Félix Mendelssohn – Prélude et fugue en Mi mineur

MendelssohnCe soir, restons en compagnie du piano, avec Mendelssohn, grand artiste allemand contemporain de Chopin, Liszt et Schumann. Mendelssohn a beaucoup composé pour piano (souvenez-vous de ses romances sans parole) et a participé de ce mouvement créatif qui a consacré le piano comme Roi des instruments. Il est traditionnellement rangé, et à raison, parmi les compositeurs romantiques. Pourtant, vous allez voir, le morceau du jour montre un goût certain pour les procédés baroques, tels que le contrepoint.

Après une introduction toute romantique, le jeune Félix (le morceau aurait été composé quand il avait environ 20 ans) nous propose quelque chose qu’une oreille peu avertie pourrait aisément confondre avec du Bach, surtout si c’était joué sur un clavecin… Quelle maîtrise étonnante pour un compositeur si jeune.

J. S. Bach – Le Clavecin bien tempéré – Livre 1 n°24

Le Clavecin bien tempéré, c’est un peu le Bescherelle des jeunes pianistes de nos jours. Vous ne trouverez pas mieux pour exercer votre oreille à la logique du rythme et des harmonies qui fondent la musique classique.

Mais, comme en témoignent le prélude déjà présenté et cette belle fugue, ces morceaux n’en demeurent pas moins très agréables à écouter. Laissez-vous apaiser par la douceur de cette fugue en cette fin de journée de labeur!

César Franck – Prélude, Fugue et Variations

Ce soir, un morceau très connu, d’une grande beauté, qui ne pourra que vous plaire : il s’agit du « Prélude, Fugue et Variation » de César Franck, dont les précédents articles ont dû vous faire voir son grand attachement pour la musique religieuse (quand bien même il vivait à l’époque romantique, beaucoup plus « séculière » que l’époque baroque par exemple). C’était bien sûr une manière d’exercer son instrument de prédilection, l’orgue, dont il fut l’un des maîtres incontestés de l’Europe au XIXe siècle. Dédié à son ami Camille Saint-Saëns, ce morceau est décomposé en trois parties, qui se jouent généralement à la suite; il reprend la forme, le style, et les techniques musicologiques familiers à Bach. Ainsi, la Fugue (3:11) donne lieu à l’incontournable développement contrapuntique que les baroques ont exploité durant le XVII-XVIIIe siècle. Quant aux Variations (qui arrivent à la sixième minute environ), une ligne « intermédiaire » s’infiltre dans le thème et la basse initiaux. Bref, une bien belle performance qui permit aux auditeurs de Franck de faire un énorme saut en arrière, à l’époque des grands organistes baroques. Ce « saut », on espère que vous le ferez aussi, du moins pendant la durée de ce morceau !