Franz Liszt – Rhapsodie Hongroise N°12

Nous vous avions déjà proposé l’écoute de la deuxième du nom sur ce site, très connue. Voici la 12ème, en do dièse mineur, que certains d’entres vous découvrent peut-être. Parmi les 19 rhapsodies du génie hongrois (composées entre 1846 et 1886), celle-ci est sans doute l’une qui contient le plus de thèmes, 8 en tout. Deux thèmes émergent dès l’introduction, rapidement suivis par les autres qui se succèdent. On a parfois presque l’impression d’entendre un orchestre, tellement le morceau est riche en couleurs et dynamiques.

En voici une interprétation du pianiste d’origine russe Evgeny Kissin, 19 ans à l’époque.

Emmanuel Chabrier – España

Un peu à la manière de Lalo, Emmanuel Chabrier (1841-1894) fait partie de ces compositeurs tombés sous le charme des mille richesses musicales dont regorge l’Espagne, notamment pour ce qui est des danses traditionnelles. C’est lors d’un voyage qu’il fit avec sa famille en 1882 qu’il découvrit le Jota, danse populaire de Valence, dont l’origine remonte au XIIe siècle et qui se pratique à l’occasion des fêtes de la Saint-Jean. Heureuse et féconde découverte, puisqu’elle conduisit Chabrier à coucher tout son enthousiasme pour la culture hispanique sur sa plus célèbre partition, la rhapsodie España.

España est certes une rhapsodie, qui ne suit pas une forme musicale classique, mais n’allez pas croire qu’on peine à s’y retrouver en l’écoutant ! Une introduction rappelant des notes grattées à la guitare précède un premier thème dont le caractère euphorique est implémenté par le battement incessant des percussions aux accents ibériques. Un second thème introduit furtivement par les cuivres s’épanouit grâce aux violons. Enfin, un tiers thème, particulièrement lyrique, se concatène harmonieusement à l’ensemble qui reprend dans la suite ces trois joyeux bouts en faisant se répondre les instruments. Notez l’importance du trombone qui permet à l’orchestre de rebondir majestueusement, d’atteindre l’acmé d’un morceau baigné dans la joie et dans la bonne humeur – pour Chabrier, il s’agissait de voir tout le monde s’embrasser chaque fois que ce morceau finit !

España fit la gloire de Chabrier et l’inscrivit dans la postérité : Manuel de Falla et Gustav Mahler encensèrent celui-ci et des compositeurs modernes tels Debussy et Ravel le citent parmi leurs références en matière de musique « hispanisante ».

Voici, ci-dessous, la version orchestrale de ce morceau, qui met en exergue le grandiose de l’œuvre mais il existe également une version à quatre mains pour piano. Il ne tient plus qu’à vous d’esquisser quelques déhanchés dans votre salon au son de cette savoureuse rhapsodie – laissez-vous aller, demain c’est dimanche !

Franz Liszt – Rhapsodie Hongroise N°2

Franz LisztAujourd’hui, intéressons-nous de plus près à un genre qu’a largement exploré Liszt, la rhapsodie. Ce genre est apparu au XIX° siècle, et se veut la plupart du temps un travail de valorisation d’une culture locale par la musique. On trouve ainsi des rhapsodies espagnoles, slaves, norvégiennes… et bien sûr hongroises, ce que l’on peut comprendre étant données les origines de Liszt.

Il semble que les premiers compositeurs de rhapsodies, et notamment Tamasek, aient voulu établir un parallèle entre leurs créations et la culture hellénistique, puisqu’un rhapsode est un artiste qui, dans la Grèce antique, déclamait les épopées écrites par un autre. Quelque part, en effet, une rhapsodie parle de la grandeur d’un peuple par le moyen de ses thèmes musicaux…

En ce qui concerne les rhapsodies hongroises de Liszt, il a été démontré qu’elles font en réalité souvent appel à des thèmes plus spécifiquement tziganes que simplement hongrois.

J’ai trouvé la performance de Jung Lin (jeune virtuose Taiwano-Américaine) ci-dessous particulièrement admirable, parce qu’en plus de l’émotion et de la sensibilité qu’elle y met, son jeu est techniquement irréprochable, ce qui est extraordinaire compte tenu du fait que Liszt avait des mains immenses, même pour un homme.