Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano n°29 : Hammerklavier

Hammerklavier. Littéralement, « piano-marteau ». Mais l’allemand donne à ce terme le sens de piano-forte. Beethoven a d’ailleurs choisi ce titre pour rappeler à l’Europe l’origine allemande de cette nuance (cordes frappées). Ecouter les premiers accords de cette sonate suffit amplement pour comprendre l’utilisation du Hammerklavier qui en est faite.

La composition de cette sonate date de l’époque où Beethoven était devenu totalement sourd. Il y a quelque chose de fascinant à penser que le compositeur jouait avec les nuances alors qu’il ne pouvait les entendre. On n’a pas de mal à se chanter une mélodie dans notre tête, mais essayez donc d’en varier le volume sonore. Personnellement, j’y vois les limites de mon imagination et l’infini génie de Beethoven  !

Un mot enfin sur le caractère complet de l’oeuvre. Jonglant de fortissimo à pianissimo, de mélodies gaies à des airs nostalgiques, Beethoven a créé ici sa plus longue oeuvre pour piano (elle dure presque une heure !). Le pianiste et musicologue Paul Badura-Skoda en parle bien mieux que moi :   « La Hammerklavier est pour nous pianistes, ce que la neuvième symphonie est pour le chef d’orchestre: l’œuvre monumentale, l’œuvre culminante, ou, mieux encore, l’œuvre qui parcourt tout autant les profondeurs que les sommets. Aussi ne l’approchons-nous qu’avec respect ».


Rondò Veneziano – Musique baroque, instruments modernes

Nous profitons de ce vendredi, jour des vidéos « hors-jeu », pour vous faire découvrir ce groupe musical, formé il y a environ 30 ans. Ces musiciens mordus de baroque ont décidé de vivre avec leur temps, et d’user certes du violon et du hautbois (jusqu’à 1’53), mais également du synthétiseur (la suite de la vidéo). Cela permet peut-être de donner à certains le goût des harmonies baroques, à travers l’image de Venise à laquelle ils s’associent largement dans leurs déguisements et vidéos.

Bon week-end à tous !

J. S. Bach – Le Clavecin bien tempéré – Livre 1 n°24

Le Clavecin bien tempéré, c’est un peu le Bescherelle des jeunes pianistes de nos jours. Vous ne trouverez pas mieux pour exercer votre oreille à la logique du rythme et des harmonies qui fondent la musique classique.

Mais, comme en témoignent le prélude déjà présenté et cette belle fugue, ces morceaux n’en demeurent pas moins très agréables à écouter. Laissez-vous apaiser par la douceur de cette fugue en cette fin de journée de labeur!

Gioachino Rossini – Petite messe solennelle – Cum Sancto Spiritu

L’équipe Lamusiqueclassique.com s’est octroyée une semaine de répit en cette rentrée surchargée, mais compte bien reprendre de plus belle dès ce lundi. Merci de votre indulgence et désolé de l’absence !

RossiniAprès vous avoir présenté le fameux Kyrie, (à réécouter de toute urgence), voici le deuxième air célèbre de la petite messe solennelle de Rossini. Ici encore, nous faisons le choix de vous présenter une version orchestrale de l’œuvre, bien qu’elle ne fût initialement créée que pour un chœur, des pianos, et un harmonium (pour respecter la volonté première de l’auteur, ce n’est pas un harmonium mais un accordéon qui aurait accompagné les voix !).

Ce morceau vient clore le Gloire à Dieu de la messe, composé de 6 parties. Le thème du Cum Sancto reprend le thème du début du Gloria, comme pour faire écho, donner une fin logique à la louange, et se conclut, comme souvent dans ce Gloria, par une nuance forte, que révèlent les gestes énergiques du chef d’orchestre.

Bonne semaine à tous !

Schindler’s List- Pripetshok and Nacht Aktion

Nous profitons du jour « hors-jeu » pour vous présenter un deuxième morceau de la Liste de Schindler. Le premier était le thème, et nous avions omis de noter que le violoniste qu’on entend dans tout le film n’est autre qu’ Itzhak Perlman, dont nous vous avons tant parlé ! Les paroles de ce dernier concernant John Williams sont touchantes : « Je n’arrivais pas à comprendre comment John avait fait pour donner à chaque note une telle authenticité, je lui ai dit : « John, d’où cela t’es venu?! » « 

Ce n’est pas les notes de John Williams que nous vous présentons aujourd’hui, mais celle d’un chant yiddish, que le compositeur remet évidemment à sa sauce dans le film sur Oskar Schindler. La vidéo reprend les images tragiques du film, et pourtant j’ai le sentiment en l’entendant que c’est un chant d’espérance. Espérance peut-être symbolisée par le regard effrayé d’Oskar qui, intérieurement, se rend compte des responsabilités qui l’attendent…

Louis Vierne – Quintette pour piano et cordes

Grand spécialiste de musique pour orgue, Louis Vierne se situe à la frontière entre le romantique et le moderne. Outre ces quelques 1750 concerts d’orgue à Notre-Dame-de-Paris, il est également l’auteur d’autres types de pièces, à l’instar de ce funeste quintette.

Il compose ce morceau suite à la mort de son fils. Les rythmes et mélodies de l’oeuvre reflètent bien un processus de deuil. Ainsi, on ressent dès le début l’infinie douleur provoquée par la perte de cet être cher mort si jeune. On perçoit dans la suite une série de sons incohérents, qu’on peut relier au remords de lui avoir accordé l’autorisation de partir à la guerre ou à l’incompréhension devant une telle fatalité. Vers la fin, le rythme, s’apaisant, évoque une résilience, et le deuil se termine par une douce cicatrisation, un abandon exprimé par une mélodie plus lente et harmonieuse.

« J’édifie en ex-voto un quintette de vastes proportions dans lequel circulera largement le souffle de ma tendresse et la tragique destinée de mon enfant. Je mènerai cette œuvre à bout avec une énergie aussi farouche et furieuse que ma douleur est terrible, et je ferai quelque chose de puissant, de grandiose et de fort, qui remuera au fond du cœur des pères les fibres les plus profondes de l’amour d’un fils mort… Moi, le dernier de mon nom, je l’enterrerai dans un rugissement de tonnerre et non dans un bêlement plaintif de mouton résigné et béat. »

À vos mouchoirs !

Frank Martin – Messe pour double coeur – Agnus Dei

Changement de ton aujourd’hui avec une mélodie qui vous parlera sûrement en cette journée de pluie bien triste ! C’est l’occasion de vous présenter Franck Martin, grand nom du XXe, génie converti à la musique lors de l’écoute de la profonde Passion selon St Mathieu de Bach à l’âge de 12 ans. Ce dernier est devenu son mentor, et l’a poussé à la musique sacrée. Pour ma part, je mettrais sur un pied d’égalité beaucoup d’ œuvres sacrées de Bach et cet Agnus Dei de Martin. A vous d’en juger !