Dolce Suono soutient Esperanz’Arts !

Logo d'ESPERANZ'ARTSChers lecteurs/auditeurs,

Il y a un an, nous vous avions annoncé la création de l’association Dolce Suono, ayant pour vocation de tirer profit de l’audience de lamusiqueclassique.com pour récolter de l’argent destiné à financer une bonne cause ayant un lien avec la musique classique. C’est alors qu’étaient apparues quelques publicités discrètes sur notre site.

Nous avons choisi l’association que nous avons souhaité soutenir à l’issue de cette première année, et que nous vous invitons à découvrir. Il s’agit d’Esperanz’Arts, association à but non lucratif ayant pour mission d’amener l’art à des personnes exclues de la société, malades ou sans logement, au travers notamment de concerts et de rencontres sociales.

Merci à tous pour votre soutien et vos encouragements, car sans vous tout cela n’aurait pas été possible !

A bientôt pour un nouvel article,

L’équipe de lamusiqueclassique.com

Changement de logo: à vous de choisir!

Chers lecteurs-auditeurs,

Vous l’avez sans doute remarqué, nous avons récemment procédé à un petit changement de design du site. Ne manque désormais plus que la cerise sur le gâteau : le nouveau logo du site ! Et pour arrêter notre choix, nous avons décidé de faire appel à vous…

Voici les deux logos que nous soumettons à votre vote. Les votes sont ouverts jusqu’à la fin du mois d’avril. Merci d’avance !

L’équipe de lamusiqueclassique.com

choix logos la musique classique

 

Quel logo préférez-vous?

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Rencontres – Philippe Fournier

Philippe FournierEn décembre dernier, lamusiqueclassique.com a assisté à une représentation de Ma Vie avec Mozart d’Eric-Emmanuel Schmitt, qui avait lieu à la salle Gaveau, sous le parrainage du programme Esprit Musique de la Caisse d’Epargne. Avant la représentation, nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions au chef d’orchestre Philippe Fournier, qui était à la direction ce soir-là, à la tête de l’orchestre symphonique Confluences.

Premier prix du diplôme supérieur de direction d’orchestre de l’Ecole Normale de Musique de Paris en 1984 (école ou enseigna Mady Mesplé, que nous avions rencontrée il y a quelques mois), le chef d’orchestre Philippe Fournier est le fondateur et directeur musical de l’Orchestre Symphonique Lyonnais qui fête ses 26 ans cette année, et pour l’occasion change de nom pour devenir l’Orchestre Symphonique Confluences.

Ecoutez-vous les interprétations d’autres chefs d’orchestre avant de travailler une oeuvre?

Je n’en écoute généralement pas – ou, à quelques exceptions près, beaucoup! De toute façon, on a forcément déjà entendu d’autres interprétations; il y a d’ailleurs toujours une version que l’on préfère, généralement la première que l’on a découverte…

Comment travaillez-vous une nouvelle partition?

Je réalise toujours une analyse en 6 parties:

- analyse musicologique (on replace l’oeuvre dans son contexte culturel, historique)
– analyse thématique (quels thèmes sont présents dans l’oeuvre, de quelle manière sont-ils agencés, évoluent-ils, communiquent-ils…)
– analyse harmonique (analyse des tonalités, enchaînements d’accords…)
– analyse orchestrale (place qu’occupe chaque instrument dans l’oeuvre, travail sur les timbres, les couleurs orchestrales, les techniques instrumentales utilisées, etc…)
– analyse sémantique (travail sur le message de l’œuvre, sa vocation, sa direction sensorielle, sa description, etc…)
– gestuelle: quels gestes vais-je utiliser? (afin d’exprimer la synthèse de toutes mes visions résultantes de mes différentes analyses précédentes.)

Au niveau de la lecture même de la partition, on lit naturellement tous les instruments en même temps, puisque c’est ensemble qu’ils forment le morceau. La lecture est à la fois verticale, et horizontale (lors de la présence de contrepoint, notamment…).

Quelle est la place du chef d’orchestre au coeur de l’orchestre?

Au coeur de l’orchestre, on ressent de nombreuses énergies… Grâce au chef d’orchestre, il se crée une symbiose entre tous les instruments – et en même temps, le chef d’orchestre fait également partie intégrante de cette symbiose… C’est un véritable bonheur collectif.

Ce bonheur que vous évoquez n’est-il pas incompatible avec l’immense concentration qui doit être requise?

Non, les deux choses ne sont pas du tout incompatibles… La vraie concentration dépasse le simple caractère technique: celle-ci doit être oubliée, elle a suffisamment été travaillée auparavant! Ce qui est sublime et qui prend le dessus lors d’une représentation, c’est le rapport humain. La musique n’est qu’un prétexte pour rencontrer l’autre.

A quoi pensez-vous avant de monter sur scène?

Je pense à l’instant présent. Je fais rapidement le tour dans ma tête de qui est dans la salle, et qu’est ce que je viens leur raconter.

A quoi pensez-vous pendant que vous dirigez? / Pensez-vous, même, ou êtes vous carrément dans la sensation?

Cela dépend totalement des moments, du repertoire ou du lieu… et heureusement cela évolue dans une soirée… mais bien entendu, globalement, il faut d’abord penser à ce que l’on doit faire pour diriger l’œuvre. J’ai une partition à jouer avec mes musiciens.

Philippe Fournier est un chef assez éclectique qui explore des horizons musicaux très variés, à l’instar de son spectacle Do You Speak Djembé, auquel vous avez peut-être assisté, puisqu’il s’est tenu entre les 17 et 29 janvier au Casino de Paris.

Giacomo Puccini – Turandot – Nessun Dorma + Festival Puccini à l’opéra de Lyon

Tragédie-florentineAttardons nous aujourd’hui sur Puccini, peut-être le dernier génie romantique italien, et grand compositeur d’opéra, notamment Madame Butterfly, Manon Lescaut, et Turandot que nous abordons aujourd’hui au travers de ce chant extraordinaire: Nessun Dorma (que personne ne dorme). La performance de Pavarotti est au-delà des mots… La traduction des paroles est sous la vidéo.

L’opéra Turandot est malheureusement inachevé. Mais quand on écoute le morceau du jour et qu’on sait qu’il avait pour ambition de composer un final qui couronnerait sa carrière, on mesure le manque que sa mort a constitué pour la musique classique…

BD_affiche-festival-puccini-plusCeci est l’occasion de faire connaître le festival annuel de l’opéra de Lyon, qui aura lieu du 27 Janvier au 13 février 2012 et qui honore cette fois la musique de Puccini, et particulièrement le tryptique Il Tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi, en le mettant aussi en regard avec des opéras rares de compositeurs allemands contemporains de Puccini et dont l’esthétique et l’atmosphère diffèrent… Avis aux amateurs!

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur ce festival, rendez-vous sur la plaquette de l’évènement.

La foule :
Que personne ne dorme ! Que personne ne dorme !

Calaf :
Que personne ne dorme ! Que personne ne dorme !
Toi aussi, Ô Princesse,
Dans ta froide chambre
Tu regardes les étoiles
Qui tremblent d’amour et d’espérance…
Mais mon mystère est scellé en moi,
Personne ne saura mon nom !
Non, non, sur ta bouche, je le dirai,
quand la lumière resplendira !
Et mon baiser brisera le silence
Qui te fait mienne.

Chœur :
Personne ne saura son nom…
Et nous devrons, hélas, mourir, mourir !

Calaf :
Dissipe-toi, Ô nuit ! Dispersez-vous, étoiles !
Dispersez-vous, étoiles ! À l’aube je vaincrai !
Je vaincrai ! Je vaincrai !

Lamusiqueclassique.com fête sa première année!

Bonsoir à tous,

toute la rédaction de lamusiqueclassique.com est heureuse de fêter avec vous la première année de notre site! C’était effectivement il y a tout juste un an que nous publiions notre premier article, qui évoquait le Liebestraum de Liszt

Et comme nous avions bien calculé notre coup, et que vendredi soir est synonyme de la désormais classique vidéo hors-jeu, nous vous laissons en compagnie du pianiste Evgeny Kissin qui nous gratifie de ce superbe « Joyeux anniversaire »!

Merci à tous de nous suivre régulièrement, et un merci tout particulier à ceux qui nous envoyé leurs contributions depuis le début!

La rédaction de lamusiqueclassique.com: Thib, Stan, Geoffroy et Alex.

Rencontres – Mady Mesplé

Mady Mesplé est une célèbre soprano française, qui s’est illustrée dans plusieurs grands rôles d’opéra au long de sa carrière. Elle vient de faire paraître La Voix du corps, un livre dans lequel elle revient sur sa carrière, ainsi que sur la maladie de Parkinson dont elle souffre depuis plusieurs années.

Mady Mesplé, la voix du corps

Mady Mesplé nous avait donné rendez-vous au café Le Carré, place Saint-Augustin. Lorsque nous sommes arrivés, la première chose qui nous a frappés chez elle a été son œil vif, reflet de son intelligence et de son caractère bien trempé. L’heure que nous avons passée en sa compagnie a été passionnante. Nous avons bien entendu évoqué son livre émouvant, puis la conversation a dévié vers des sujets plus musicaux. Nous tenons à remercier chaleureusement Mady Mesplé pour sa disponibilité et sa gentillesse, ainsi que sa sœur et son attachée de presse. Voici une synthèse de notre entrevue :

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Je l’ai fait à la demande de l’association France Parkinson, car on m’a dit que je pouvais aider certaines personnes. Alors je l’ai fait… Françoise Carriez, qui m’a aidée à l’écrire, est une femme remarquable. Elle a trouvé les mots pour dire ce que je voulais dire.

Ce que je voulais entre autres, c’était faire passer un message : il faut se battre et garder espoir. Si l’esprit va bien, le corps va mieux.

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que vous étiez malade ?

Quand je l’ai su, je n’y croyais pas, je ne savais même pas ce que c’était. Je me suis rendu compte que des choses changeaient. D’abord, je ressentais une très grande fatigue. Les médecins ne comprenaient pas pourquoi. J’ai toujours eu une tension très basse, et parfois je me sentais très mal à la fin du deuxième acte à l’opéra et je m’effondrais pendant quelques secondes. C’est cette même fatigue que j’ai connue au début de ma maladie. Un grand docteur parisien m’a donné des médicaments qui m’ont permis de passer le « flirt », période d’environ 5 ans pendant laquelle la maladie vous laisse tranquille. Mais après, celle-ci évoluant, il a fallu l’accepter.

Mady Mesplé

Parlons un peu de musique et de votre carrière. Pouvez-vous nous parler de votre relation à Lakmé, le rôle de votre vie ?

J’ai entendu au début de ma carrière que c’était un rôle insipide, que le personnage n’intéressait personne… Je me suis donc dit qu’il fallait que j’y trouve quelque chose. J’ai disséqué son personnage, et je lui ai trouvé du caractère, et du courage : quand même, elle sait qu’elle encourt la fureur de son père en enlevant son voile devant un anglais, ennemi des Hindous à ce moment-là…Comme cela se faisait à l’époque, c’est moi qui avais conçu le premier costume de Lakmé. Il était de type oriental, avec le ventre à l’air, ce qui a fait scandale ! J’étais pourtant l’innocence même quand j’ai pensé ce costume…

Bizarrement, je n’ai pris conscience des difficultés de cet opéra qu’au bout de trois ans!

Une anecdote au sujet de cet opéra : Une fois, mon deuxième mari m’a dit en revenant de voyage « Tiens, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a parlé de toi et notamment de ta performance sur un morceau, je ne me rappelle plus bien le nom… l’air des… l’air des… des aigrelettes ! » (Rires) Je vous laisse imaginer ma réaction ! (NDLR : Il s’agit en réalité de l’Air des Clochettes)

Que ressent-on lors d’une prestation, sur scène ?

Juste avant le lever du rideau, c’est la mort : on attend que le rideau ne se lève pas, on attend un grand incendie dans la salle, le trac est très violent… Mais on y va, des gens derrière vous poussent sur scène. Alors, il y a des jours où le trac s’en va, où l’on oublie tout d’un coup, et c’est formidable! Mais d’autres jours, on garde ce trac, et de mauvaises pensées vous viennent : vais-je réussir ceci ? Je vais oublier cela !

Les meilleures performances sont celles où l’on rentre vraiment dans le personnage et l’on connait un dédoublement de la personnalité : Lakmé est vraiment là devant soi ! C’est extraordinaire.

Enfin, quand la salle applaudit, tout tombe, on est heureux et soulagé ! En tout cas, si ne serait-ce qu’une personne est contente, alors on est content. J’ai reçu une lettre une fois d’une directrice de maison de retraite : « Merci, quand vous passez à la télévision, les malades ne le sont plus… »

Certains publics sont chauds, d’autres froids. Quand ils sont froids, on essaie d’aller les chercher, ce qui exige d’énormes efforts. Mais il y a des jours où ils ne veulent pas venir…

Pour la préparation avant la prestation, on peut faire une analogie avec les sportifs de haut niveau. Quand je chantais, je ne faisais rien dans la journée. On garde tout pour la soirée, pour pouvoir tout sortir pendant la soirée. En 1998, j’ai vu un reportage sur l’équipe de France de football pendant la coupe du monde : avant le match, l’équipe dormait, jouait… Ils faisaient comme nous ! Ils emmagasinaient des nerfs pour quand ils devraient marquer un but !

Quelles sont les personnalités qui vous ont marquée dans votre carrière ?

Un chanteur a besoin d’un maître musical, et George Prêtre m’a tout appris. Il m’expliquait comment chanter une phrase, faire attendre le public avant de chanter une note aigue, pour lui faire peur… Intuitions, expérience, il a tout… Je l’ai connu à Toulouse, et il a fait toute ma carrière. Il a été promu l’année dernière grand officier de la légion d’honneur.

Il y a aussi mon collègue d’opéra : Alain Vanzo, un ténor avec la voix du bon Dieu… nous avons beaucoup chanté ensemble, je passais parfois plus de temps avec lui qu’avec mon mari ! Il avait beaucoup de qualités humaines par ailleurs.
Sans oublier Xavier Depraz, qui a aussi fait du cinéma, des films policiers, après avoir fait du chant, ou encore Madame Régine Crespin, une très grande femme, très respectée : quand elle rentrait dans une salle, les gens se levaient.

Pierre Boulez a été très gentil et compréhensif avec moi. Une fois, il m’a expliqué une œuvre pendant un quart d’heure, à Londres, alors qu’un tel chef d’orchestre a d’autres choses à faire : c’était une œuvre de Schubert, avec des chœurs d’homme, et des cors …

A l’inverse, j’ai travaillé avec un chef d’orchestre à Vienne qui me disait « vous ne me regardez jamais ! ». Il était épouvantable, je ne ressentais rien du tout avec lui, alors que la relation entre la soliste et le chef d’orchestre est très importante! Mais on n’est pas toujours libre de travailler avec qui l’on veut – on le devient après, quand le nom grandit…

Mady Mesplé

Pourriez-vous nous parler de moments forts de votre carrière ?

Parmi les moments exceptionnels, je peux citer un concert au Teatro Colon de Buenos Aires, où la salle était transportée… osons les mots, ce fut un véritable triomphe !

Une autre fois, alors que je donnais un récital dans la salle de conservatoire de Saint Maur : j’étais dans une disposition fantastique, je faisais ce que je voulais de ma voix… Ces moments-là sont rares, mais magiques.

A l’inverse, parfois, il nous arrive des choses bien moins réjouissantes : une fois, alors que je chantais dans le Dialogue des Carmélites, j’ai eu un trou total : La musique me restait, mais les mots ne me venaient pas. J’ai continué avec la mélodie, en marmonnant quelque chose d’inintelligible !

Qu’est ce qui fait une belle voix pour vous ?

Le timbre bien sûr, mais on n’y peut rien, c’est naturel, comme la couleur des yeux. Pavarotti par exemple, avait un timbre fabuleux… Même si physiquement, il ne nous faisait pas tomber en pamoison, quand il chantait, alors là… Oui, la voix, c’est d’abord une nature, mais après, il faut du travail, et avec le travail, on arrive à changer certaines choses, à les arrondir…
Il vaut mieux être musicien quand on a un timbre comme ça… il faut ressentir qu’on est musicien… et aussi être cultivé. Aujourd’hui, chaque artiste essaie d’avoir des connaissances, pas seulement sur la musique.

Une fois, j’ai entendu une répétition du Crépuscule des dieux qui me faisait pleurer, je suis entrée, c’était Birgit Nilsson, une femme exceptionnelle.

Personnellement, j’ai essayé d’égaliser ma voix au fil du temps : elle était très puissante dans les aigus, plus faible dans les mediums. Grâce au travail j’ai réussi à gagner plusieurs tons vers le bas.

Il est important que l’oreille soit exercée à la justesse. Je cherche toujours la justesse. J’ai connu un chef d’orchestre qui n’était pas « juste », alors quand il chantonnait, il nous faisait détonner ! Mais cette chose est innée, certains pourront travailler autant qu’ils veulent, ils ne chanteront jamais juste. Quand on en est capable, on peut toutefois améliorer cette justesse, pour l’atteindre 99 fois sur 100, mais cela nécessite une concentration à toute épreuve.

Quelles sont les voix que vous préférez aujourd’hui ?

Je pense à Natalie Dessay bien sûr. Dans les sopranos coloratures, il y a Annick Massis, Elizabeth Vidal. Chez les hommes, Ludovic Tezier a une voix superbe aussi.

En dehors du domaine classique, j’aime bien Céline Dion et Mariah Carey. Ce ne sont pas des « chanteuses murmurantes » comme on en entend beaucoup aujourd’hui.

Qu’écoutez-vous comme musique ?

J’écoute très peu de variété, parce que ça ne me parle pas… Ce qui est sûr, c’est que je n’aime pas du tout m’entendre ! Mais maintenant, lorsque je m’entends, je me dis parfois « ah, ce passage n’était pas trop mal ! »

Pourtant, vous savez que vous chantez bien !

J’ai toujours essayé de faire mieux !

Si vous aviez pu rencontrer une personnalité de la musique classique que vous n’avez pas connue, qui auriez-vous choisi ?

Ce qui est sûr, c’est que je choisirais un chef d’orchestre. J’ai discuté avec Prêtre, Boulez. J’aurais peut-être choisi Giulini, qui était un très très grand. J’aurais aimé diriger ! C’est le plus grand métier de la musique…

Que répondriez-vous à quelqu’un qui vous dirait que la musique classique ne l’intéresse pas ?

Je lui dirais : c’est dommage… Au-delà de l’expérience sensorielle et du plaisir qu’elle procure, cette musique aide à traverser les moments difficiles de la vie, j’en sais quelque chose.

La découverte de la musique contemporaine a-t-elle été difficile pour vous ?

Quand vous êtes enfant, vous apprenez des choses carrées : deux et deux font quatre. Tout à coup, vous faites d’autres choses : deux et deux ne font plus quatre, mais cinq ! Betsy Jolas a écrit un quatuor à cordes pour moi, une œuvre d’une difficulté suprême ! Trois instruments et une voix : On était en formation quatuor, et j’étais assise à la place du premier violon ! Nous réussissions à finir une page par séance de 3h de travail, alors que les trois autres étaient très doués, tous trois solistes !

Pour finir, pourriez-vous nous parler d’un air de musique que vous aimez beaucoup ?

Parmi les musiques que j’adore, il y a la 5ème Symphonie de Malher – notamment l’Adagietto : je pleure toutes les larmes de mon corps lorsque je l’écoute… Qu’est ce qui fait que cela m’arrive ? Je ne sais pas… Wagner me fait ça aussi. Une fois, j’étais à Bayreuth avec une amie toulousaine. Comme on savait qu’on allait au Crépusule des dieux, et qu’on pleurait à chaque fois qu’on l’entendait, on s’était dit : « Aujourd’hui on ne va pas être bête, on ne va pas pleurer, car ce n’est pas la première fois qu’on l’entend ! » Mais on a démarré toutes les deux en même temps ! Avec un seul mouchoir pour deux… L’Adagietto de Mahler, c’est comme si tout d’un coup, au moment où je m’y attends le moins, il y avait une révolution qui se faisait dans tout mon corps ! Je ne sais pas pourquoi, je suis bien, et je suis mal à la fois, tellement je suis heureuse !

Le morceau du jour est donc l’Adagietto de la 5ème symphonie de Mahler!