Piotr Tchaikovski – Eugène Onéguine – Scène de la lettre

TchaikovskiRetour à la culture russe avec l’opéra Eugène Onéguine de Tchaikovski! Celui-ci est tiré du roman en vers du même nom d’Alexandre Pouchkine. L’histoire en est la suivante:

Tatiana, vivant dans une famille paysanne, tombe sous le charme d’Eugène Onéguine, un ami de Lenski, fiancé de sa soeur Olga, lorsqu’elle le voit pour la première fois. Tatiana écrit le soir même une lettre d’amour à Onéguine, qui lui répondra malheureusement qu’il n’est pas homme à tomber sous le charme de la première venue, et ne sent pas destiné au mariage…

Un peu plus tard, lors d’une fête donnée en l’honneur Onéguine s’amuse à flirter avec Olga, ce qui rend son ami Lenski fort jaloux,  à tel point que la querelle se termine par un duel, dans lequel Onéguine tue Lenski.

L’action reprend quelques années après. Onéguine est malheureux, il pleure son ami le plus cher, mort de sa main, et se réalise à quel point sa vie est vide de sens… C’est dans ce contexte qu’il va revoir Tatiana, désormais mariée. Il se rend alors enfin compte qu’il l’aime, et vient se jeter à ses pieds. C’est trop tard : Tatiana, en larmes, lui avoue qu’elle l’aime toujours, mais qu’elle restera fidèle à son mari… Il ne reste plus à Onéguine que ses yeux pour pleurer…

Place à la musique de Tchaikovski, et au célèbre air de la lettre, avec Renée Fleming dans le rôle de Tatiana. J’aime bien la manière dont les instruments à vent parviennent à traduire l’empressement et l’excitation de Tatiana écrivant cette lettre décisive…


Giacomo Puccini – La Bohème – Che gelida manina

PucciniL’immense Luciano Pavarotti nous a quittés en 2007. Dieu merci, nous pouvons retourner, de temps à autre, aux enregistrements pour nous souvenir de celui qui fut peut-être le plus grand de tous les ténors de l’opéra.

Son association avec le compositeur Puccini donne souvent des étincelles, comme ce fut le cas dans Nessun Dorma, que nous vous avions présenté il y a 3 ans.

Aujourd’hui, voici le morceau Che gelida manina (petite main gelée). Tirée de l’opéra La Bohème, dont l’action se déroule dans le Paris des années 1830, cette scène montre un poète désargenté qui saisit le prétexte de la venue de sa pauvre voisine demandant du feu pour lui prendre la main et lui déclarer sa flamme.

Sous la vidéo, je vous ai mis les paroles afin de mieux apprécier l’audace du poète Rodolfo qui ne connaît même pas le nom de cette femme!

Quelle petite main gelée !
Laissez-moi donc la réchauffer.
À quoi bon chercher ?
Dans l’obscurité, on ne la trouvera pas.
Mais, par chance,
C’est une nuit de lune,
Et ici la lune
Nous l’avons en voisine.
Attendez, mademoiselle,
Qu’en deux mots je vous dise
Qui je suis, et ce que je fais,
Comment je vis. Voulez-vous ?
Qui je suis ? Je suis un poète.
Ce que je fais ? J’écris.
Et comment je vis ? Je vis.
Dans ma joyeuse pauvreté,
Je prodigue en grand seigneur
Rimes et hymnes d’amour.
À travers mes rêves et mes chimères,
À travers mes châteaux en Espagne,
J’ ai l’âme d’un millionnaire.
Parfois, de mon coffre-fort,
Me sont dérobés tous mes bijoux
Par deux voleurs, des jolis yeux.
Ceux-ci viennent d’entrer tout juste, avec vous,
Et mes rêves si ordinaires,
Et mes rêves si charmants,
Se sont volatilisés aussitôt.
Mais ce larcin ne me touche pas
Parce que, parce qu’à leur place
Se tient l’espérance.
Maintenant que vous me connaissez,
Parlez, vous, parlez. Qui êtes-vous ?
Dites, je vous en prie.

WA Mozart – Les Noces de Figaro – Ah Tutti Contenti (Acte 4, finale)

Les noces de figaroAttention: chef d’oeuvre!

Cela faisait longtemps que nous n’étions pas allés voir du côté des Noces de Figaro, opéra majeur de Mozart où son génie brille de mille feux. Un petit point sur le contexte afin de nous aider à comprendre ce morceau: le livret de cet opéra est proche du vaudeville, dans la mesure où les personnages (un couple de valets et un couple de maîtres) passent leur temps à se duper les uns les autres afin de batifoler ou de vérifier l’amour des uns et des autres. Le comte Almaviva notamment, s’est pris de passion pour la promise du valet Figaro, délaissant bien sûr la comtesse.
Par une entourloupe rondement menée, le comte se trouve démasqué et son infidélité est constatée par sa femme. Un bref moment de tension naît de cette situation terriblement embarrassante. La tension est rendue par la course des violons en montée-descente, ponctuée par les murmures saccadés des personnages à l’arrivée de la comtesse.

Le comte décide alors d’implorer le pardon de sa femme, pardon qui lui est accordé dans un moment d’incroyable longanimité et de bonté magnifique. Mozart nous livre ici une de ses mélodies les plus touchantes, en rendant presque audible ce qu’est l’absolution.

Tous sauf la comtesse

Oh cielo! Che veggio! (Oh Ciel! Que vois-je!)

Delirio! Vaneggio! (Je délire! Je rêve!)

Che creder non so. (Je ne sais que croire.)


Le Comte (d’un ton suppliant)

Contessa, perdono. (Comtesse, pardon.)


La Comtesse

Più docile io sono (Je suis plus douce)

E dico di sì. (Et je te l’accorde.)


Tous

Ah! Tutti contenti saremo così. (Ah nous serons tous contents)

Giacomo Puccini – La Bohème – Si, me chiamano Mimi

PucciniComme promis, après la présentation de l’air « Che gelida manina« , issu de l’opéra La Bohème de Puccini, place à la réponse de Mimi! Nous sommes toujours dans la mansarde que Rodolfo partage avec trois de ses amis artistes. C’est Angela Gheorghiu qui tient ici le rôle de Mimi, lors d’une représentation au Met (Metropolitan Opera, le grand opéra de New York) en 2008.

Bonne écoute!

Antonio Sartorio – Giulio Cesare in Egitto – « Quando voglio… »

Ce soir, un compositeur du XVIIe siècle, relativement méconnu aujourd’hui, qui fut pourtant l’un des compositeurs d’opéra les plus importants qu’a connus la République de Venise : Antonio Sartorio (1630-1680). Ayant officié une grande partie de sa vie en tant que Kapellmeister auprès du duc Johann Friedrich de Brunswick-Lüneburg, Sartorio s’est essentiellement distingué par sa musique vocale dont le style méditerranéen, très exotique aux oreilles du public de Hanovre où il était basé, était globalement apprécié.

Giulio Cesare in Egitto arrive relativement tard dans le répertoire du compositeur et met en scène les amours de Jules César et Cléopâtre, sur un livret de Giacomo Francesco Bussani. C’est ce même opéra qui a inspiré le Giulio Cesare de Haendel, créé en 1724, dont le succès fut tel qu’on en oublia rapidement l’original… A cet égard, l’opéra de Sartorio a été joué pour la dernière fois en 1689 avant d’être redécouvert par un musicologue de la Julliard School… en 2001 seulement !

Quand bien même l’oeuvre ne fut pas considérée comme révolutionnaire à son époque, l’on se délecte sans peine des caprices de la reine Cléopâtre. La version ci-dessous est signée Patricia Petibon, célèbre soprane française, dont vous noterez avec plaisir toute l’émotion qui se dégage de la voix.

Giacomo Puccini – La Bohème – Che gelida manina

PucciniStupeur! Je me rends compte que nous ne vous avons jamais présenté La Bohème de Puccini!

Cet opéra raconte l’amour impossible de Rodolfo, jeune poète fauché, et de Mimi, voisine de Rodolfo, qui fait sa connaissance en venant frapper à sa porte demander du feu pour rallumer sa bougie… C’est à ce moment là que Rodolfo saisit sa main, froide (« Che gelida manina »), et tombe amoureux d’elle… Le petit malin fait ensuite exprès de cacher la clé de la demoiselle pour passer un peu plus de temps avec elle…

Suite à ce superbe air viendra la non moins superbe réponse »Si, me chiamano Mimi », puis le duo des deux nouveaux tourtereaux « O soave fanciulla »… Deux morceaux que nous ne manquerons pas de vous présenter!

Place à la musique, et à la voix de Luciano Pavarotti!

Giuseppe Verdi – La Traviata – Addio del passato

Maria CallasEn ce jour anniversaire des 90 ans de la naissance de Maria Callas, nous vous proposons d’écouter un « grand classique », l’aria finale de Violetta, dans l’opéra La Traviata, un rôle qui collait à la peau de la cantatrice… Dans cet aria, Violetta, malade, se meurt sans avoir revu son Alfredo…

Si ce morceau ne vous arrache pas quelques larmes…