Dmitri Chostakovitch – Le taon – Romance

ChostakovitchL’avantage d’avoir été un compositeur du XX° siècle par rapport aux compositeurs des siècles précédents, c’est d’avoir pu écrire de la musique pour le cinéma! Ainsi en fut-il de Chostakovitch, qui a beaucoup composé pour le grand écran. Voici une musique extraite de la « BO » du film soviétique « Le taon », inspiré d’une nouvelle du même nom, très populaire alors en URSS (et pour cause, il s’agit de la lutte d’un révolutionnaire italien) ; si cela vous intéresse, cette nouvelle a été écrite par l’écrivaine Ethel Lilian Voynich . Mais très peu de révolution dans cette musique, ou alors révolution du coeur et en douceur, puisqu’il s’agit d’une romance…

Modeste Moussorgski – Tableaux d’une Exposition – Ballet des poussins dans leur coque / Promenade

Tableaux d’une Exposition (1874) est un grand classique de Moussorgski, compositeur russe du XIXe siècle, membre du Groupe des Cinq que nous avons délaissé pendant un bout de temps maintenant. Composés initialement pour piano, les Tableaux sont aujourd’hui plus connus grâce à la version orchestrée de Maurice Ravel (1922).

Ceux qui aiment ressentir des palpitations synesthésiques pendant leurs expériences musicales vont être servis : comme leur nom l’indique, les Tableaux retranscrivent des impressions nées de la contemplation de tableaux lors d’une exposition. C’est aux peintures de son ami Victor Hartmann, décédé en 1873, que Moussorgski fait allusion : ainsi, chaque pièce porte le nom d’une oeuvre de Hartmann (dont il ne nous reste plus grand chose aujourd’hui) et est précédée d’une « promenade » qui symbolise le mouvement du visiteur entre les différents tableaux.

On ne vous cachera pas que les pièces les plus jolies (et les plus connues) des Tableaux ne durent pas plus de quelques poignées de minutes. Ainsi ( en partie pour ne pas être taxé de fainéantise :P ) je vous propose d’écouter la « Promenade » (qui a été reprise pour un publicité il y a quelques années de cela) en plus du fameux « Ballet des Poussins dans leur coque », où fusera le son du piccolo qui mime les poussins de la basse-cour qui picorent joyeusement, à peine leur matrice ovale éclose… En image, le tableau de Hartmann en question est une esquisse pour des costumes de ballet. La « Promenade » est dirigée par Valery Gergiev, chef principal du London Symphony Orchestra (LSO).

Jean Sibelius – Kuolema – Scene with Cranes

Retour au compositeur finlandais Jean Sibelius, avec une musique pas vraiment joyeuse, mais dont je conseille l’écoute à ceux qui aiment travailler en musique. Il n’est pas toujours facile de trouver des morceaux qui n’empêchent pas de se concentrer. Je trouve que celui-ci en fait partie! Si vous aimez ça, peut-être trouverez vous d’autres morceaux propices à la concentration chez Schubert, Mendelssohn ou encore Grieg, et bien sûr Mozart! N’hésitez pas à naviguer sur ce site pour les découvrir! ;)

L’oeuvre suivante a été composée au tout début du XXème siècle, pour une pièce intitulée Kuolema (Mort), écrite par l’auteur finlandais Arvid Järnefelt. Je ne sais pas qui retiendra cette information, mais peut-être que cela intéresse les férus de littérature européenne!

Johann Melchior Molter – Sonata Grossa

Pour la première fois sur ce site, nous vous proposons l’écoute d’une oeuvre du compositeur allemand de l’époque baroque Johann Melchior Molter (1696-1765). Plusieurs fois Kapellmeister (Maître de chapelle), il laisse à la postérité un oratorio célèbre, plusieurs cantates, plus de 140 symphonies, ouvertures et autres compositions pour orchestre, mais aussi des pièces de musique de chambre et des concerti, dont l’un des premiers concerti pour clarinette jamais écrits (l’instrument actuel ayant été inventé au tournant du 18ème siècle en Allemagne par Johann Christoph Denner).

Je choisis aujourd’hui sa Sonata Grossa pour trois trompettes, deux hautbois, timbales, cordes et basse continue. Le morceau, agréable à l’écoute, est clairement composé de 5 mouvements que l’on distingue sans peine.

Georg Friedrich Haendel – Watermusic – Alla hornpipe

Pour démarrer la troisième année de ce blog en grandes pompes, nous vous proposons l’écoute d’une oeuvre très connue de Haendel : Watermusic. Il s’agit d’un ensemble de trois suites pour formations orchestrales qui doit son nom au fait que la première représentation eut lieu sur la Tamise, à Londres, le 17 juillet 1717 très précisément. Ce jour-là, à l’occasion du voyage du roi George Ier d’Angleterre vers Chelsea, une barque de 50 musiciens fut affrétée pour suivre le cortège fluvial royal en jouant cette musique pour rendre le trajet du roi plus agréable… La légende veut que George Ier ait tellement apprécié qu’il commanda aux musiciens de rejouer la pièce trois fois!

Vous n’aurez aucun mal à reconnaître ce morceau, qui est un fragment de la seconde suite en ré majeur : l’air est constamment employé dans différents spots de pub et dans certains films, quitte à devenir parfois un peu cliché… Dans l’esprit du compositeur, il s’agissait d’une référence à une danse paysanne, d’origine irlandaise.

Des biographes de Haendel ont souvent décrit « Watermusic » comme une oeuvre de circonstance : le compositeur voulait avec cette musique reconquérir les faveurs du Roi George Ier. La raison? Allemand d’origine, Haendel s’installa dès 1712 en Angleterre, en laissant derrière lui un poste cossu de maître de chapelle à Hanovre… ville dans laquelle George Ier était le Prince-électeur. Autant dire que le futur roi d’Angleterre a dû mal prendre cette défection d’un musicien aussi brillant !

Gueorgui Sviridov – Tempête de Neige – Romance

PouchkineEn cette froide soirée, allons-faire un petit tour du côté de la Russie, pour découvrir un compositeur peu connu ici, mais relativement célèbre là-bas! La Tempête de Neige de Sviridov est une « illustration musicale » d’une nouvelle de Pouchkine…

Maria et Vladimir s’aiment, mais leurs parents s’opposent à leur mariage. Ils décident donc de se marier en cachette un soir d’hiver… Sauf que ce soir-là, la tempête fait rage, faisant perdre son chemin à Vladimir, qui arrivera bien trop tard à l’église, trouvant celle-ci vide… On retrouve ensuite Maria le lendemain, malade et délirante, déclamant à ses parents son amour passionnel pour Vladimir… Devant cette situation, ceux-ci décident finalement de donner leur consentement, écrivent à Vladimir pour lui donner leur accord, mais celui-ci répond que cela est impossible. Il part à la guerre et se fait tuer.

Quelques temps passent, la guerre s’achève… Et Maria tombe amoureuse d’un beau colonel. On pense qu’ils vont se marier, mais le colonel fait soudain une révélation à Maria : il ne peut pas l’épouser, car il est déjà marié lui-même… Un soir de tempête, il s’est retrouvé par hasard dans une église, on l’a entraîné à côté d’une jeune fille en robe de mariée, devant un pope qui célébrait un mariage, et qui le prenait manifestement pour le marié, comme toute l’assemblée… Par légèreté, le colonel a « joué le jeu » jusqu’au bout, profitant de l’obscurité ambiante… Et personne ne s’est rendu compte de rien, jusqu’au baiser final! C’est à ce moment là qu’il a décidé de s’enfuir… Maria lui dit alors la vérité, et tout se termine plutôt bien :-)

Je vous laisse apprécier cette belle et lancinante mélodie…