Piotr Tchaikovski – valse sentimentale

TchaikovskiRetrouvons ce soir Tchaikovski et ses mélodies reconnaissables entre mille. Lorsque l’on cherche au-delà des inévitables monuments de la musique que le génie russe nous a légués, on trouve des oeuvres plutôt courtes, moins connues mais qui portent sa signature faite d’un mélange réussi entre les canons de la musique occidentale et l’expression ultra-sensible de l’âme russe.
C’est le cas de cette valse magnifique et, reconnaissons-le, assez peu dansante, sauf par moments. Elle commence par une montée plutôt triste. S’ensuit alors une hésitation entre ce même thème tourmenté et une mélodie plus joyeuse, et plus « tournoyante ». Le morceau s’achève dans un retour au thème nostalgique.
Laissez-vous embarquer!

Jean Sibelius – Valse Triste

Pour accompagner ce temps morose, voici la célèbre « Valse Triste » de Sibelius, le plus célèbre des compositeurs finlandais, que nous avons déjà rencontré à maintes reprises. Comme pour la suite Karélia, il s’agit encore ici d’une musique de scène, composée pour servir l’action et accompagner le mouvement lors d’une pièce de théâtre. Cette valse, par son lyrisme et sa lenteur mortifère, s’associe à « Kuolema » d’Arvid Järnefelt, qui traite précisément de l’idée de la mort. Mais le destin de cette valse sera bien plus qu’une musique incidente : ayant reçu l’approbation du public et de la critique, elle connut une vie à part entière et devint même l’une des pièces signature de Sibelius.

Voilà donc un petit « quelque chose » qui vous fera mieux connaître ce grand compositeur !

Alfred Schnittke – Histoire d’un acteur inconnu – Valse

Hier soir, à Paris, il a neigé. Et pas qu’un peu. Vêtue de son inhabituel manteau de fourrure blanc, la capitale semblait plongée dans une hibernation forcée, camouflant sous un voile pudique toute forme palpable de vie. C’est en foulant l’avenue de l’Opéra qu’une réminiscence musicale s’empara de mon esprit. Une musique régulière, mélancolique, que je n’eus aucune peine à fredonner dans son intégralité tant son phrasé, limpide, découlait naturellement. Comme si ce morceau avait toujours existé dans la mémoire et que seul un paysage enneigé d’une telle beauté pouvait le révéler à l’esprit.

Ce morceau, c’est une valse, comme les Russes savent si bien en écrire, surtout lorsqu’il s’agit d’une musique de film! Le compositeur s’appelle Alfred Schnittke, né soviétique en 1934 et décédé en 1998 à Hambourg. Il s’est principalement distingué par son oeuvre de musique de chambre (très influencée par le sérialisme) et ses compositions pour films. Alors que ces dernières étaient censées servir le film, elles sont paradoxalement devenues plus célèbres que le film en question ! C’est ce qu’il s’est notamment produit pour Histoire d’un acteur inconnu, réalisé par un certain Alexandre Zarkhy en 1976, dont personne ne se souvient vraiment… En revanche, la musique, elle, est restée. Cette valse, en particulier, est particulièrement touchante. Elle m’évoque l’image d’un homme, marchant seul sur un sol enneigé vierge, s’éloignant petit à petit après avoir fait ses adieux à un monde qu’il n’a jamais su intégrer…

Peut-être avez vous déjà entendu ce morceau sur Radio Classique et que vous en avez oublié le nom… C’est mon cas de fait :)

Johannes Brahms – 16 Valses op.39 – N°15

Je n’arrive toujours pas à croire que l’on ait délaissé Brahms depuis juin dernier… Tout de même, un si grand nom dans l’histoire de la musique mérite qu’on y accorde plus d’attention ! Surtout que d’un point de vue musicologique, l’oeuvre brahmsienne est beaucoup plus intellectuelle qu’on peut le croire… Mais aujourd’hui, on est en hiver, c’est le week-end, tout le monde se remet à peine de son dîner de Réveillon qu’il faut à nouveau remettre ça dans deux jours, donc j’imagine qu’un long article sur le dernier mouvement de la 4e symphonie n’intéressera pas grand monde :P

C’est pourquoi nous vous offrons un très joli morceau, en guise de friandise à savourer au coin du feu, tout en vous balançant sur votre chaise à bascule… Cette valse est la pénultième des 16 composées pour piano à 4 mains, c’est aussi la plus célèbre, si bien qu’elle a littéralement connu une « vie » à part entière. Elle a fait l’objet de nombreuses transpositions, celle pour piano seul (2 mains, donc) étant très souvent jouée lors des rappels de concerts. Quel contraste, n’est-ce pas, de voir que l’oeuvre de Brahms oscille entre le très grandiose (voir l‘Allegro appassionato du 2nd concerto pour piano) et l’ultra-délicat comme avec cette valse?

Normalement, l’exécution de ce morceau ne dépasse pas 2 minutes, mais pour faire durer le plaisir, nous vous offrons la version pour orchestre de chambre, en espérant qu’elle vous plaise! Sinon, vous avez toujours la version de Kissin au piano qui est tout aussi agréable : http://www.youtube.com/watch?v=oy6uV-eMOEs

Frédéric Chopin – Valse en Mi mineur, op. posthume

Frédéric Chopin

Une très belle valse de Chopin pour en finir avec les tourments de la semaine… Un opus posthume, en plus, de quoi donc découvrir ce que le maestro avait en tête avant de rejoindre les Cieux, à seulement 39 ans. Et malgré son état tuberculeux chronique, force est de constater qu’il est toujours aussi en forme et inspiré pour nous offrir de jolies choses ! Bonne nuit à tous.

Frédéric Chopin – Valse n°3 Op. 32

En ce samedi soir, et cette journée de dimanche, quoi de mieux qu’une douce valse de Chopin pour se vider l’esprit ? Chopin, en bon romantique, laisse une liberté assez grande au pianiste, notamment lorsqu’il inscrit ses « morendo » ou encore ses « ma non troppo » (difficile de savoir ce qu’il voulait dire exactement par  » ralentir et diminuer », et « mais pas trop » !). C’est la raison pour laquelle on trouve tant d’interprétations différentes de cette valse, par exemple. En espérant que celle-ci vous plaira !

Frédéric Chopin – Grande Valse Brillante en Mi b majeur

Décidément, Chopin aime tout ce qui brille… A défaut d’être un inconditionnel de l’or, c’est sur l’énergie et l’élégance qu’il mise pour faire reluire ce morceau qui mérite bien son nom ! Il s’agit d’une valse, mais pas n’importe laquelle, puisque c’est la première qu’il a publiée… Cela dit, ce n’est pas la première qu’il a écrite, car, hélas, les écrits se perdent parfois…

Cette Grande Valse Brillante, de tonalité mi bémol majeur, est l’une des valses les plus longues que Chopin a écrites, et également l’une des rares que le maestro a composées pour être dansées. Car, contrairement à Johann Strauss Jr, Chopin, grand introverti, cherchait moins à amuser et divertir une bonne société dans une salle de bal qu’à atteindre le beau et l’agréable à travers des pièces sensuelles et profondes… n’est-ce pas romantique ?

Mercredi 12 septembre, au soir, certains chanceux ont pu admirer Lang Lang à la salle Pleyel, jouant cette valse en rappel, après avoir enflammé le public en compagnie de l’Orchestre de Paris sur le 3e Concerto de Prokofiev.