Giuseppe Verdi – Missa da Requiem – Lacrimosa

VerdiAprès la musique gaie d’hier, une musique un peu plus sombre ce aujourd’hui… Dans une messe de Requiem, le Lacrimosa constitue la dernière partie du poème du Dies Irae (Dies Irae du Requiem de Verdi que nous vous avions déjà présenté), et constitue, en gros, le moment où l’on pleure, où l’on implore le Seigneur de donner le repos au défunt… Les paroles sont les suivantes:

Lacrimósa dies illa, (Jour de larmes que ce jour-là)
qua resúrget ex favílla (où ressuscitera de la poussière)
judicándus homo reus. (l’homme coupable, pour être jugé)
Huic ergo parce, Deus. (Pardonne à cet homme-là, ô Dieu)
Pie Jesu Dómine, (Doux Seigneur Jésus)
dona eis réquiem. Amen (Donne-lui le repos. Amen)

Voici donc le magnifique et très touchant Lacrimosa du Requiem de Verdi, qui commence avec la femme (la mezzo-soprano Agnès Baltsa), puis l’homme (le baryton José van Dam) , puis le choeur, qui chantent leur supplique… L’interprétation est celle du Wiener Philarmoniker, dirigé par Herbert von Karajan…

Henry Purcell – March / music for the funeral of Queen Mary

En ce mardi, nous vous proposons l’écoute d’une marche funèbre composée par Purcell et tirée de ses Funérailles pour la Reine Mary II d’Angleterre décédée en 1694. Ceux qui ne connaissent pas l’oeuvre reconnaîtront peut-être le morceau pour l’avoir entendu dans le fameux film de Stanley Kubrick « Orange Mécanique » (revisité au synthétiseur).

La marche est ici interprété par Timothy Brown et les musiciens du ‘Clare College‘ de Cambridge.

Cette musique a également été jouée pour les obsèques du compositeur, dont on ne sait pas exactement de quoi il serait mort! Certains pensent que la tuberculose l’aurait emporté, d’autres pensent qu’il aurait attrapé froid en rentrant du théâtre alors que sa femme l’avait enfermé dehors. Je doute que ce soit le cas puisque voilà ce qu’il écrivit alors qu’il était très malade:

« In the name of God Amen. I, Henry Purcell, of the City of Westminster, gentleman, being dangerously ill as to the constitution of my body, but in good and perfect mind and memory (thanks be to God) do by these presents publish and declare this to be my last Will and Testament. And I do hereby give and bequeath unto my loving wife, Frances Purcell, all my estate both real and personal of what nature and kind soever… »

Si vous appréciez la musique de Purcell, vous pouvez toujours allez vous recueillir sur sa tombe, adjacente aux orgues de Westminster Abbey…

Gabriel Fauré – Requiem – Pie Jesu

Gabriel Fauré » Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux… » C’est ainsi que Gabriel Fauré évoque l’une de ses oeuvres principales, que nous avions déjà commencé à vous présenter en commençant par la fin, le In Paradisum.

Le chant apaisant du « Pie Jesu » est une bonne illustration de cette « berceuse de la mort », notamment dans cette version chantée par Cecilia Bartoli.

Enfin, les paroles sont relativement simples:

Pie Jesu Domine,
Dona eis requiem sempiternam

Hector Berlioz – Requiem – Sanctus

Hector BerliozNous vous avions déjà présenté le Dies Irae du Requiem de Berlioz. Le Sanctus, qui intervient ensuite dans la messe, est bien plus calme, et empli d’un recueillement solennel… On pourrait se représenter la voix qui s’élève au dessus des autres comme celle du défunt montant au ciel, s’élevant au dessus des misères de la terre pour s’adresser directement à Dieu, accompagné par ceux qui le pleurent sur la terre et reprennent son chant… Et au moment de la fugue (3:40), on peut imaginer qu’il s’agit du choeur des anges accueillant le défunt…

Le ténor dont on entend la voix ici est l’américain John Aler, dans une très belle interprétation de l’Atlanta Symphony Orchestra dirigé par Robert Shaw. Lors de la création du Requiem de Berlioz (que nous avions évoquée dans l’article du Dies Irae), c’était le ténor Gilbert Duprez qui tenait le rôle.

György Ligeti – Lux Aeterna

Monolithe de 2001, A Space Odyssey
Monolithe de 2001, A Space Odyssey

Ce soir, intéressons-nous à une oeuvre qui ne fera sans doute pas consensus: le Lux Aeterna, tiré du Requiem du compositeur hongrois Ligeti.

Nous sommes ici en pleine musique contemporaine savante. Ligeti marque une rupture avec la musique sérielle (dont Schönberg et Boulez étaient de fameux représentants) et anticipe sur la musique spectrale (mouvement des années 70, dans lequel les compositeurs décomposent les sons à l’aide de machines électroniques).

Il y a un grand décalage entre ce que l’on perçoit de ce morceau et ce qui est écrit: en effet, à l’écoute, on a l’impression de quelque chose d’incohérent, alors qu’en réalité, il y a une mélodie en canon. Chaque syllabe correspond à une note et les différentes voix de femmes qui interviennent au début le font en canon. Par contre, Ligeti brouille volontairement les cartes en donnant au canon un décalage irrégulier. De plus, aucune des 16 voix ne prend le dessus sur les autres, on a plutôt l’impression d’un tuilage permanent, d’amalgames qui se font et se défont imperceptiblement.

Ce morceau fait l’effet d’un continuum perpétuel, comme une apparition qui n’en finit pas d’apparaître ou une disparition qui ne cesse pas. On fait l’expérience du temps pur (sans mesure), du son sans harmonie évidente. Certains diront que ce n’est donc que du bruit, mais pourtant Ligeti aboutit à un résultat remarquable: il offre une expérience quasi mystique ou cosmologique, et donne à nos angoisses métaphysiques une résonnance sensorielle.

Ce n’est sans doute pas pour rien que Kubrick a choisi ce morceau (quelques mois après sa composition!) pour être un des éléments sonores phares de 2001, A Space Odyssey! D’ailleurs, il n’avait pas demandé son avis à Ligeti, qui lui a fait un procès. On aurait envie de lui dire que c’était plutôt un bel hommage et que ça a largement popularisé son oeuvre ;-)

WA Mozart – Introïtus – Requiem æternam

Aujourd’hui, retour au requiem de Mozart, ce monument de la musique classique, avec le premier mouvement de l’oeuvre : l’Introïtus.

Au début, les cordes accompagnent les bois dans une succession de notes au rythme d’une simplicité biblique. Les violons sonnent tantôt grave, tantôt aigu,  chaque note étant parfaitement choisie. Juste avant qu’entrent les voix, trois coups de tambour s’ajoutent au son de lamentation, de supplication des bassons. Puis, les voix, plus tragiques encore, soulignent une fois de plus le caractère solennel et régulier du morceau :  » Requiem aeternam dona eis, Domine », en français : « Seigneur, donnez-leur le repos éternel ». (Retrouvez les paroles dans les deux langues en-dessous de la vidéo). Les basses sont rejoints par les tenors puis, altos et sopranos les rattrapent et s’ajoutent à la triste supplique.

Terminons sur une remarque belle et touchante de Sacha Guitry, grand admirateur de Mozart :  » Ô privilège du génie! Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. »

Paroles en latin :

Requiem aeternam dona eis, Domine
Et lux perpetuat luceat eis.
Te decet hymnus Deus in Sion,
Et tibi reddetur votum in Jerusalem.
Exaudi orationem meam,
Ad te omnis caro veniet.
Requiem aeternam dona eis,
Domine, et lux perpetua luccat eis.
Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison
Paroles en français :
Seigneur, donnez-leur le repos éternel,
Et faites luire pour eux la lumière sans déclin.
Dieu, c’est en Sion qu’on chante dignement vos louanges
A Jérusalem on vient vous offrir des sacrifices.
Écoutez ma prière,
Vous, vers qui iront tous les mortels.
Seigneur, donnez-leur le repos éternel,
et fautes luire pour eux la lumière sans déclin.
Seigneur, ayez pitié.
Christ, ayez pitié.
Seigneur, ayez pitié

Gabriel Fauré – Requiem – In Paradisum

Gabriel FauréLamusiqueclassique.com vous emmène au paradis ce soir, portés par la musique de Gabriel Fauré. Le In Paradisum est le dernier mouvement de sa messe de Requiem. Ce chant, qu’on ne retrouve pas dans les messes de requiem traditionnelles, était en fait habituellement chanté après la messe, lors de la procession qui menait le cercueil jusqu’à la tombe. C’est un chant plein d’espoir, comme on peut l’entendre par la douceur de la musique, et les paroles sur lesquelles elle s’appuie et que nous vous indiquons ici:

In Paradisum deducant te Angeli,
In tuo adventu suscipiant te martyres,
Et perducant te in civitatem sanctam Jerusalem.
Chorus angelorum te suscipiat,
Et cum Lazaro quondam paupere
Aeternam habeas requiem.

Et la traduction:

Que les Anges te conduisent au Paradis,
Que les martyres t’accueillent à ton arrivée,
Et t’introduisent dans Jérusalem, la Ville Sainte,
Que le choeur des anges t’accueille,
Et que tu jouisses du repos éternel
Avec celui qui fut autrefois le pauvre Lazare…

Paavo Järvi dirige ici l’Orchestre de Paris et le Choeur de l’Orchestre de Paris.