Série des Divertissements 2/4 – Piotr Ilitch Tchaïkovski – Casse-noisette – Danse arabe (café)

Nous poursuivons notre série en Orient avec cette danse lente, berçante, et qui m’ évoque les charmeurs de serpents d’Afrique du Nord. La chorégraphie se détache totalement du reste du ballet, les corps des danseurs rappelant sans cesse des formes géométriques. Là où les danseuses occidentales ne jurent que par la courbe et les lignes droites, on note ici l’omniprésence d’angles que forme le couple.

Bonne écoute !

Série des Divertissements 1/4 – Piotr Ilitch Tchaïkovski – Casse-noisette – Danse espagnole (chocolat)

Début de la série des divertissements en quatre parties aujourd’hui ! La série des divertissements est une partie célèbre du troisième tableau de Casse-noisette. Nous vous avions déjà présenté la danse des mirlitons, qui fait suite aux quatre premières danses de la série des divertissements du ballet. Celles-ci se réfèrent à des pays ou zones géographiques (ainsi qu’à leurs produits typiques pour les trois premières).

1ère danse aujourd’hui : la danse espagnole (chocolat). À 0’34, on voit apparaître un  accompagnement typique des ballets de Tchaïkovski, suivi très vite de cuivres aux accents espagnols. Après 1’06, place aux violons romantiques sur un air typique de Piotr, à noter tout de même le claquement des castagnettes sur les deuxième et troisième temps.

A noter également les robes des ballerines couleur chocolat, comme pour rappeler le titre de cette danse. Bonne écoute et à demain pour la danse arabe (café) !

Piotr Tchaikovski – Le Lac des Cygnes – Valse

On se retrouve ce soir avec une valse du fameux Lac des Cygnes, du vénérable Tchaikovski ! Traditionnellement, en représentation, il s’agit du 3e morceau programmé et celui-ci constitue une pièce incontournable à l’oeuvre. Cette élégante et mémorable valse survient à un moment particulier : elle dépeint un bal donné en l’honneur de Siegfried, le héros, qui arrive à sa majorité et qui doit donc subir l’épreuve de se choisir une moitié parmi la légion de jeunes filles en fleur invitées pour l’occasion. Le problème – je vous le donne en mille – c’est que Siegfried, héros romantique et passionné, se montrera insensible à cette atmosphère surannée, limite posh. Contre les commandements de ses nobles parents, il s’offusquera de ne pouvoir choisir sa dulcinée par amour et ses atermoiements le conduiront dans les bois où il croisera Odette, transformée en cygne par le sorcier Rotbarth…

En attendant, rien n’empêche d’éprouver un sentiment d’agréable à l’écoute de cette valse particulièrement brillante et efficace sur le plan mélodique. Les différents thèmes sont percutants et enchanteurs, témoignant du grand talent qu’avait Tchaikovski de produire des « tubes » à son époque… A n’en point douter, si Piotr vivait aujourd’hui, il ferait un sacré carton dans les bacs !

André Grétry – Zémire et Azor – « Du moment qu’on aime… »

Aujourd’hui, honneur à la Belgique! Après Dussek, voici un autre compositeur qui fut très distingué de son vivant, mais qui sombra quelque peu dans l’oubli après sa mort. André Grétry, car tel est son nom, a en effet occupé des positions très hautes dans la hiérarchie musicale de son époque : directeur musical de la reine Marie-Antoinette, il ne fut même pas inquiété pendant la Révolution et reçut de surcroît la Légion d’Honneur des mains de Napoléon Bonaparte en 1802. Ses opéras-comiques étaient fort réputés et son autorité grandissante l’amena à tenir les plus hauts rangs du Conservatoire de musique en France. A Liège, d’où il est originaire, l’Académie de Musique porte son nom.

Hélas, en France, où il a fini ses jours – il est enterré au Père-Lachaise – son nom n’est qu’insuffisamment rutilant : la faute à son style, qui est demeuré très baroque, dans une époque où germaient déjà les doux murmures du cœur romantique qui feront les beaux jours de Chopin et de Liszt…

Mais c’est un grand plaisir, pour nous, de vous le faire découvrir en même temps que cet air extrêmement charmant. Zémire et Azor reprend les grandes lignes du conte de Mme Leprince de Beaumont, la Belle et la Bête. La jolie Zémire est contrainte d’épouser Azor, dont l’allure la révulse, mais l’amour triomphera lorsqu’Azor révèle sa belle âme intrinsèque qui éclipse sur le champ sa laideur extrinsèque. Dans cet air, Azor chante sa passion à sa dulcinée et lui promet sa dévotion. Il lui octroie l’assurance que l’amour tarira l’hubris en lui… « du moment qu’on aime » ! Oui, moi aussi j’aime les contes de fées.

Le ténor Roberto Alagna chante ici, accompagné de l’Orchestre de Paris. Admirez sa diction et la qualité de sa voix travaillée, qui donnent un relief inouï à cet air qui ne vous laissera pas indifférent.

Vous vous demandez où j’ai bien pu entendre cette petite merveille ? Dans un film québécois, intitulé l’Âge des Ténèbres, de Denys Arcand. Un très beau film qui vous aidera à exorciser les crises existentielles, si jamais vous êtes amené à en vivre.

Christoph Willibald Glück – Don Juan – Danse des Spectres et des Furies

Christoph Willibald GlückPar Paul-Louis Andres – Audituri Te Salutant!

Un coup d’œil aujourd’hui sur un passage plutôt méconnu de l’œuvre de Glück.

D’abord parce que ce Don Juan ou le Festin de Pierre est presque contemporain de l’opéra italien d’un certain Mozart, don Giovanni. Et avouons le, le Don Juan de Glück n’est pas la merveille de son contemporain autrichien.

Il n’empêche que ce ballet inspiré de la pièce de Molière est plus que remarquable, notamment pour les morceaux finaux de cette œuvre qui en compte trente, et qui illustrent le Souper chez le Commandeur et, surtout, la Mort de Don Juan.

Arrêtons-nous sur cette mort, et la Danse des Furies qui accompagne l’engloutissement éternel du séducteur, en attendant un calme final tellement surprenant, mais si rassurant, le calme qui vient après la justice divine.

Il y a comme un goût de Quatre Saisons et d’orage d’été dans les saccades obstinées des cordes soulignées par le clavecin et des violoncelles très vivaldiens. Le tout enveloppé par la majesté un peu pincée des cuivres qui peignent la grandeur du Juge, du créateur, face au refus froid de Don Juan de se repentir.

Un combat bref, perdu d’avance, qui va toucher au romantisme au plus fort de l’acte, mais meurt dans le calme d’une cadence classique.

Place au châtiment !

NB : Pour ceux qui utilisent Spotify, l’intégralité de l’œuvre (version remarquable de JE Gardiner) est disponible sur ce service :  http://open.spotify.com/album/5hEG7HV7w5ddrg7g7NeAim

Leo Délibes – Sylvia « Pizzicati » (Gavotte)

Situé au dernier des trois actes du ballet « Sylvia ou La Nymphe de Diane », le « Pizzicati » est une des œuvres majeures de Delibes. Le livret de ce ballet est souvent considéré comme médiocre, car le scénario, qui met en scène des dieux et déesses de la mythologie, est assez simpliste. Cependant, Tchaïkovski lui-même, qui a donné ses lettres de noblesse à la musique de ballet, admirait le ballet de Délibes pour ses mélodies envoutantes.

L’extrait que nous vous proposons aujourd’hui n’est pas lié à la trame du scénario, il fait office de « divertissement » au milieu du dernier acte. Le titre du morceau fait référence à la technique employée par les instruments à corde de l’orchestre : le pizzicato (de l’italien « pincé ») consiste en effet à jouer les cordes avec les doigts de la main droite au lieu d’utiliser l’archet.

Igor Stravinsky – Le Sacre du Printemps – Introduction

Igor StravinskyRetrouvons aujourd’hui le compositeur russe et décisif pour la période moderne et tout le XX° siècle, Igor Stravinsky, que nous avions découvert avec l’Oiseau de feu. L’idée du Sacre du Printemps lui était d’ailleurs venue lors de l’écriture de ce conte musical.

Ce ballet se veut une représentation musicale de rites païens dans l’antiquité slave. Stravinsky laisse aller son imagination et explore de nouveaux rythmes, cherche des harmonies innovantes et évocatrices, afin de mettre en scène des danses, des jeux, des invocations, et à la fin le sacrifice d’une jeune fille pour s’attirer les faveurs du dieu Iarilo (dieu slave de la nature).

La vidéo que nous vous proposons est tirée de Fantasia (Walt Disney). Les dessinateurs font un choix de figuration très différent puisqu’ils choisissent de mettre en image la création du monde (si vous avez vu Tree of Life, vous pourrez faire une petite étude comparée des deux visions!)