WA Mozart (Süssmayr) – Requiem en Ré mineur – Sanctus

mozart requiemRetour au grand requiem de Mozart aujourd’hui, avec le Sanctus, qui est un mouvement entièrement écrit par l’élève de Mozart, Franz Xaver Süssmayr. En effet, le maître salzbourgeois est mort, comme chacun sait, avant d’avoir pu achever cette oeuvre prodigieuse. Sous la pression de sa femme, les élèves de Mozart, et notamment le jeune Süssmayr, furent mandatés pour parachever cette grande Messe de Requiem.

Süssmayr réussit ici l’exploit de se hisser presque au niveau de son maître en imitant bien son style… Difficile en effet, à l’écoute, de se dire: « c’est moyen! » ou « cela ne ressemble pas à Mozart! ».

La vidéo présente les paroles, pour une meilleure compréhension de ce morceau plein de gloire et d’espoir!

Hector Berlioz – Requiem dirigé par Sir Colin Davis

Sir Colin DavisLa musique classique est en deuil aujourd’hui, après la mort hier d’un des grands chefs d’orchestre du XX° siècle, Sir Colin Davis, né en 1927. Le chef d’orchestre britannique était notamment un grand spécialiste d’Hector Berlioz, dont il avait enregistré l’intégralité de l’oeuvre. Nous vous proposons donc aujourd’hui d’écouter le Requiem de Berlioz, dirigé par Sir Colin Davis, qui a rejoint  hier celui qu’il admirait tant…

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Hostias

mozart requiemPlus de 5 mois que nous ne sommes pas allés faire un tour du côté du grandissime Requiem de Mozart! Continuons donc notre découverte avec le morceau Hostias, qui fait suite au Domine Jesu Christe.

Une fois de plus, le sens de l’harmonie polyphonique de Mozart, son art des « notes qui s’aiment » comme il disait, laisse rêveur. Prêtez l’oreille, en écoutant le morceau, aux multiples changements de tonalités. Combien de compositeurs en herbe aimeraient maîtriser cet art du changement de tonalité à ce niveau de perfection!

Au début, Mozart fait démarrer le morceau en douceur, mais à partir de 2:15, le rythme s’angoisse un peu et la prière chaleureuse se fait supplique…

Pour gagner en profondeur d’approche sur ce morceau, vous pouvez lire les paroles et leur traduction sous la vidéo.

Hostias et preces, tibi, Domine, laudis offerimus: tu suscipe pro animabus illis, quarum hodie memoriam facimus: fac eas, Domine, de morte transire ad vitam, quam olim Abrahae promisisti et semini eius.

Nous vous offrons, Seigneur, le sacrifice et les prières de notre louange: recevez-les pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd’hui. Seigneur, faites-les passer de la mort à la vie que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.

Hector Berlioz – Requiem – Lacrymosa

Hector BerliozAprès vous avoir fait découvrir le puissant Dies Irae et le touchant Sanctus, nous vous présentons ce soir le Lacrymosa du Requiem de Berlioz, l’un des morceaux marquants de ce Requiem, qui nous saisit d’entrée par son rythme très particulier…

On se souvient que la création du Requiem de Berlioz avait failli être gâchée par la faute du chef d’orchestre Habeneck (et si on ne s’en souvient pas, qu’on retourne lire l’article sur le Dies Irae! ;-))

Le fameux Habeneck va tenter de se rattraper plus tard, comme l’évoque Berlioz dans ses mémoires :

Quelques années après la cérémonie dont je viens de raconter les péripéties, la ville de Lille ayant organisé son premier festival, Habeneck fut engagé pour en diriger la partie musicale. Par un de ces caprices bienveillants, qui étaient assez fréquents chez lui, malgré tout, et peut-être pour me faire oublier, s’il était possible, sa fameuse prise de tabac, il eut l’idée de proposer au comité du festival, entre autres fragments pour le concert, le Lacrymosa de mon Requiem. On avait placé également dans ce programme le Credo d’une messe solennelle de Cherubini. Habeneck fit répéter mon morceau avec un soin extraordinaire et l’exécution, à ce qu’il paraît, ne laissa rien à désirer. L’effet aussi en fut, dit-on, très-grand, et le Lacrymosa, malgré ses énormes dimensions, fut redemandé à grands cris par le public. Il y eut des auditeurs impressionnés jusqu’aux larmes. Le comité lillois ne m’ayant pas fait l’honneur de m’inviter, j’étais resté à Paris. Mais après le concert, Habeneck, plein de joie d’avoir obtenu un si beau résultat avec une œuvre si difficile, m’écrivit une courte lettre ainsi conçue ou à peu près :

« Mon cher Berlioz,

Je ne puis résister au plaisir de vous annoncer que votre Lacrymosa parfaitement exécuté a produit un effet immense.

Tout à vous,

HABENECK. »

Voici donc ce Lacrymosa, dans une interprétation de l’Atlanta Symphony Orchestra et son choeur, dirigés par Robert Shaw.

NB : pour les parisiens, sachez que le Requiem de Berlioz sera joué le dimanche 25 novembre aux Invalides, là où il fut créé… Les places sont à partir de 7€, plus d’infos ici !

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Rex Tremendae

mozart requiemCe soir, reprenons notre tour de l’ensemble fabuleux que constitue le Requiem en ré mineur de Mozart.

Le passage du jour évoque le Roi d’une majesté redoutable (Rex Tremendae Majestatis). Et en effet, dès les premières notes, Mozart démontre qu’il ne compte pas plaisanter avec ce morceau! Les descentes des cordes lourdement ponctuées par des accords vocaux très puissants (REX!) provoquent en moi un sentiment de révérence, de crainte respectueuse. Après cette introduction célébrissime, Mozart prouve encore sa virtuosité en mêlant des lignes mélodiques différentes dans une harmonie parfaite. Puis, c’est le calme chant des anges qui vient conclure comme pour adoucir une majesté trop imposante pour les simples mortels ;)

Vous trouverez les paroles sous la vidéo!

Rex tremendae majestatis
Qui salvandos salvas gratis,
Salva me, fons pietatis.
O Roi, dont la majesté est redoutable,
vous qui sauvez par grâce,
sauvez-moi, ô source de miséricorde.

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Domine Jesu Christe

mozart requiemAujourd’hui, faisons, tel un retour aux sources, une petite pause sur l’immense oeuvre finale de Mozart: son Requiem en ré mineur. Ce morceau est une prière poétique adressée directement à Jésus-Christ, dont vous retrouverez les paroles sous la vidéo, suivie de leur traduction!

Cette version est assez rapide, mais je la trouve appropriée car il me semble (j’ai peut-être tort) que Mozart voulait mettre de l’énergie dans ce morceau.

Domine, Jesu Christe, Rex gloriae,

libera animas omnium fidelium defunctorum,

de poenis inferni, et de frofundo lacu;

libera eas de ore leonis,

ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum,

sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam,

quiam olim Abraehae priomisisti et semini ejus.

Seigneur Jésus Christ, roi de gloire,

libère toutes les âmes défuntes des fidèles

des peines infernales, et du puits sans fond ;

libère-les de la gueule du lion,

qu’ils ne soient avalés par le Tartare, ni ne tombent dans l’obscurité,

Et St Michel, ton héraut, les conduise en la lumière sacrée,

ce qu’à Abraham tu as promis, et à sa lignée.

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Lacrimosa

La PietaContinuons aujourd’hui  à découvrir une des plus grandes oeuvres musicales de tous les temps (point de vue subjectif mais, semble-t-il, largement partagé): la messe de Requiem en ré mineur de Mozart. Après l’apocalyptique Dies Irae, le trouble Confutatis, le priant Kyrie et le tragique Introïtus, voici le Lacrimosa.

Comme vous pouvez le deviner avec le nom de ce morceau, deuil et douleur sont ici particulièrement prégnants. Les paroles en latin et en anglais (sur la vidéo même) vous permettront de mieux situer ce que Mozart veut ici dépeindre.

Il faut savoir que seules les 8 première mesures sont de la main de Mozart (environ jusqu’à 0:52). Le reste a été terminé par un de ses élèves, Franz-Xavier Süssmayr, à la demande de la veuve de Mozart, Constance. Il faut d’abord reconnaître que ce jeune compositeur (qui devint par la suite élève de Salieri) ne manqua pas d’inspiration, même si, pour l’aider, les 8 premières mesures donnaient déjà les grandes lignes. Intelligemment, Süssmayr s’appuya sur le reste de l’oeuvre déjà écrite ainsi que sur des fragments et brouillons sur lesquels Mozart avait noté des idées.

Ce morceau provoque toujours des frissons chez moi. Ce n’est pas pour rien qu’il fut souvent utilisé lors de grandes funérailles (celles de Beethoven, celles de Chopin à la Madeleine, et même lors de la panthéonisation de Napoléon). Se jouant des paradoxes, le Requiem, pourtant oeuvre chrétienne sacrée, fut même joué en URSS en 1918 pour les « Martyrs de la Révolution » et peu après pour le 100° anniversaire de Karl Marx. Il fut aussi récupéré par l’Allemagne nazie qui s’empressa de remplacer tous les mots évoquant les origines juives du christianisme (Sion, Abraham, Jérusalem…).

Assez glosé, musique!