Louis Vierne – Quintette pour piano et cordes

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Grand spécialiste de musique pour orgue, Louis Vierne se situe à la frontière entre le romantique et le moderne. Outre ces quelques 1750 concerts d’orgue à Notre-Dame-de-Paris, il est également l’auteur d’autres types de pièces, à l’instar de ce funeste quintette.

Il compose ce morceau suite à la mort de son fils. Les rythmes et mélodies de l’oeuvre reflètent bien un processus de deuil. Ainsi, on ressent dès le début l’infinie douleur provoquée par la perte de cet être cher mort si jeune. On perçoit dans la suite une série de sons incohérents, qu’on peut relier au remords de lui avoir accordé l’autorisation de partir à la guerre ou à l’incompréhension devant une telle fatalité. Vers la fin, le rythme, s’apaisant, évoque une résilience, et le deuil se termine par une douce cicatrisation, un abandon exprimé par une mélodie plus lente et harmonieuse.

« J’édifie en ex-voto un quintette de vastes proportions dans lequel circulera largement le souffle de ma tendresse et la tragique destinée de mon enfant. Je mènerai cette œuvre à bout avec une énergie aussi farouche et furieuse que ma douleur est terrible, et je ferai quelque chose de puissant, de grandiose et de fort, qui remuera au fond du cœur des pères les fibres les plus profondes de l’amour d’un fils mort… Moi, le dernier de mon nom, je l’enterrerai dans un rugissement de tonnerre et non dans un bêlement plaintif de mouton résigné et béat. »

À vos mouchoirs !