Carmen A Tout Prix: Don José et l’accordéoniste interviewés

Propos recueillis par Benoît

Rencontre avec Mathieu Sempéré – Ténor – Rôle de Don José

Comment est né le projet ?
On doit ce projet à Sophie Sara, qui est l’auteur de la pièce et qui interprète également le rôle de Carmen.

Elle a écrit en pensant à tous les comédiens de la pièce. Nous étions déjà tous amis avant le spectacle, donc tous les rôles sont taillés sur mesure pour un cocktail explosif !

Du coup, après plus de 50 représentations, on ne se supporte plus…

Un mot sur ton personnage dans le spectacle :
Comme tous les personnages de cette pièce,  il est un peu déjanté.

Chacun des personnages a son petit monde, sa folie. Le mien est, en plus, complètement idiot, mais très gentil et attachant.

L’auteur s’est amusé avec tous les travers que l’on attribue généralement aux ténors et le résultat est très drôle !

Quelle a été ton éventuelle participation à l’élaboration des arrangements ?

Il a en effet fallu repenser toute la partition d’orchestre pour seulement un violon, un accordéon et une guitare.

Les musiciens s’y sont tous mis, mais pour me glorifier, je vais dire que j’ai supervisé, après avoir proposé cette formation musicale en trio.

Avais-tu déjà chanté Carmen auparavant ?

Oui, dans la version « normale ».

J’avais interprété le rôle de Don José, mais aussi celui du Rémendado (qui n’est pas dans notre version). C’était avec un chef et un grand orchestre.

La partition de Bizet est magique. Mais notre version est en plus drôle!

C’est un spectacle de musique dite « classique », mais très accessible ?

Bien sûr!

Et c’était l’un des buts de cette pièce : montrer à un public de non-initiés que l’’on peut rire aux larmes avec de l’opéra !

Votre dernière date au Théâtre Trévise est le 25 février. Quelle est la suite ?
Une tournée mondiale, mais en France.  Nous y travaillons ! (Si vous voulez acheter la pièce, appelez-nous  J )

Tes expériences de chanteur sont assez éclectiques (participation au groupe Les Stentors, variété, Opéra…)

C’est en effet ma façon d’appréhender la musique et l’instrument vocal.

J’essaie d’utiliser ma voix dans tous les répertoires qui me plaisent, si toutefois elle est adaptée.

Après des études au conservatoire, j’ai décidé de chanter de l’opéra et de l’opérette, puis maintenant du théâtre et de la chanson française.

Mais tout cela se rejoint. C’est l’expression musicale d’une phrase…   Et je ne compte pas m’arrêter là!

Pour en savoir plus sur Matthieu Sempéré : http://www.mathieusempere.com/

Rencontre avec Julien Gonzales –  Accordéoniste

Quel rôle interprètes-tu dans le spectacle ?
Il s’agit d’un musicien qui cherche simplement à vivre de son art. Un brin déjanté et opportuniste, mais bien fidèle à son art et à ses engagements.

Il fait partie d’une classe sociale qui n’a pas accès à la musique dite « savante », telle que l’opéra ou le théâtre.

« Carmen à tout prix », est justement le lien entre tout cela : un accès direct à cet art qui est l’Opéra, via une comédie théâtrale.

Les 3 personnages de musiciens ont des rôles d’accompagnants bien sûr, mais aussi un rôle visuel pour le public, un lien ludique entre la salle et le plateau, qui fait disparaître cette bulle « artistique » séparant souvent l’audience de la scène.

Justement, pourquoi cette formule en trio ?

Le choix du trio était un souhait d’avoir un esprit Gipsy / Rom, cet ambiance de fête, de voyage et de mélange de cultures, proches de l’histoire de Carmen, qui est une bohémienne.

Lors de la première lecture avec les chanteurs comédiens, nous nous sommes aperçus que l’accordéon prendrait le rôle de directeur d’orchestre, tant par l’harmonie que par sa capacité à pouvoir « presque tout » jouer.

Le violon aurait un rôle de lead mélodique et la guitare serait là pour apporter ce côté festif dans le rythme et l’harmonie. Dans ce sens, l’arrangement ou plutôt le dérangement de la partition de Bizet ne fut pas une tâche si contraignante que cela. Nous avons conservé certains grands airs tels que Bizet les avait composés, et d’autres ont été réécris par le trio.

Ce fut une superbe aventure que de pouvoir créer de toute pièce un spectacle, de pouvoir imaginer la suite, et nous voilà deux ans plus tard… Un rêve d’enfant de pouvoir jouer en résidence pendant plus de cinq mois à l’affiche d’un théâtre parisien !

C’est un spectacle de musique dite « classique », mais très accessible ?

Oui en effet, et « Carmen à tout prix » a été imaginé dans ce sens : un spectacle hybride dans lequel on pourrait trouver des airs d’opéra, mais aussi du théâtre de boulevard, et même de la musique actuelle.

Des jeunes enfants comme des personnes très âgées sont venus voir Carmen à tout prix, et la réaction est la même dans les tous les cas. Rires, émotions, et plaisir…

La musique classique a toujours été considérée comme appartenant à une élite et donc de ce fait peu accessible.

Soit c’est une question de prix – des places d’opéra ou d’un ballet exorbitantes-, soit c’est une question géographique – en province les théâtres ou autres salles de spectacles n’ont pas toujours les moyens ni l’envie de d’apporter cet art dans leur commune (je parle en connaissance de cause malheureusement).

Alors oui, il faut changer ces préjugés, et oui nous le pouvons.

Certains de mes collègues accordéonistes et moi-même, tentons de prouver que notre instrument est un petit bijou aux multiples facettes pouvant autant faire pleurer une passacaille de Bach, chanter un aria de Vivaldi, ou encore virevolter dans une Sonate de Beethoven.

Mais soyons optimistes, beaucoup d’acteurs sociaux et artistiques s’engagent aujourd’hui à remédier à cette situation.

La musique n’est autre qu’un langage qui nous permet de communiquer avec différents sujets, qu’elle soit jJazz, classique, baroque, contemporaine, musique du monde…

Un mot sur tes projets personnels en dehors de ce spectacle ?

Je travaille depuis sept années avec la compagnie « Opéra Eclaté », créée et dirigée par Olivier Desbordes, dans laquelle j’ai pu développer d’autres facettes de mon instrument, telles que la musique orientale (A Cord’Orient – duo violon accordéon avec Marwan Fakir), ou l’opérette en étant dans l’orchestre (La Belle Hélène, La Périchole).

Depuis quelques années, je travaille également en tant que musicien et comédien avec Sandrine Montcoudiol. Ensemble, nous avons monté un spectacle autour des « Gens de maisons ». Créé il y a deux ans au Festival d’opéra et de musique lyrique de Saint-Céré, une nouvelle version est en cours de création pour un aboutissement en 2017.

En dehors de ces projets collectifs, je me produis en soliste en France et à l’étranger, avec mon spectacle «  L’accordéon dans tous ses Etats », proposant un répertoire allant de La renaissance jusqu’aux musiques actuelles !

Pour en savoir plus sur Julien Gonzales : www.juliengonzales.wordpress.com

Retour d’expérience: je suis allé voir Carmen à Tout Prix

Je profite de la tradition du Hors-jeu du vendredi soir pour partager sur l’expérience vécue vendredi dernier au théâtre Trévise à Paris. J’avais entendu parler de cette reprise de Carmen sous forme d’opérette comique via mon professeur d’accordéon qui y joue.

Harassé par une dure semaine de travail, je suis arrivé au théâtre plutôt énervé et crevé. Bien m’en a pris, tant je suis sorti détendu et revigoré par ce que j’y ai trouvé!

On ne présente plus Carmen, le splendide et sulfureux opéra de Georges Bizet, si bien qu’on pourrait penser en avoir fait le tour. Il est donc heureux que des artistes audacieux (comme Sophie Sara, auteur de Carmen à Tout Prix) s’en emparent pour broder dessus avec talent et espièglerie!

Comme vous le comprendrez dans la bande-annonce ci-dessous, le fil conducteur du script est efficace: un directeur d’opéra fait face à une grève générale et fait l’impossible pour que Carmen soit quand même interprété…

Le résultat est génial: on rit aux éclats, on tape des mains, et cette joyeuse troupe pleine d’auto-dérision fait passer un excellent moment au public!

Quant à moi, ce vaudeville désopilant m’a donné envie de réécouter l’original de Carmen. Allez, d’ailleurs, on remet une scène: « Près des remparts de Séville », interprétée par Elina Garanca qui est comme possédée par son rôle!

PS: Ce post n’est aucunement sponsorisé. Néanmoins, les représentations s’arrêtent fin février, donc dépêchez-vous si ça vous tente!

Tomás Luis de Victoria – O Magnum Mysterium

Tomas Luis de VictoriaEncore de la musique « mystique » ce soir, avec cette magnifique messe polyphonique. C’est la première fois que nous publions une composition de Tomas Luis de Victoria. Vous allez voir, il n’est pas aussi connu qu’il le mérite.

Ce morceau sera également interprété au concert que je co-organise ce vendredi 11 décembre à St-Louis-en-l’île, au bénéfice d’une école au Cambodge. Venez, je serai à la billetterie et ravi de vous rencontrer!

Arvo Pärt – Magnificat

galaxie sur lamusiqueclassique.com

Moment sublime de musique éthérée ce soir, avec le Magnificat d’Arvo Pärt. Nous vous avions notamment déjà présenté Spiegel im Spiegel, sans doute une de ses oeuvres les plus connues.

Comme le démontre une fois de plus le morceau du jour, ce compositeur estonien prend plaisir à créer de la musique simple, sans multiplications des procédés virtuoses. Mais son génie est d’arriver, malgré cela, à proposer des compositions d’une complexité émotionnelle inouïe et d’une profondeur quasi métaphysique.

Cela me rappelle un peu le Lacrimosa de Zbigniew Preisner… Peut-être parce que dans les deux cas, il suffit de fermer les yeux pour sentir son âme transportée vers des dimensions stellaires…

Ce morceau sera également interprété au concert que je co-organise le 11 décembre à St-Louis-en-l’Île, au bénéfice d’une école au Cambodge. Rien que pour ce morceau, ça vaut le coup de venir, non? ;-)

Concert le 11 décembre à Paris en faveur d’une école au Cambodge

Flyer1Chers amis de la musique classique,

Une fois n’est pas coutume, je poste un article pour vous parler d’un concert de musique classique qui sera donné par le Choeur Hector Berlioz à l’église Saint-Louis-en-l’île à Paris, au profit d’un projet au Cambodge qui me tient à coeur, la Xavier Jesuit School. Cette école, dont je connais les fondateurs (pour avoir travaillé avec eux, je peux témoigner qu’ils font un travail exceptionnel pour le Cambodge depuis des années) permettra aux enfants, y compris les plus démunis, de bénéficier d’une éducation de qualité, dans une région où celle-ci fait cruellement défaut. Grâce à votre venue et/ou au relais de communication que vous ferez à vos proches, ces enfants contribueront plus tard au développement de leur pays.

Si vous êtes intéressés par ce concert qui sera d’une très bonne qualité, ou si vous souhaitez simplement égayer une soirée d’hiver (tout en faisant une bonne action ;) ) voici l’event facebook et la billetterie en ligne.

C’est moi qui tiendrai la billetterie pendant la soirée, donc si vous passez, venez faire un petit bonjour, ça me fera plaisir!

A dans 3 semaines j’espère!

Et pour finir, un aperçu du Dixit Dominus de Haendel qui est au programme (avec également O Magnum Mysterium de Tomas Luis de Victoria et le Magnificat d’Arvo Pärt).

Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano N°31

Hélène Grimaud et un loupCe soir, profitons d’un moment merveilleux tel que peut en produire la rencontre entre Beethoven, Hélène Grimaud et un piano Steinway. La sonate n°31 est un des derniers morceaux que Beethoven composera pour piano. Il a alors 50 ans révolus et il a déjà posé les bases du Romantisme sur lesquels Chopin, Liszt, Schumann et Schubert (notamment) pourront construire leurs oeuvres.

Comme la sonate N°32 (vous savez, celle où Ludwig invente le jazz), ce morceau est symptomatique de la maturité artistique de Beethoven. Il y fait preuve d’une grande audace dans la construction des phrases mélodiques et dans l’usage des rythmes.

Comme vous l’entendrez, plusieurs passages sont très intérieurs et chargés d’une grande intensité émotionnelle, presque lourds. D’autres sont si gracieux comme un ballet d’hirondelle célébrant le retour du printemps!

La belle Hélène Grimaud, presque aussi connue pour sa passion pour les loups que pour son immense talent pianistique, est extraordinaire de maîtrise et parvient à transmettre une large palette d’émotions.