Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano n°29 : Hammerklavier

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Hammerklavier. Littéralement, « piano-marteau ». Mais l’allemand donne à ce terme le sens de piano-forte. Beethoven a d’ailleurs choisi ce titre pour rappeler à l’Europe l’origine allemande de cette nuance (cordes frappées). Ecouter les premiers accords de cette sonate suffit amplement pour comprendre l’utilisation du Hammerklavier qui en est faite.

La composition de cette sonate date de l’époque où Beethoven était devenu totalement sourd. Il y a quelque chose de fascinant à penser que le compositeur jouait avec les nuances alors qu’il ne pouvait les entendre. On n’a pas de mal à se chanter une mélodie dans notre tête, mais essayez donc d’en varier le volume sonore. Personnellement, j’y vois les limites de mon imagination et l’infini génie de Beethoven  !

Un mot enfin sur le caractère complet de l’oeuvre. Jonglant de fortissimo à pianissimo, de mélodies gaies à des airs nostalgiques, Beethoven a créé ici sa plus longue oeuvre pour piano (elle dure presque une heure !). Le pianiste et musicologue Paul Badura-Skoda en parle bien mieux que moi :   « La Hammerklavier est pour nous pianistes, ce que la neuvième symphonie est pour le chef d’orchestre: l’œuvre monumentale, l’œuvre culminante, ou, mieux encore, l’œuvre qui parcourt tout autant les profondeurs que les sommets. Aussi ne l’approchons-nous qu’avec respect ».


  • Thomas

    Merci pour ce superbe morceau de piano, dont la longueur et la complexité (requérant probablement des écoutes répétées) compense la demi-léthargie de ce blog en cette rentrée des classes.
    En ce qui me concerne, j’ai l’impression de pouvoir tout à fait m’imaginer moduler la puissance sonore en me jouant un morceau « dans la tête ». Pour cela, il me suffit d’imaginer mes réactions à l' »écoute » de tel ou tel passage : par exemple, tendre l’oreille lorsque le « son » est faible, reculer lorsqu’il est très fort… Cela peut sembler absurde mais n’est-ce pas aussi nos réactions physiques ou physiologiques (de plaisir, d’attente, d’impatience…), la plupart inconscientes si l’on n’y prend pas garde, qui nous font nous rappeler des mélodies, l’arrivée de la tonique, de tel accord consonnant ou dissonnant, etc. ?
    D’autre part, nous serions étonnés qu’un passage joué faiblement d’habitude, soit exceptionnellement joué fort, ou l’inverse, ce qui montre que nous retenons la puissance avec laquelle doivent être jouées telle ou telle note, et pas seulement des mélodies ou des timbres.

    Ce ne sont cependant que des hypothèses !