Ludwig van Beethoven – Sonate N°14 « Au Clair de Lune » – 3e mouvement « Presto Agitato »

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Il était temps de boucler la boucle de la fameuse sonate au « Clair de Lune » de Ludwig van ! Alors que le second mouvement nous offrait un joli contraste de clarté par rapport au sombre premier mouvement, voilà que ce troisième fragment nous plonge à nouveau dans des ténèbres peu rassurantes. Tout d’abord par son tempo : Presto agitato, « rapide et agité », qui tient l’auditeur en haleine par une impression générale de suffocation. Impression entretenue par les très nombreux arpèges et les octaves brisées, signes de la très grande technicité du mouvement, qui impulsent une sensation de violence passionnelle que seul un pianoforte est susceptible de dégager. Quand les triolets réguliers du premier mouvement suggéraient l’image d’une barque flottant et tanguant sur une mer calme dans une nuit de pleine lune, ici on imagine cette même barque luttant contre les vagues déchaînées de l’océan qui gronde sa colère. Ce morceau illustre à nouveau à quel point Beethoven, précurseur du romantisme, savait communiquer les sentiments à ses auditeurs, tout en composant dans les règles de l’art : les basses d’Alberti, qu’il utilise tout au long du mouvement, participent à la fois à harmoniser le morceau et à provoquer la sensation de suffocation. Ainsi, si la sonate « Au Clair de Lune » est si célèbre aujourd’hui, c’est non seulement grâce à son très beau premier mouvement mais aussi un tant soit peu grâce à ce troisième mouvement virtuose, qui a laissé un héritage non négligeable aux artistes romantiques de la Première Génération. Ainsi, la « Fantaisie Impromptu » de Frédéric Chopin est une preuve de l’influence directe de Beethoven sur le maître : même tonalité, même usage des basses d’Alberti et des arpèges, pour un autre mariage également très réussi.

L’interprétation de Murray Perahia vous convaincra plus que mes mots !