Hector Berlioz – Requiem – Lacrymosa

Hector BerliozAprès vous avoir fait découvrir le puissant Dies Irae et le touchant Sanctus, nous vous présentons ce soir le Lacrymosa du Requiem de Berlioz, l’un des morceaux marquants de ce Requiem, qui nous saisit d’entrée par son rythme très particulier…

On se souvient que la création du Requiem de Berlioz avait failli être gâchée par la faute du chef d’orchestre Habeneck (et si on ne s’en souvient pas, qu’on retourne lire l’article sur le Dies Irae! ;-))

Le fameux Habeneck va tenter de se rattraper plus tard, comme l’évoque Berlioz dans ses mémoires :

Quelques années après la cérémonie dont je viens de raconter les péripéties, la ville de Lille ayant organisé son premier festival, Habeneck fut engagé pour en diriger la partie musicale. Par un de ces caprices bienveillants, qui étaient assez fréquents chez lui, malgré tout, et peut-être pour me faire oublier, s’il était possible, sa fameuse prise de tabac, il eut l’idée de proposer au comité du festival, entre autres fragments pour le concert, le Lacrymosa de mon Requiem. On avait placé également dans ce programme le Credo d’une messe solennelle de Cherubini. Habeneck fit répéter mon morceau avec un soin extraordinaire et l’exécution, à ce qu’il paraît, ne laissa rien à désirer. L’effet aussi en fut, dit-on, très-grand, et le Lacrymosa, malgré ses énormes dimensions, fut redemandé à grands cris par le public. Il y eut des auditeurs impressionnés jusqu’aux larmes. Le comité lillois ne m’ayant pas fait l’honneur de m’inviter, j’étais resté à Paris. Mais après le concert, Habeneck, plein de joie d’avoir obtenu un si beau résultat avec une œuvre si difficile, m’écrivit une courte lettre ainsi conçue ou à peu près :

« Mon cher Berlioz,

Je ne puis résister au plaisir de vous annoncer que votre Lacrymosa parfaitement exécuté a produit un effet immense.

Tout à vous,

HABENECK. »

Voici donc ce Lacrymosa, dans une interprétation de l’Atlanta Symphony Orchestra et son choeur, dirigés par Robert Shaw.

NB : pour les parisiens, sachez que le Requiem de Berlioz sera joué le dimanche 25 novembre aux Invalides, là où il fut créé… Les places sont à partir de 7€, plus d’infos ici !

Wolfgang Amadeus Mozart – Messe en ut mineur – Et incarnatus est

MozartAprès le morceau d’hier, un peu de sacré pour nous remettre dans le droit chemin ;-)

Retrouvons donc ce soir la messe en ut mineur de Mozart, dont nous vous avions déjà présenté les superbes Kyrie , Laudamus Te, et Qui Tollis! Cette messe fait partie du genre d’oeuvres que nous aimons beaucoup chez lamusiqueclassique.com, tant on peut puiser dedans en étant certain de vous proposer de véritables bijoux…

Continuons donc à découvrir cette messe ce soir, avec le magnifique « Et incarnatus est », dans lequel est chantée l’incarnation du Christ qui se fait chair… Les paroles sont assez simples : « Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est » (je pense que vous parviendrez à traduire facilement!). Je trouve que cette musique tellement pure et simple à la fois correspond bien au mystère qu’elle décrit : un être de condition divine qui prend la condition humaine… A cet égard, je suis à chaque fois bluffé par l’inspiration de Mozart, à 7:38 ici, qui met littéralement la musique sur « pause », comme s’il voulait nous faire prendre du recul pour qu’on se rende compte de cela… Bref, trêve de méditations pseudo-métaphysiques, et place à la musique de Mozart!

Nous retrouvons ici Leonard Berstein à la baguette, et la soprano américaine Arleen Auger…

Zbigniew Preisner – Requiem for my friend – Lacrimosa

Création du mondeAttention, le morceau du jour risque de vous faire pleurer, tant il est beau. En même temps, c’est le but puisqu’il s’agit d’un Lacrimosa. Preisner, compositeur polonais de 57 ans, écrivit en 1998 son Requiem for a Friend, le « friend » en question étant le réalisateur Krysztof Kiéslowski, mort deux ans plus tôt.

La mélodie qu’on pourrait, à en juger par le titre, croire morbide, est en réalité très lumineuse et méditative, tel un cri dirigé vers le mystère que constitue la fin de la vie sur Terre.

Il s’agit également d’une des musiques utilisées dans le film de Terrence Malick Tree of Life, pendant la longue scène poétique peignant la création de l’univers.

Vous trouverez les paroles en dessous, avec une traduction de mon cru :)

Lacrimosa (4x) dies illa,
Qua resurget ex favilla
Judicandus homo reus.
Huic ergo parce, Deus:
Pie Jesu Domine,
Dona eis requiem.
Lacrimosa Lacrimosa…
———–
Ah! Quel jour de tristesse et de larmes
Où l’Homme coupable,
s’élevant de ses cendres,
Doit être jugé.
Epargnez-le, Ô Dieu!
Jésus, Seigneur de Miséricorde
Donnez-leur le repos éternel.
Des larmes, des larmes…

John Rutter – The Lord is my Shepherd

Né à Londres en 1945, John Rutter est un compositeur britannique connu principalement pour ses oeuvres vocales. Vous avez eu l’occasion d’entendre une de ses oeuvres si vous avez suivi le mariage légèrement médiatisé du Prince William et de Catherine Middleton.

Rutter s’inspire largement de la musique pour choeurs, anglaise et française, du début du XXème siècle, et de ce qu’on appelle en Angleterre ou aux Etats-Unis ‘light music’, une forme de musique orchestrale généralement assez courte et considérée comme un peu moins « sérieuse » que ‘la musique classique’, toujours très noble et apparaissant parfois comme moins accessible aujourd’hui. Heureusement qu’il existe des blogs très sérieux pour démontrer le contraire.

Voici une oeuvre un peu triste certes, mais superbe, dont vous trouverez les paroles en anglais ci-dessous.

The Lord is my shepherd, therefore can I lack nothing.
He shall feed me in a green pasture; and lead me forth beside the waters of comfort.
He shall convert my soul; and bring me forth in the paths of righteousness, for his Name’s sake.
Yea, though I walk through the valley of the shadow of death, I will fear no evil; for thou art with me; thy rod and thy staff comfort me.
Thou shalt prepare a table before me against them that trouble me; thou hast annointed my head with oil, and my cup shall be full.
But thy loving-kindness and mercy shall follow me all the days of my life; and I will dwell in the house of the Lord for ever.

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Domine Jesu Christe

mozart requiemAujourd’hui, faisons, tel un retour aux sources, une petite pause sur l’immense oeuvre finale de Mozart: son Requiem en ré mineur. Ce morceau est une prière poétique adressée directement à Jésus-Christ, dont vous retrouverez les paroles sous la vidéo, suivie de leur traduction!

Cette version est assez rapide, mais je la trouve appropriée car il me semble (j’ai peut-être tort) que Mozart voulait mettre de l’énergie dans ce morceau.

Domine, Jesu Christe, Rex gloriae,

libera animas omnium fidelium defunctorum,

de poenis inferni, et de frofundo lacu;

libera eas de ore leonis,

ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum,

sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam,

quiam olim Abraehae priomisisti et semini ejus.

Seigneur Jésus Christ, roi de gloire,

libère toutes les âmes défuntes des fidèles

des peines infernales, et du puits sans fond ;

libère-les de la gueule du lion,

qu’ils ne soient avalés par le Tartare, ni ne tombent dans l’obscurité,

Et St Michel, ton héraut, les conduise en la lumière sacrée,

ce qu’à Abraham tu as promis, et à sa lignée.

Francis Poulenc – Litanies à la Vierge Noire

Francis PoulencPar Eglantine – Audituri Te Salutant!

En août 1936, Francis Poulenc apprend la mort d’un des ses amis compositeur, Pierre-Octave Ferroud, dans un grave accident de voiture. Cette disparition affecte énormément Poulenc qui se met à douter de sa foi religieuse. A l’occasion d’un pèlerinage sur les chemins de Compostelle, une étape l’ammene à Rocamadour. C’est en voyant dans le sanctuaire la Vierge Noire qu’il recouvre la foi et compose très rapidement les litanies à la Vierge Noire sur le texte des litanies à la Vierge Noire récité par les pèlerins.
Pièce composée pour choeur de femmes et accompagnée par un orgue, c’est une des oeuvres majeures du compositeur marquant un retour à la musique sacrée. Cette prière à la Vierge est qualifiée par son auteur de « très spécial[e], humble et je crois saisissant[e] ».

Andrew Lloyd Webber – Requiem – Hosanna

Andrew Llloyd WebberVoici un morceau assez original, composé par le britannique Andrew Lloyd Webber (né en 1948), plus connu pour ses comédies musicales. Cet Hosanna est tiré d’une messe de Requiem qu’il a composée en mémoire de son père, mort trois ans auparavant la création de l’oeuvre en 1985.

Il commence très joyeusement, et la musique monte au fur et à mesure, comme la louange proclamée par le chant… Difficile de ne pas être entraîné!

Je vous présente deux vidéos : la première, de bien meilleure qualité avec Placido Domingo au chant et Lorin Maazel à la baguette, deux grands noms de la musique classique…

Malheureusement, cette première version est coupée dès que la partie joyeuse s’achève… Or, la deuxième partie de cet Hosanna est bien plus sombre, et resitue d’une certaine manière l’Hosanna dans le cadre d’une messe de Requiem… Il est donc intéressant d’écouter cet Hosanna dans son ensemble, c’est pour cela que vous trouverez une deuxième vidéo, certes de moins bonne qualité, mais qui a le mérite d’être complète!