Charles Gounod – Messe Solennelle de Sainte Cécile

Charles GounodPar Références Classique – Audituri Te Salutant !

Quoique Charles Gounod soit avant tout connu hors de France comme le compositeur de l’opéra Faust, la plupart de ses œuvres relèvent cependant du domaine de la musique religieuse. Au cours d’un séjour prolongé en Italie, Gounod avait étudié assidûment le style de Palestrina, qui lui inspira de nombreuses compositions. Il fut si profondément marqué par la musique sacrée qu’il envisagea sérieusement d’entrer dans les ordres.

C’est à cette époque, en 1850, qu’il commença à travailler sur la Messe de Sainte Cécile qui, cependant, ne devait voir le jour que cinq ans plus tard. Ces années furent justement très importantes pour le développement personnel et artistique de Gounod : grâce à sa rencontre avec la fascinante Pauline Viardot et sa connaissance de la musique d’Hector Berlioz, son style acquit un caractère plus mondain, qui se traduisit par l’intérêt prononcé de Gounod pour l’opéra (Faust,1859).

L’attrait exercé par le profane explique sans doute la suavité des mélodies et l’orchestration colorée de la Messe de Sainte Cécile, une œuvre typiquement romantique. Cette Messe est un jalon important dans l’évolution de Charles Gounod vers la sécularisation. Cependant, ce développement ne s’accomplit pas par le bonds, dans le rejet de toutes les étapes antérieures. Au contraire, rien n’y fut perdu; tout ce qui avait été acquis conserva sa valeur. Seul le point de départ se modifia: ce qui était jadis but et raison n’était plus désormais qu’un simple moyen d’exprimer la puissance de sa foi, qui imprégna toute sa vie.

La version proposée ici a obtenu un « grand prix du disque ».

Le beau danube bleu à quatre mains

Danube bleuPar Olivier A – Audituri Te Salutant!
Vendredi, c’est hors-jeu. C’est donc tout naturellement que vous est proposé ce une-deux pianistique où les dix paires de doigts du duo Anderson & Roe se passent et se repassent pour notre délectation les notes d’un Johann Strauss augmenté, emballant les flots du Danube dans le tourbillon  insensé d’une vidéo merveilleusement réminiscente du kitsch d’un Claude  Lelouch débutant.
Cha-ba-da-ba-da!
Bonne année et valse folle à tous et à toutes.

Philip Glass – Japura River (en quatuor de guitares)

Philip GlassPar Elisabeth R – Audituri Te Salutant!

Philipp Glass est, aux côté de Steve Reich, une figure de la musique expérimentale qu’il qualifie plutôt de musique à « structures répétitives ». Le groupe brésilien Uakti a quant à lui, la singularité de fabriquer ses instruments de musique, obtenant ainsi des sonorités surprenantes qui vont d’ailleurs interpeller Philip Glass lors d’un voyage au Brésil. Quelques années plus tard, leur collaboration donnera lieu entre autre à l’enregistrement de l’album Aguas de Amazonia, dont est issue la pièce Japura River.

C’est une tout autre adaptation qui est proposée ici : le quatuor de guitares est une formation rare, pourtant il offre une multitude de possibilités sonores, révélant le pouvoir émotionnel d’un instrument aux nombreuses facettes. Une formation aussi atypique – inclassable – que le quatuor de guitares, se prête à merveille aux détournements esthétiques et au mélange des genres qui façonnent la musique d’aujourd’hui, faisant tomber les barrières entre musiques actuelles, traditionnelles, jazz, écriture savante.

Frédéric Chopin – Concerto pour piano N°1 (intégral)

Kate LiuPar Olivier A. – Audituri Te Salutant!

C’est autant l’œuvre que son interprète qui sont concernées aujourd’hui. Lamusiqueclassique.com avait récemment permis de découvrir, avec une joie profonde, Katya Bunyatishvili. Plus récente, plus enthousiasmante encore fut la rencontre avec la médaille de bronze du concours Chopin 2015, autour du concerto No 1, présenté, une fois n’est pas coutume, dans son intégralité.

A la suite des grands maitres, les Zimmerman, les Lang ou les Li avaient pu, chacun à sa manière, porter l’auditeur jusqu’à ce sommet de la musique romantique, sans qu’aucun l’y laissât comblé au point de ne plus savoir redescendre.

On ne peut donc que partager les sentiments qu’éprouve le chef Kaspszyk, s’arrachant à une étreinte qu’il aimerait sans doute prolonger éternellement, pour rendre Kate à la lumière, et à l’ombre d’un Chopin encore penché sur elle.

Varsovie, éblouie, ne s’y trompe pas : c’est bien l’âme du compositeur, recueillie à ses lèvres mêmes, que ces bras, que ces mains, que ces doigts délivrent, avec une infinie grâce.

Joyeux anniversaire ou Ravel, joué avec… n’importe quoi !

Mogees sur un arbre!Par Benoît – Audituri Te Salutant!

Aujourd’hui, c’est un hors-jeu techno-musico-magique.

Créé par Bruno Zamborlin, musicien et ancien chercheur à l’IRCAM, cet outil appelé « Mogees » permet tout simplement de transformer n’importe quel objet… en instrument de musique !

Un cockpit d’avion, un arbre, un lave-vaisselle, ou tout simplement une table, deviendront grâce à votre smartphone et votre imagination, une harpe, un piano, un xylophone ou une trompette.

Ce petit miracle est en vente depuis cette semaine. Nous venons de recevoir le nôtre aujourd’hui et n’avons pas pu résister à le tester dès l’ouverture !

En quelques minutes, nous avons joué du Ptit Yop, du Kub’Or, des cartes à jouer, du radiateur, de la Solutricine, du cendrier, de la clé USB, de la table, etc…

Nous ne sommes certes pas encore très doués, l’outil est extrêmement sensible aux vibrations et requiert pas mal de pratique, mais ça fonctionne ! :-)

Dans la foulée de nos 3 petits tests « maison », vous pourrez admirer quelques exemples bien plus professionnels de ce que cet outil musical peut ouvrir comme possibilités magiques !

http://mogees.co.uk/

PS: ce post n’est une fois de plus pas du tout sponsorisé, ça n’est que du plaisir !

WA Mozart – Concerto pour piano N°22 – 3° mouvement

Wolfgang Amadeus Mozart

Par Numa des Borderies – Audituri Te Salutant!

Ce concerto n’est pas le plus connu de l’œuvre de Mozart, peut-être trop souvent oublié car « coincé » entre le 21ème et le 23ème, si célèbres pour leurs deuxièmes mouvements respectifs. Il figure pourtant dans la bande son du film Amadeus, où l’on voit Mozart le jouer devant l’empereur Joseph II.

Aux antipodes de la mélancolie d’un deuxième mouvement du concerto N°21 ou de la tristesse ténébreuse de celui du N°23, ce morceau s’ouvre sur un joyeux refrain en rondo et plein d’entrain, lancé par le piano et aussitôt suivi par l’orchestre en choeur. C’est le mouvement le plus connu du 22ème concerto pour piano, de par son air reconnaissable et facile à chanter qui revient à plusieurs reprises. Basée sur un rythme sautillant, la mélodie évoque une marche joyeuse qui donne envie de gambader.

Très vite, le premier couplet se fait plus aérien, la main droite du pianiste soutenue tout en légèreté par les violons. Le morceau s’envole ensuite dans diverses variations qui laissent libre cours à la virtuosité du soliste, avant d’être suspendu vers son milieu par un menuet au rythme plus lent. Comme dans de nombreuses autres compositions, Mozart a fait ici le pari d’une structure en « Pot-pourri », c’est à dire un medley de différents passages qui ne suivent pas une structure répétitive de type couplet-refrain-couplet, malgré le thème principal qui revient plusieurs fois à la charge.

Cette vidéo est aussi l’occasion de redécouvrir le pianiste David Fray, qui livre ici une interprétation caractérisée par son jeu particulièrement chantant et son style concentré.

Giaccomo Puccini – La Tosca est la Callas

PucciniPar Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Dès le printemps de 1889, Puccini avait été envoûté par le drame de la Tosca, oeuvre de Victorien Sardou exécuté pour la première fois à la Porte Saint-Martin à Paris. « Je peux voir dans la Tosca » , écrivit-il à son éditeur Giulio Ricordi, « un opéra qui comblerait toutes mes espérances. »

Cependant, Ricordi n’avait pas pensé à Puccini pour Tosca, mais à Alberto Franchetti, compositeur qui avait obtenu un certain succès en Italie. On n’a jamais su vraiment pourquoi Ricordi laissa tomber Franchetti; on peut sans doute présumer que l’immense succès de Manon Lescaut l’avait convaincu que Puccini était l’homme qu’il lui fallait pour cette oeuvre.

Une conspiration fut montée pour expliquer à Franchetti pourquoi un opéra sur Tosca ne pouvait réussir. L’action avec les scènes de torture, les tentatives de viol, les meurtres et les exécutions étaient vraiment trop brutale. En outre Tosca se déroulait sur un arrière plan politico-historique – les républicains contre les royalistes, l’Autriche contre l’Italie, le général Bonaparte contre Mélas et ainsi de suite. Franchetti en fut convaincu. Il rendit ses droits sans difficulté.

Illica et Giacosa (auteurs du livret de l’opéra) n’urent pas pour tâche de donner une leçon d’histoire, mais de fournir à Puccini des phrases et des situations permettant de dégager ses belles créations. Sardou ne fit aucune difficulté. On a même dit qu’il trouvait ce livret supérieur sa propre pièce. Après la 1er exécution le 14 janvier 1900 à Rome, Tosca devint rapidement un immense succès dans le monde entier. Depuis, Tosca n’a cessé de produire l’envoûtement.

Il s’agit là assurément du plus grand enregistrement de Maria Callas en même temps que d’une des plus grandes réussites de l’histoire du disque lyrique! Victor de Sabata sait donner à cette musique toute sa puissance, jouant des entrelacs sonores, des vifs contrastes, de la vigueur rythmique, de tout ce qui fait la matière de cette oeuvre saisissante, qui se lance d’un seul trait avec une force nerveuse, une énergie rarement soulignée avec une telle acuité.

Bien sûr Di Stefano possède le timbre et le goût parfaits pour Mario, bien sûr Tito Gobbi est un Scarpia impressionnant de noirceur et de cynisme. Et puis bien sûr il y a la Callas, Callas souveraine, Callas déchirée et déchirante, Callas tigresse, la voix éclatante, avec une ressource de couleurs et d’accents proprement infinis… Callas en fait LA Tosca, l’unique.

Source : livret EMI et dictionnaire critique Alain Duault.

Note : retrouvez le minutage complet dans le descriptif de la vidéo.

Passages les plus célèbres :
« Dammi i colori… Recondita armonia » (5:24)
« Mario..Mario..Mario » (11:02)
« Tre sbirri » (38:32)
« Vissi d’arte » (1:09:04)
« Lo de’ sospiri » (1:22:26) – le passage du berger, les cloches des églises de Rome au lever du jour
« E lucevan le stelle » (1:31:05)