Ludwig Van Beethoven – 9° Symphonie (enregistrement de qualité, en intégralité)

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Par Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Retour aujourd’hui à un monument incontournable de la musique classique avec la 9° symphonie de Beethoven, présentée par un nouveau contributeur en la personne de Références Classiques qui partage ses enregistrements favoris sur le web.

> Saint-Sylvestre 1957 : fidèle à la tradition des concerts de la Saint-Sylvestre à Berlin, l’intendant de l’Orchestre Philarmonique de Berlin, a inscrit la 9E au programme du concert qui doit avoir lieu dans l’auditorium de la Hochschule für Musik, où l’orchestre de Berlin-Ouest a élu domicile depuis 3 ans.

Werner Oehlmann, critique musical au quotidien berlinois Tagesspiegel, publie le compte rendu suivant :

« Voici longtemps que l’on n’a pas entendu ici une interprétation inspirée par une vision aussi authentique et aussi immédiate de l’œuvre ; tout ce que cette partition, apparemment si familière, recèle encore d’énigmes, d’ombres ou de défis pour l’interprète, émergea d’une manière véritablement effrayante ; même l’élément barbare, qui fait également partie de l’âme titanique, ne fut pas tempéré, mais exacerbé par le brio incisif de la musique.

Dietrich Fischer-Dieskau fit sentir le caractère monstrueux de l’instant où la voix humaine pénètre dans le monde de la musique pure ; il interpréta l’appel à l’humanité avec insistance véhémente, une clarté de la déclamation presque trop tranchante. D’excellents solistes, Irmgard Seefried, Maureen Forrester, Ernst Haefliger et le chœur de la Cathédrale Sainte-Edwige, emporté par un élan prodigieux, donnèrent une interprétation qui, malgré le crescendo dramatique de l’Hymne à la Joie, préserva l’unité symphonique de l’ensemble ; prouesse d’un chef d’orchestre dont la détermination et la recherche incessante de perfection semblent prédestinées à une tragique solitude en ces temps où les talents font preuve d’autosatisfaction ; mais c’est bien ce qui en fait aujourd’hui le messager légitime de Beethoven.

Ces lignes pourraient également s’appliquer au présent enregistrement, première production stéréophonique effectuée par Deutsche Grammophon avec la Philharmonie de Berlin.

La 9ème C’est le 7 mai 1824, au Théâtre de la Cour impériale de Vienne qu’est exécutée pour la première fois la 9ème Symphonie. Beethoven, le dos au public, est censé, selon l’annonce officielle, «prendre part à la conduite de l’orchestre» aux côtés du Chef. En réalité, enfermé dans sa surdité, il n’entend même pas les ovations enthousiastes qui saluent le Finale. Une des solistes doit l’inciter à se retourner pour qu’il prenne conscience de l’ampleur du succès.

Il a encore trois ans à vivre, qui, certes, seront remplis de nouvelles compositions et de nouveaux projets. Mais cette oeuvre tient une «place exceptionnellement centrale» dans la vie et l’oeuvre de son auteur par «l’effort de création synthétique» (Massin) qu’elle manifeste.

En effet, cette symphonie est née de la convergence de plusieurs projets d’abord indépendants et parfois fort anciens : dès 1792, à 22 ans, il veut mettre en musique «l’Ode à la Joie» de Schiller ; en 1795, il se passionne pour un thème musical, qui finalement portera le texte de Schiller dans la 9ème. En 1807, il projette une oeuvre où s’uniraient orchestre et voix ; en 1812, il décide de composer une 9ème symphonie en ré mineur. Dans les années suivantes, ces quatre projets vont progressivement fusionner, pour aboutir à une œuvre d’un type radicalement nouveau : une symphonie avec chœur et solistes !

Sa tonalité dominante, ré mineur, exprime bien un sentiment tragique, tragique de la condition humaine, minée par la souffrance, la violence et la mort ; tragique aussi de la vie de Beethoven, profondément blessé par son infirmité, par la maladie et par ses échecs sentimentaux. Mais cette tonalité est progressivement supplantée par le ré majeur qui, en particulier dans le finale, manifeste le triomphe de la Joie et la victoire de la vie.

Source : 1-extrait du livret du disque écrit par Lutz von Pufendorf, 2- B. Dumoulin (la Psallette de Genève), 3-Ludwig van Beethoven de J. et B. Massin, Éd. Fayard