un jour ou l’autre ressentir face à l’absence de l’être aimé. D’une fluidité sans égale, ce morceau éveille néanmoins un certain plaisir en vous, notamment vers la fin où la tonalité majeure conclusive annonce une joie certaine au terme d’une longue souffrance.

Ci-dessous, une version de Kreisler lui-même, qui adorait jouer ce morceau en concert lors des rappels, au plus grand plaisir des spectateurs. Notez que contrairement à d’autres virtuoses comme Jascha Heifetz, Kreisler dans ses interprétations s’impliquait beaucoup d’un point de vue émotionnel. Voilà de quoi réjouir nos lecteurs au caractère fleur bleue :)