Dietrich Buxtehude – Passacaille en ré bémol

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Voilà bien longtemps que nous avions oublié Buxtehude ! En guise de retrouvailles nous vous proposons en outre de découvrir un style musical de l’époque baroque, bien méconnu : le Stylus Phantasticus (ou « style fantastique » pour les amateurs de simplicité). Il s’agit d’un style propre au baroque allemand, dont les expressions les plus « pures » sont réalisées à l’orgue. L’instigateur s’appelle Johann Jakob Froberger et son influence a été durable, puisque tous les grands compositeurs baroques allemands s’y sont essayés, à commencer par Pachelbel, Bach et bien sûr Buxtehude.

Le Stylus Phantasticus est tout simplement une des méthodes de composition les moins contraignantes qui soient. Ainsi, nul n’est besoin d’une ligne mélodique : le compositeur et l’organiste doivent simplement démontrer sur un clavier leur talent en tant que virtuoses de l’orgue et de l’improvisation. Dès lors, lorsque vous écoutez un morceau composé dans ce style, ne vous attendez pas à un développement mélodique structuré par des thèmes lapidaires.

Mais fort heureusement, comme les compositeurs baroques ne sont pas tombés comme aujourd’hui dans le délire de la musique non-harmonique, la musique reste très belle et s’écoute sans trop de problème. L’enjeu pour les compositeurs était de montrer le sens naturel de l’harmonie musicale chez l’être humain; bref nous sommes aux antipodes des aspirations atonales et déconstructionnistes au XXe siècle.

Ci-dessous, une passacaille en ré bémol écrite pour orgue, transposée pour deux clavecins.

Notons pour finir qu’un tel style peut sembler étranger chez Bach, connu pour son style de composition très rigoureux et réglé. En réalité, l’influence du stylus phantasticus s’est surtout ressentie dans ses jeunes années, quand il cherchait peu ou prou à ressembler au musicien le plus flamboyant de l’époque, un certain Buxtehude justement !