Béla Bartók – Six danses populaires roumaines

Danses roumainesBéla Bartók n’est pas le compositeur le plus célébré du XX° siècle. Pourtant son oeuvre a laissé une trace importante. Contemporain de Rachmaninov, il fut comme lui, un héritier de Liszt et de Brahms, dans la mesure où il s’intéressa de près aux thèmes de musique populaire telle qu’on peut les trouver dans les villages de Hongrie.

L’oeuvre du jour fait référence à la Roumanie. A l’origine, cette suite de danses au piano devait s’intituler « Danses populaires roumaines de Hongrie ». Mais il faut préciser qu’à l’époque, l’Autriche-Hongrie dominait sur une partie de la Transylvanie, territoire culturellement roumain.

Prêtez l’oreille car le travail de Bartok est vraiment remarquable. Il nous livre 6 thèmes qui nous transportent miraculeusement au coeur de la Transylvanie.

En dessous, un autre enregistrement, vieux de plus de 100 ans, et apparemment réalisé pour les besoins de Bartok lui-même! La qualité est exécrable mais cela vaut l’écoute pour imaginer comment Bartok étudiant la musique de son peuple…

Michael Praetorius – Terpsichore Musarum

Continuons avec un peu de baroque et un compositeur plutôt méconnu : Michael Praetorius (1571-1621).

D’origine allemande, Praetorius a été avant tout un compositeur prolifique de musique religieuse, laissant plus de mille oeuvres vocales et instrumentales et perpétuant avec brio la tradition du choral luthérien – sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir bientôt. Organiste renommé, il participa aussi à introduire le style italien (plus particulièrement de l’école vénitienne) au sein de la musique allemande, produisant un résultat fort heureux avec les célèbres motets à double choeur.

Mais Praetorius a également laissé une oeuvre de musicologie immense, le Syntagma musicum, une encyclopédie très exhaustive sur les genres musicaux depuis l’Antiquité ainsi que les instruments de musique, qui est encore d’un intérêt considérable pour les spécialistes d’aujourd’hui.

En ce qui nous concerne, nous n’allons pas étudier cet ouvrage en détail (je sais bien que c’est la rentrée des classes et que vous êtes motivés pour travailler, mais bon :) ) mais allons écouter deux morceaux tirés de Terpsichore Musarum, un fameux recueil de danses, avec de belles sonorités folkloriques sur instruments d’époque – on retrouve là l’esprit encyclopédiste du compositeur, qui a fait ses recherches et collecté ces trésors auditifs pour la postérité. Petit rappel mythologique, Terpsichore est la Muse de la Danse, enjouée et virtuose de la lyre, qui dirige avec son instrument le tempo de ses pas.

Camille Saint-Saëns – Tarentelle pour flûte, clarinette et piano op.6

Il serait temps de vous parler de la tarentelle, célèbre danse originaire du Sud de l’Italie, connue pour son tempo très dynamique, aux mélodies joyeuses et entraînantes, qu’on jouait lors de cérémonies visant à guérir les gens de la morsure d’une grosse araignée, la fameuse tarentule…

Bien qu’on émette toutes nos réserves sur les qualités thérapeutiques de ces déhanchements, on ne saurait mettre en doute la bonne humeur qu’un tel morceau pourra vous transmettre ! Avec Saint-Saëns, en plus, qui a eu la bonne idée de marier piano, clarinette et flûte, voilà de quoi illuminer durablement votre soirée !

Enrique Granados – Danzas Españolas – Andaluza

Un petit coup de musique espagnole pour illuminer votre soirée… Cette fois, revenons à Granados et à ses célèbres Danses Espagnoles, qui sont un hommage ardent à la patrie du compositeur. On peut dire qu’elle sont à Granados ce que la Suite Espagnole est à Albéniz : une évocation des régions pittoresques de l’Espagne par la musique et l’émotion qu’elle communique. Mais quand le style albénizien reste somme toute de toute propreté, laissant transparaître, à défaut d’une sensualité passionnée, quelques influences impressionnistes, Granados offre une signature donnant beaucoup plus dans le chatoyant, l’ondulation des formes, même parfois l’érotisme.

On ne lui reprochera pas son manque de traditionalisme : après tout, les danses espagnoles sont, aujourd’hui encore, un symbole de la nation ibérique et ont alimenté moult fantasmes en Occident, par leur élégance à demi-voilée de mystère et de mystique. Cela dit, on remarquera que Granados donne assez peu dans le cliché d’une Espagne « carte postale ». D’une part, on notera qu’aucune des danses de l’opus n’ont été composées pour la guitare, instrument si typé « espagnol ». D’autre part, on remarquera qu’ « Andaluza », à l’inverse d’autres morceaux qu’on ne citera pas ici, ne donne pas l’envie spontanée de se lever et esquisser des pas à peine travaillés : comme quoi on peut apprécier une belle danse, composée dans une optique savante, sans nécessairement tomber dans la vulgarité et dans le cliché d’un mauvais flamenco.

On espère que vous apprécierez… En attendant, à bientôt pour d’autres morceaux de cette époque où comme ici, la musique espagnole renaît, vêtue de son plus bel attirail !

Edvard Grieg – Danse Symphonique n°1

Aujourd’hui, lamusiqueclassique.com vous emmène en Norvège, mère patrie du grand Grieg, également créateur du fameux Peer Gynt.

Grieg composa cette pièce en même temps que 3 autres danses en 1896, pour piano, avant de les adapter pour le grand orchestre, et pour notre plus grand plaisir auditif!

Comme Sibelius, Liszt, Bartok, Brahms, Granados et bien des Russes de cette époque, Grieg lui aussi fait appel aux thèmes populaires de ses racines ethno-géographiques, ou à d’autres musiques folkloriques de la région. Fermez les yeux et laissez vous emmener dans le survol des fjords et des villages scandinaves…

Il me semble que ce type de morceau est révélateur de la musique de cette époque, encore romantique à bien des égards, mais déjà moderne par instant. Grieg rejoindrait ainsi Smetana, Mahler, Dvorak, Tchaikovski, la bande des Cinq etc. dans ce mouvement de transition. Qu’en pensez-vous?

Attention, ça réveille!

Antonín Dvořák – Danses Slaves – Op. 46, danse N°1

Antonin Dvorak, célèbre compositeur tchèqueEncore un déluge de feu sur lamusiqueclassique.com aujourd’hui, avec la première danse slave composée par le Tchèque Antonin Dvorak. Né en Bohème, il a alors la quarantaine et fait découvrir à l’Europe les intonations de la musique populaire slave.

Le fait d’aller chercher des thèmes folkloriques dans ses racines ethniques ou nationales est typique de ette époque romantique. Liszt et Brahms avaient en parti bâti leur célébrité par les rhapsodies hongroises!

Vous allez vous régaler avec ce morceau: ça tourne et ça bouge, bref on a envie d’inviter quelqu’un à danser!

On ne peut qu’apprécier la gestuelle et l’apparence du très charismatique chef d’orchestre Seiji Ozawa! Grande, Maestro!

Série des Divertissements 2/4 – Piotr Ilitch Tchaïkovski – Casse-noisette – Danse arabe (café)

Nous poursuivons notre série en Orient avec cette danse lente, berçante, et qui m’ évoque les charmeurs de serpents d’Afrique du Nord. La chorégraphie se détache totalement du reste du ballet, les corps des danseurs rappelant sans cesse des formes géométriques. Là où les danseuses occidentales ne jurent que par la courbe et les lignes droites, on note ici l’omniprésence d’angles que forme le couple.

Bonne écoute !