Arthur Honegger – Pastorale d’été

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Il n’est jamais aisé de revenir de vacances, de retrouver le temps pluvieux, le boulot, l’école… Mais soyez rassurés : lamusiqueclassique.com ne vous oublie pas et les rédacteurs sont heureux de pouvoir retrouver tous leurs lecteurs et ainsi entamer une nouvelle année en musique, avec de belles découvertes en perspective et de jolies surprises à la clef !

Pour inaugurer cette nouvelle rentrée et ce nouveau départ, nous avons choisi de vous offrir la transition douce, afin de ne pas rendre la fin de l’été plus difficile qu’elle ne l’est déjà ! Découvrons ensemble un compositeur dont nous n’avons pas beaucoup parlé sur ce blog, Arthur Honegger. D’origine suisse, Honegger a effectué la plus grande partie de sa carrière à Paris, où il a intégré le Conservatoire. Ami de Milhaud et Ibert, il s’attacha avec sa musique à rendre compte des progrès du début du XXe siècle – le plus célèbre exemple étant le fameux « Pacific 231″ , où un orchestre produit le son d’une locomotive à vapeur !

Bien qu’il se reconnaissait très proche de Stravinsky et de Debussy, il refusa toute sa vie d’adhérer à une classification musicale rigide; au contraire il touchait  à tous les styles – s’illustrant aussi bien dans la musique tonale qu’atonale, tout aussi bien dans l’écriture de quatuors que d’opéras… Prolifique, sa carrière est marquée du sceau de l’humanisme, en ce que sa musique se voulait universelle et intelligible, sans aucune forme de prolixité contingente.

Mais pour aujourd’hui, nous n’allons pas rentrer dans la complexité, en vous présentant un poème symphonique pour orchestre de chambre, intitulé « Pastorale d’Eté ». Ecrit en 1920, ce morceau livre les impressions du compositeur en villégiature au pied des montagnes suisses, dont les paysages ravissants inculquent en lui une sensation certaine de bien-être. Dans la même veine que le « Prélude à l’Après-Midi d’un Faune » de Debussy, Honegger s’ouvre aux données empiriques qui ont accaparé son esprit lors de l’été, afin de les retranscrire sur la portée. Peu étonnant, donc, que pour aider son entreprise, il ait inscrit en épigraphe de son morceau ce célèbre vers de Rimbaud : « J’ai embrassé l’aube d’été », issu des Illuminations.

Ce poème symphonique se caractérise tout du long par son aspect atmosphérique, évasif, irréel; mais sa structure reste assez claire. L’introduction aux cors permet d’amorcer le thème champêtre joué aux cordes, appuyées par des instruments à vent en bois qui viennent apporter leur grain de sel bien senti par moments. A partir de la 3e minute, une seconde partie se distingue, plus vive et dynamique, permettant d’isoler des développements aux cuivres fort intéressants.

Cette Pastorale reçut les faveurs du public lors de sa création, en 1921 à la salle Gaveau à Paris. Nous espérons qu’elle en sera de même pour vous, chers lecteurs et auditeurs !

Avec tout le plaisir de vous retrouver après ces deux longs mois de silence !

Alex, Geoffroy, Stan, Thib, Henri