Hector Berlioz – Grande symphonie funèbre et triomphale

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BerliozPar Pauline S. – Audituri Te Salutant!

18 juillet 1840, Paris, la Bastille. Malgré la brume naissante d’une journée estivale, des corbeaux par dizaines coassent dans le ciel ombragé de la capitale, pareil à un soir de  l’Halloween où un bruit anodin glacerait jusqu’à la moelle n’importe quel Mesrin et autres criminel de la sorte.

L’heure est grave. Le cœur, pas à la fête. Le silence pesant, assourdissant. Que se passe-t-il ?

Pour le savoir, retournons dix ans auparavant, en juillet 1830. Nous sommes le 27, le 28 ou le 29. C’est la panique. Des maisons s’enflamment de partout, faisant naître de leurs blessures une épaisse fumée noire qui s’élève lentement dans le ciel de la ville, étouffant le souffle des balles traçantes. Dans les rues, les gens pleurent, crient, courent dans tous les sens, s’asphyxient un peu plus à chacune de leurs respirations. La peur est là. Mais c’est la révolution ! La mort est là aussi. Des corps sans vie jonchent les rues de la capitale. 200, selon la garde nationale, 800 selon des révolutionnaires. Un terrible massacre pour l’époque, une triste babiole comparée à ce qui se passera un siècle plus tard.

Revenons donc 10 ans après. Des pas lourds et lents martèlent le sol. Une foule immense est là pour commémorer cette révolution et cette foule fixe un homme, Berlioz, comme il aimait se faire appeler (sobriquet qu’il a d’ailleurs sans aucun doute emprunté à un aristochat). Tout élégamment vêtu dans son costume de la garde nationale, il sait qu’il n’a qu’un seul geste à faire pour que les 200 personnes qui lui font face soient à ses ordres. Alors…il attend, profite une minute vingt-quatre secondes de l’instant présent, et, balayant la foule du regard, de la fierté plein les yeux, prends une grande inspiration, et soudain… !