Jean-Sébastien Bach – Oratorio de Pâques – Sinfonia

Jean-Sébastien BachProfitons de ce week-end de Pâques pour continuer à explorer l’oeuvre sacrée de Bach. Après l’extrait de la Passion selon Saint Matthieu qu’il seyait d’écouter vendredi, voici maintenant un morceau plus joyeux, tiré de l’oratorio de Pâques (BWV 249), en l’occurence la Sinfonia, qui ouvre l’oeuvre. L’oratorio reprend le passage de l’Evangile selon Saint Jean où les apôtres Pierre et Jean courent au tombeau de Jésus, après que Marie-Madeleine leur a annoncé que celui-ci était vide.

Bon week-end à tous !

Jean-Sébastien Bach – Passion selon St Matthieu – Erbarme dich Mein Gott

reniement de Saint Pierre - tableau du Caravage
Le Caravage – Le reniement de Saint Pierre

Vendredi Saint oblige, nous vous proposons ce soir un extrait de la superbe passion selon Saint Matthieu de Bach, dont nous vous avions présenté l’ouverture.

Ce soir, le passage choisi correspond aux larmes pleines de remords de Pierre, se rendant compte qu’il a renié Jésus par trois fois, comme celui-ci le lui avait annoncé. Les paroles, et un semblant de traduction :

Erbarme dich, mein Gott, Aie Pitié mon Dieu
um meiner Zähren willen! Devant mes larmes!
Schaue hier, Herz und Auge Vois donc mon coeur et mes yeux
weint vor dir bitterlich. Qui pleurent amèrement devant toi.
Erbarme dich, mein Gott. Aie pitié, mon Dieu.

C’est le célèbre contretenor allemand Andreas Scholl qui interprète ici cet air.

Morten Lauridsen – O magnum mysterium

L'étoile qui a guidé les rois magesEn ce jour de Noël, nous vous proposons d’écouter l’oeuvre O magnum mysterium, de la main du compositeur américain Morten Lauridsen (né en 1943). Ce n’est pas le premier O magnum mysterium que nous vous proposons sur lamusiqueclassique.com, le dernier en date étant celui de Tomas Luis de Victoria. ce chant contemplatif grégorien est chanté lors des matines de Noël.

En voici une version interprétée par l’ensemble vocal Les Métaboles, choeur de très grande qualité, que j’ai eu le plaisir d’écouter chanter dernièrement. Composé de jeunes professionnels chantant a cappella, il s’intéresse notamment au répertoire des XX° et XXI° siècle.

Joyeux Noël à tous !

 

Pour ceux qui souhaitent suivre, voici les paroles en latin, et la traduction.

O magnum mysterium,
et admirabile sacramentum,
ut animalia viderent Dominum natum,
jacentem in praesepio!
Beata Virgo, cujus viscera
meruerunt portare
Dominum Christum.
Alleluia.

O grand mystère,
et admirable sacrement,
que des animaux voient leur Seigneur nouveau-né,
couché dans une mangeoire!
Heureuse Vierge, dont le sein
a mérité de porter
Le Christ Seigneur.
Alleluia!

Tomás Luis de Victoria – O Magnum Mysterium

Tomas Luis de VictoriaEncore de la musique « mystique » ce soir, avec cette magnifique messe polyphonique. C’est la première fois que nous publions une composition de Tomas Luis de Victoria. Vous allez voir, il n’est pas aussi connu qu’il le mérite.

Ce morceau sera également interprété au concert que je co-organise ce vendredi 11 décembre à St-Louis-en-l’île, au bénéfice d’une école au Cambodge. Venez, je serai à la billetterie et ravi de vous rencontrer!

Arvo Pärt – Magnificat

galaxie sur lamusiqueclassique.com

Moment sublime de musique éthérée ce soir, avec le Magnificat d’Arvo Pärt. Nous vous avions notamment déjà présenté Spiegel im Spiegel, sans doute une de ses oeuvres les plus connues.

Comme le démontre une fois de plus le morceau du jour, ce compositeur estonien prend plaisir à créer de la musique simple, sans multiplications des procédés virtuoses. Mais son génie est d’arriver, malgré cela, à proposer des compositions d’une complexité émotionnelle inouïe et d’une profondeur quasi métaphysique.

Cela me rappelle un peu le Lacrimosa de Zbigniew Preisner… Peut-être parce que dans les deux cas, il suffit de fermer les yeux pour sentir son âme transportée vers des dimensions stellaires…

Ce morceau sera également interprété au concert que je co-organise le 11 décembre à St-Louis-en-l’Île, au bénéfice d’une école au Cambodge. Rien que pour ce morceau, ça vaut le coup de venir, non? ;-)

Ludwig Van Beethoven – Missa Solemnis (en intégralité)

BeethovenPar Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Otto KLEMPERER interprète la Grandiose MISSA SOLEMNIS de Ludwig Van BEETHOVEN (1770-1827) La Missa Solemnis. En juin 1818, l’archiduc Rodolphe, frère de l’Empereur François II, était élevé au rang d’archevêque d’Olmütz. Ce fidèle entre les fidèles (il conserva Beethoven comme professeur de piano quinze ans durant) demanda aussitôt à son mentor une musique pour cette occasion importante. Beethoven accepta l’entreprise avec enthousiasme (« Ce sera le plus beau jour de ma vie ») et songea lui-même à une messe pour l’intronisation qui devait intervenir le 9 mars 1820.Se mettant avec ardeur au travail, Beethoven remit la messe à son illustre commanditaire…en 1823, après cinq années de dur labeur. Le maître avait-il sous-estimé l’ampleur de la tâche ou, à l’inverse, ne s’en était-il que trop rendu compte? En effet, s’il fut en partie retardé par des préoccupations domestiques, il semble que la partition ait pris une ampleur qu’il n’avait guère prévue au départ, de par la nature même du texte canonique. Car le texte était le fondement absolu de l’ouvrage.

Le « grand Moghol » qui entendait mener très tôt sa légendaire « révolution expressive », figurait parmi les censeurs estimant la musique sacrée de son temps trop influencée par l’opéra italien, proclamant qu’elle avait tout intérêt à se tourner vers les maîtres anciens et leur manière contrapuntique. Il pense en premier au plain-chant (« Pour écrire de la vraie musique d’église, parcourir tous les chorals d’église des moines »). Mais bientôt les modèles haendéliens lui paraîtront plus en accord avec ses conceptions personnelles. Il relit attentivement le Messie dont il recopie même des thèmes au milieu de ses esquisses.La messe s’érige peu à peu en un monument cyclopéen dépassant largement tout cadre liturgique, le compositeur affirmant franchement qu’elle pouvait parfaitement être donnée hors du cadre ecclésiastique.

L’impact de la Missa Solemnis repose très largement sur l’extraordinaire enchaînement de cellules rythmico-mélodiques relativement brèves et opiniâtrement transformées, ainsi qu’une palette dynamique d’une variété et d’une précision frappantes. C’est sans doute la juxtaposition entre éléments archaïques et modernité, et la tension qui en résulte qui font tout le prix de cette oeuvre. « C’est l’oeuvre la plus grande que j’ai composée jusqu’ici » s’exclama Beethoven. Il faut bien constater que, deux siècles après, aucune partition postérieure ne peut prétendre à une telle hauteur de vue.Klemperer unifie l’ouvrage vers une majesté sévère hiératique. Les tempos sont très larges; la prise de son favorise les choeurs et les détails instrumentaux apparaissent avec suffisamment d’évidence (saluons le premier violon de l’orchestre pour sa prestation durant le Sanctus). Le quatuor vocal réunit légèreté et rudesse. Les phases fuguées du Crédo, du Gloria, le scherzo instrumental de l’Agnus éclatent  triomphalement, projetant force et rigueur sur l’ensemble de la partition. Le grand Wilhelm Furtwängler n’avouait-il pas ses hésitation devant une oeuvre qu’il jugeait « trop grande pour être dirigée par un être humain » ? Otto Klemperer attendra la fin de sa vie pour relever un défi comparable à l’ascension de l’Everest inscrivant dans le marbre « La version de référence ».

Source : livret EMI rédigé par Philippe Andriot. Yutha Tep de Cadences. Dictionnaire des disques et des compacts Diapason.

Giovanni Battista Pergolesi – Stabat Mater – Quando Corpus Morietur & Amen

Stabat MaterChers auditeurs/lecteurs, l’oeuvre d’aujourd’hui fut rapidement considérée comme un sommet de l’époque baroque. Mais son créateur, le jeune Pergolèse, n’en profita jamais car il mourut deux mois après l’avoir composée dans un monastère, à 26 ans, atteint d’une méchante tuberculose.

Il y a presque 4 ans, nous vous avions présenté l’introduction de ce même Stabat Mater, intitulée Stabat Mater Dolorosa. Pour rappel, cette oeuvre liturgique évoque Marie, mère de Jésus, souffrant au pied de la croix de son fils.

Aujourd’hui, c’est la conclusion que nous vous proposons. Afin d’apprécier davantage le sens derrière le son, je vous mets les paroles sous la vidéo.

Cette musique est l’une de mes préférées dans le registre de la musique sacrée. Je trouve le final, avec tous les « Amen » qui s’enchevêtrent, particulièrement éblouissant.

Quando corpus morietur (A l’heure où mon corps va mourir)

Fac ut animae donetur (A mon âme, fais obtenir)

Paradisi gloria (la gloire du paradis).

Amen, Amen….. Amen!