Hector Berlioz – Rêverie et Caprice

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Hector BerliozMorceau peu connu de Berlioz, Rêverie et Caprice est pourtant un morceau remarquable dans la mesure où il met en valeur un instrument solo (le violon, ici) fait assez rare dans la musique du compositeur (en cela, ce morceau se rapproche un peu de Harold en Italie).

Je laisse la parole à Berlioz, qui écrit ces mots dans une note au début de la partition :

Une lumière douce enveloppe la Terre de transparences. Des brumes frissonnent avec les senteurs du soir parmi les bouffées de brise. Un homme regarde ces pâles clartés, écoute ces bruissements vagues. Mais il ne voit pas, il n’entend pas… Il rêve! Son coeur, tordu sous l’étreinte de la souffrance, gémit sourdement. L’intensité de son mal lui révèle les délices incomprises du bonheur perdu. Il fouille le passé. Quelques sourires y apparaissent, épars au sein des amertumes… Ô nécessité implacable de croire et d’aimer! Son âme s’éveille sous leur rayonnement. Tout son être s’emplit d’avidités soudaines. L’avenir le fascine. Il va s’élancer dans ces sentiers lumineux où la vie se dépense insoucieuse, tout éperdu de tressaillements… Le doute le retient courbé sous son embrassement farouche. Il souffre encore, il désespère… Pourtant la vision le poursuit dans ses ténèbres. Des désirs insensés vibrent en lui. Il se débat contre la douleur qui l’enserre… Les regrets cèdent à l’espérance. La soif triomphe du dégoût… Il revit! A lui les voluptés fougueuses, les plaisirs et les fièvres…

(Vous l’aurez compris si vous l’ignoriez encore, Berlioz est un grand romantique!)