Franz Schubert – Fantaisie en Fa mineur (D940)

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ALERTE CANULAR ! Vous vous en doutiez sûrement un peu : après Demetrius Mazarevitch l’an dernier, voilà que notre Stan national remet ça en beauté, pas plus tard qu’hier, avec un Poisson d’Avril mené tout en finesse ! La Rédaction espère que ce canular vous a plu et qu’il ne vous a pas dégoûté des chanteurs d’opéra, qui en réalité sont sûrement beaucoup plus sympathiques ;-)

Et maintenant, place au morceau du jour !

Parfois, lorsque je choisis le morceau sur lequel j’écris un article pour ce blog, je suis sujet à un petit dilemme. Car, même si je n’ai jamais dérogé à mon intention de vous faire découvrir les plus belles choses en musique classique, il m’arrive parfois de renoncer à présenter certains morceaux, pour la simple raison qu’ils durent trop longtemps. C’est toujours un peu le même problème, avec la musique qui se veut un tant soit peu savante : le fameux « Trop de notes, mon cher Mozart ! » n’est donc pas infondé… Trop de fioritures, de thèmes enchevêtrés camouflés ci et là, de développements contrapuntiques alternés aux quatre voix… Autant de raisons pour lesquelles l’auditeur moyen peine à suivre la dialectique d’un morceau de musique classique.

Cela étant dit, les oreilles affûtées que vous êtes désormais n’auront sûrement aucun mal à suivre le cheminement de cette belle oeuvre, ni à en saisir toute sa puissance, son originalité, sa subtilité ! Et ce ne seront sûrement pas les 20 minutes d’exécution qu’elle requiert qui vous empêcheront de l’écouter, n’est-ce pas? :)

Cette Fantaisie est signée Schubert et fait partie de son répertoire pour piano 4 mains. Elle fut publiée après sa mort, par ses amis habitués des Schubertiades, à savoir les soirées intimes que le compositeur organisait, autour de son pianoforte naturellement. Dédiée à l’une de ses élèves, Caroline Esterhazy (dont Schubert était amoureux), elle se singularise par sa forme : une quasi-sonate qui suit une structure en quatre mouvements, aux tempi adaptés, joués de manière ininterrompue – un peu comme la « Wanderer Fantaisie » dont vous vous souvenez probablement.

Quand le premier mouvement (00:25) attaque derechef sur un thème marqué par une grande tendresse, complété par un second qui survient au détour d’une modulation tonale, le second mouvement (05:50) accuse un tempo Largo, débutant avec des accords plaqués et dramatiques, avant de laisser la place à un développement mélodieux flirtant avec la joie et la mélancolie. A 09:03, place au Scherzo, dynamique et brillant, l’occasion pour le compositeur de bricoler quelques modulations qui nous amènent jusqu’au Finale (15:15), qui reprend le thème initial en le développant avec une forme fuguée. La coda seule mérite tous les applaudissements du monde : en huit mesures, Schubert aura réussi à résumer tout le développement savant des mouvements précédents.

Malgré sa longueur, j’espère tout du moins que ce morceau pourra vous faire passer un agréable moment de plénitude et de douceur…