Alfred Schnittke – Suite dans l’Ancien Style – Menuet

On termine la journée avec un joli de morceau de Schnittke, qui nous avait déjà habitué à pas mal de belles choses… Ici, le grand compositeur de musiques de film qu’il est nous montre à nouveau sa grande habileté musicologique : écrire des morceaux qui auraient pu être composés par les plus grands noms du baroque. Force est de constater qu’il y arrive bien, et on se ferait limite avoir… si un piano, instrument qui n’existait pas à l’époque baroque, ne jouait pas derrière !

Bonne nuit à tous !

Luigi Boccherini – Menuet

Boccherini est considéré par tous comme le meilleur violoncelliste de son temps. L’artiste et compositeur italien se forma d’abord en Italie (où il fut par exemple très touché par le célèbre Miserere d’Allegri), avant de connaître un succès formidable auprès de l’aristocratie française puis espagnole. En 1770, il devint le violoncelliste de la cour du roi d’Espagne (Charles III), après s’être fait repérer par l’infant Don Luis, frère du roi.

C’est l’année suivante que Boccherini écrivit ce menuet, qui n’eut pas de succès à l’époque. Il fallut attendre les années 1860 pour qu’il soit apprécié à sa juste valeur !

Boccherini était reconnu par ses contemporains comme un très grand artiste et compositeur, et beaucoup essayèrent justement de l’empêcher d’accéder à la cour espagnole, par jalousie pour l’italien. Le mariage de Don Luis a entraîné son départ de la cour de Madrid, mais il parvient plus tard à devenir le compositeur du prince héritier de Prusse, Frédéric-Guillaume II !

Comme le montre cette citation de J-B Cartier (compositeur français de la cour), Boccherini était reconnu et admiré par ses contemporains : « Si Dieu voulait parler aux hommes par la musique il le ferait avec les œuvres de Haydn ; pourtant s’il voulait écouter de la musique Lui-même, il se déciderait pour Boccherini. »

Bonne écoute !

Georges Bizet – L’Arlesienne Suite N° 1 – Menuet, Allegro giocoso

Bizet a composé l’Arlésienne pour accompagner la pièce de théâtre éponyme d’Alphonse Daudet. Ce genre musical, ancêtre de la musique de film, est qualifié de musique de scène. L’Arlésienne d’Alphonse Daudet n’a pas connu de succès majeur, mais la musique de Bizet, elle, a été très appréciée du public.

On devinerait presque, à l’écoute des mélodies du morceau, la trame de la pièce d’Alphonse Daudet : l’amour malheureux d’un garçon pour une jeune fille d’Arles, qui le conduira au suicide. En effet, les airs graves des  bassons et clarinettes (1:30) semblent préconiser la fin dramatique.

Bonne écoute :)

Johann Sebastian Bach – Petits livres de notes d’Anna Magdalena Bach – Menuet en Sol majeur

Bach et sa familleUn peu d’histoire aujourd’hui! Le génie du baroque, Bach, père de 4 enfants, mais ayant perdu sa femme à 36 ans,  décida de se remarier avec Anna Magdalena Wilcke, une jeune cantatrice de seize ans sa cadette. On sait bien peu de choses de la vie d’ Anna Magdalena, à l’ombre du grand Bach, si ce n’est qu’elle mettra au monde treize enfants, dont deux deviendront des musiciens de talent. Dernier enfant d’un trompettiste, elle est, elle aussi, issue d’une famille très musicienne. Comme on peut s’en douter, on faisait donc beaucoup de musique chez les Bach, et le témoignage le plus attachant de cette pratique musicale privée (ou Hausmusik en allemand) reste le « Petit livre d’Anna Magdalena Bach ».

Lorsque Bach offrit ce recueil de piécettes à sa femme, ce n’était encore qu’une ébauche. Au fil du temps, Bach et sa femme ont ensemble complété le cahier qui contient aujourd’hui de multiples menuets, arias, polonaises,… sans difficulté technique particulière, ce qui explique que plus d’un apprenti musicien ait reçu ses premières leçons de piano en travaillant sur ce recueil.

Mélodie simple, donc, mais qui n’en est que plus belle!

Georg Friedrich Haendel – Music for the royal fireworks

Handel a composé cette suite sur commande du roi Georges II de Grande-Bretagne en 1749 à l’occasion des feux d’artifices célébrant la fin de la guerre de succession autrichienne et la signature du traité d’Aix la Chapelle.

Nous vous proposons ici l’écoute des troisième et quatrième mouvements – la paix (largo alla siciliana) et la Réjouissance (allegro). Il s’agit d’une interprétation de l’orchestre symphonique de la BBC dirigé par Sir Andrew Davis ainsi que des musiciens . Cette oeuvre a été notamment jouée lors du Jubilé de la Reine d’Angleterre en 2002.

Vous remarquerez la synchronisation précise entre le lancement des feux d’artifices et le dernier mouvement de l’extrait bien connu: la Réjouissance…