Serguei Prokofiev – Toccata Op. 11

ProkofievNous vous avons globalement présenté des morceaux assez « soft » de Prokofiev depuis le lancement de ce site. Rentrons ce soir un peu plus dans le vif du sujet, avec cette Toccata pour piano Op. 11. Prokofiev peut être défini comme un compositeur ayant un style de musique assez anti-conventionnel, et un grand sens du rythme. Nul doute que vous parviendrez à sentir ces deux aspects à l’écoute de ce morceau, dans une interprétation de la pianiste Marta Argerich qu’on ne vous présente plus !

Et pour ceux que ce morceau aura perturbés,  allez ensuite écouter l’andante de son concerto pour violon N°2 qui vous calmera sûrement !

Johann Sebastian Bach – Toccata BWV 914

Un morceau qui va sans doute réjouir les plus cinéphiles d’entre vous !

Avant de devenir le « père de la musique », comme on aime souvent le surnommer, Bach a été jeune et a longtemps cherché son style avant que celui-ci ne devienne celui qu’on connaît tous aujourd’hui. On sait par exemple qu’il admirait Buxtehude et s’adaptait volontiers à la mode du « Stylus Phantasticus ».

Pour se faire une bonne idée du style de Bach à ses débuts, rien de mieux que les sept toccatas qu’il composa entre 1707 et 1711, alors qu’il officiait en tant que maître de Chapelle à Weimar, au service du duc Guillaume II de Saxe. Malgré leur style déroutant et virtuose cher aux improvisateurs (ce qui ne fait pas tout de suite penser à Bach), elles regorgent de techniques qui seront réemployées par le compositeur dans ses oeuvres « canoniques ».

La toccata BWV 914 illustre bien mon propos. Composée de quatre sections – une introduction, un fugato, un Adagio et une Fugue – elle recèle de « clefs » de lecture essentielles pour style de Bach, dont des traits remarquables comme les sauts d’octave à la main gauche ou encore les accords de sixte en contretemps à la main droite (qu’on retrouve aussi dans la fameuse Toccata en ré mineur BWV 565).

L’Adagio (2:59) est particulièrement intéressante puisqu’elle dénote le style d’improvisation que Bach a expérimenté avec le Stylus Phantasticus. Vous remarquerez la coupure (aux alentours de 3:45) où la phrase musicale se fait plus bégayante et s’embarrasse de quelques ornements – ce qui est d’ailleurs très bien rendu par Glenn Gould. Vient la Fugue, à trois voix (6:00), dont vous remarquez tout de suite la virtuosité digitale, inhabituelle pour un morceau composé pour clavecin à l’origine.

Les aficionados de Jacques Audiard ont sans doute reconnu ce morceau, qui est joué en boucle dans De Battre mon Coeur s’est arrêté (2005) avec Romain Duris. Ce dernier campe le rôle d’un jeune bandit qui se repentit grâce au piano et à ce morceau précisément. Je vous offre en prime un extrait du long métrage, avec un conseil avisé pour tous ceux qui voudront s’attaquer à ce magnifique morceau un jour : n’essayez jamais de jouer Bach en rubato !…

Voici donc la version de Glenn Gould et l’extrait du film !

Léon Boëllmann – Suite Gothique – Toccata

Léon BoëllmannUn peu d’orgue aujourd’hui, avec un morceau majestueux que nous devons à Boëllmann (1862-1897), qui compte parmi les organistes français les plus célèbres. A son époque, en plein romantisme, la toccata pour orgue est une pièce brillante qui permet de mettre en valeur les possibilités sonores des grandes orgues de Cavaillé-Coll (célèbre facteur d’orgues français).

La « Toccata » de la Suite Gothique de Böellmann en est une illustration parfaite. Le jeu sur les manuels est virtuose, et la pédale développe le thème musical. Nous vous proposons d’écouter le morceau joué par Olivier Latry, un des organistes titulaires de Notre Dame de Paris, car les orgues de la cathédrales sont justement des orgues retravaillées par Cavaillé-Coll.