Antonio Vivaldi – La fida ninfa – alma oppressa

VivaldiAntonio Vivaldi est sans doute plus célèbres pour ses nombreux concertos que pour ses opéras, genre dans lequel il a pourtant été prolifique, en comptant près d’une cinquantaine à son actif. Nous vous proposons ce soir d’écouter Alma oppressa, un air tiré de La fida ninfa (La nymphe fidèle), interprété par la mezzo-soprano américaine Vivica Genaux, qui fait montre ici de toute sa virtuosité.

Retour d’expérience: je suis allé voir Carmen à Tout Prix

Je profite de la tradition du Hors-jeu du vendredi soir pour partager sur l’expérience vécue vendredi dernier au théâtre Trévise à Paris. J’avais entendu parler de cette reprise de Carmen sous forme d’opérette comique via mon professeur d’accordéon qui y joue.

Harassé par une dure semaine de travail, je suis arrivé au théâtre plutôt énervé et crevé. Bien m’en a pris, tant je suis sorti détendu et revigoré par ce que j’y ai trouvé!

On ne présente plus Carmen, le splendide et sulfureux opéra de Georges Bizet, si bien qu’on pourrait penser en avoir fait le tour. Il est donc heureux que des artistes audacieux (comme Sophie Sara, auteur de Carmen à Tout Prix) s’en emparent pour broder dessus avec talent et espièglerie!

Comme vous le comprendrez dans la bande-annonce ci-dessous, le fil conducteur du script est efficace: un directeur d’opéra fait face à une grève générale et fait l’impossible pour que Carmen soit quand même interprété…

Le résultat est génial: on rit aux éclats, on tape des mains, et cette joyeuse troupe pleine d’auto-dérision fait passer un excellent moment au public!

Quant à moi, ce vaudeville désopilant m’a donné envie de réécouter l’original de Carmen. Allez, d’ailleurs, on remet une scène: « Près des remparts de Séville », interprétée par Elina Garanca qui est comme possédée par son rôle!

PS: Ce post n’est aucunement sponsorisé. Néanmoins, les représentations s’arrêtent fin février, donc dépêchez-vous si ça vous tente!

WA Mozart – Cosi Fan Tutte – Ouverture

Mozart dans AmadeusNoblement, dignement, c’est ainsi que débute cette ouverture… Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est plutôt la folie qui animera cet opéra, comme on le comprend dès que la musique commence à s’emballer, juste après les six notes (0:45 à 0:53) sur lesquelles seront chantées les paroles « Cosi Fan Tutte » un peu plus tard !

Rappelons l’histoire de Cosi Fan Tutte (« Elles font toutes ainsi ») : deux officiers, convaincus de la fidélité parfaite de leurs épouses, décident de les mettre à l’épreuve : ils leur annoncent leur départ pour la guerre (quintette Sento oh dio…), et après des adieux déchirants (Soave sia il vento), reviennent aussitôt déguisés, chacun séduisant alors la femme de l’autre, les deux épouses ayant été mises en condition par une malicieuse servante les ayant incité à profiter de l’absence de leur mari (In Uomini, in soldati) …

Christoph Willibald Gluck – Orphée et Eurydice – J’ai perdu mon Eurydice

Orphée et Eurydice sortant des enfersRetrouvons l’opéra Orphée et Eurydice de Gluck, dont nous vous avions déjà présenté la Danse des esprits bienheureux. L’air que nous vous présentons aujourd’hui se situe à la fin de l’opéra, alors qu’Orphée, précédant Eurydice dans le chemin les menant à la sortie des enfers, s’est retourné vers sa dulcinée, la condamnant par là-même à la mort…

Otto Nicolaï – Les joyeuses commères de Windsor – Ouverture

Falstaff
Falstaff

Nous vous proposons d’écouter ce soir une oeuvre d’un compositeur allemand peu connu, Otto Nicolaï (1810-1849), dont on peut tout de même retenir qu’il a été à l’origine de l’orchestre philharmonique de Vienne.

L’opéra dont nous vous faisons découvrir l’ouverture est inspiré d’une comédie de Shakespeare, The merry wives of Windsor, que ce dernier aurait écrite en deux semaines à la demande de la reine d’Angleterre Elizabeth 1ère, qui aurait mis la pression au génie anglais pour qu’il écrive une pièce sur le personnage de Falstaff, qui apparaissait dans la pièce Henri IV  (non pas le nôtre, mais celui d’outre-manche) et avait plu à Sa Majesté.

Si Nicolaï n’a guère réussi à faire passer à la postérité que l’ouverture de son opéra, Verdi parviendra lui à faire rentrer Falstaff dans la légende…

Place à la musique, avec Daniel Barenboïm à la baguette!

Piotr Tchaikovski – Eugène Onéguine – Polonaise

TchaikovskiNous vous avions présenté il y a quelques temps la « scène de la lettre » de l’opéra Eugène Onéguine de Tchaikovski, tiré de l’oeuvre éponyme d’Alexandre Pouchkine (que Jacques Chirac avait traduite en français dans sa jeunesse, pour l’anecdote…). Découvrons aujourd’hui la Polonaise provenant de cet opéra, qui intervient au début du troisième acte, lors du bal durant lequel Eugène va revoir Tatiana (pour l’histoire, retournez lire l’article cité plus haut). On peut aisément se figurer une salle de bal richement décorée, remplie de couples tournoyant au son de cette musique entraînante…

Place aux instruments, dirigés par le célèbre chef d’orchestre Claudio Abbado, qui nous a quittés l’an dernier.

Giaccomo Puccini – La Tosca est la Callas

PucciniPar Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Dès le printemps de 1889, Puccini avait été envoûté par le drame de la Tosca, oeuvre de Victorien Sardou exécuté pour la première fois à la Porte Saint-Martin à Paris. « Je peux voir dans la Tosca » , écrivit-il à son éditeur Giulio Ricordi, « un opéra qui comblerait toutes mes espérances. »

Cependant, Ricordi n’avait pas pensé à Puccini pour Tosca, mais à Alberto Franchetti, compositeur qui avait obtenu un certain succès en Italie. On n’a jamais su vraiment pourquoi Ricordi laissa tomber Franchetti; on peut sans doute présumer que l’immense succès de Manon Lescaut l’avait convaincu que Puccini était l’homme qu’il lui fallait pour cette oeuvre.

Une conspiration fut montée pour expliquer à Franchetti pourquoi un opéra sur Tosca ne pouvait réussir. L’action avec les scènes de torture, les tentatives de viol, les meurtres et les exécutions étaient vraiment trop brutale. En outre Tosca se déroulait sur un arrière plan politico-historique – les républicains contre les royalistes, l’Autriche contre l’Italie, le général Bonaparte contre Mélas et ainsi de suite. Franchetti en fut convaincu. Il rendit ses droits sans difficulté.

Illica et Giacosa (auteurs du livret de l’opéra) n’urent pas pour tâche de donner une leçon d’histoire, mais de fournir à Puccini des phrases et des situations permettant de dégager ses belles créations. Sardou ne fit aucune difficulté. On a même dit qu’il trouvait ce livret supérieur sa propre pièce. Après la 1er exécution le 14 janvier 1900 à Rome, Tosca devint rapidement un immense succès dans le monde entier. Depuis, Tosca n’a cessé de produire l’envoûtement.

Il s’agit là assurément du plus grand enregistrement de Maria Callas en même temps que d’une des plus grandes réussites de l’histoire du disque lyrique! Victor de Sabata sait donner à cette musique toute sa puissance, jouant des entrelacs sonores, des vifs contrastes, de la vigueur rythmique, de tout ce qui fait la matière de cette oeuvre saisissante, qui se lance d’un seul trait avec une force nerveuse, une énergie rarement soulignée avec une telle acuité.

Bien sûr Di Stefano possède le timbre et le goût parfaits pour Mario, bien sûr Tito Gobbi est un Scarpia impressionnant de noirceur et de cynisme. Et puis bien sûr il y a la Callas, Callas souveraine, Callas déchirée et déchirante, Callas tigresse, la voix éclatante, avec une ressource de couleurs et d’accents proprement infinis… Callas en fait LA Tosca, l’unique.

Source : livret EMI et dictionnaire critique Alain Duault.

Note : retrouvez le minutage complet dans le descriptif de la vidéo.

Passages les plus célèbres :
« Dammi i colori… Recondita armonia » (5:24)
« Mario..Mario..Mario » (11:02)
« Tre sbirri » (38:32)
« Vissi d’arte » (1:09:04)
« Lo de’ sospiri » (1:22:26) – le passage du berger, les cloches des églises de Rome au lever du jour
« E lucevan le stelle » (1:31:05)