Franz Schubert – Sonate Arpeggione – Allegro moderato (1er mouvement)

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L’arpeggione est un instrument de musique inventé en 1823 par le luthier viennois Johann Stauffer. Sa composition est hybride : doté de six cordes, il produit un son similaire à la guitare, mais se joue comme un violoncelle (tenu entre les cuisses). Il fut l’objet d’une mode pendant une décennie avant de tomber dans l’oubli le plus total : il n’en existe plus qu’une petite dizaine dans le monde. Néanmoins, l’existence éphémère de l’arpeggione n’aura pas été vaine, puisqu’elle a pu donner naissance à cette très belle sonate de Schubert, composée en 1824, alors que le compositeur souffrait déjà de la syphilis à un stade très avancé. La sonate a très probablement été commandée par Vincenz Schuster, un virtuose de l’arpeggione et ami de Schubert, qui voulait porter l’instrument au firmament. Elle ne fut publiée qu’en 1971, à titre posthume, alors que l’arpeggione était passé de mode, si bien que la version la plus répandue est celle pour piano et violoncelle, comme celle ci-dessous. Le mal-être schubertien se ressent dès les premières notes, avec une introduction au piano très mélancolique, suivi d’un violoncelle aux accents non moins élégiaques. Les multiples variations et reprises du morceau constituent sa force et lui offrent le caractère intime et confortant de la musique de chambre.

Ci-dessous, une très bonne version, malheureusement coupée en 2 parties, j’espère que vous ne nous en voudrez pas… La musique dans la première vidéo démarre à 00:28. Vous pourrez sur le net trouver une version par Rostropovitch et Britten, mais au tempo un peu plus lent que d’usage.

  • Henri

    Bonsoir Eugenio, je tarde à vous répondre, veuillez m’en excuser !

    Effectivement, peut-être ne devrais-je pas parler du « tempo d’usage » comme du tempo juste. En l’occurrence pour ce morceau, le tempo primo est Allegro moderato, c’est à dire « agité avec modération » – il est possible de codifier les tempi à l’aide des pulsations d’un métronome mais cela enlève le charme de la spontanéité lors d’une interprétation…

    Cela dit je pense que pour commenter une interprétation, parler du tempo est indispensable. J’aime souvent répéter que pour connaître une oeuvre vraiment bien, il faut avoir écouté plusieurs versions par plusieurs interprètes, pour comparer les tempi, les usages qu’ils font des nuances… Le but étant de trouver la version qui apporte une vie, un esprit, une énergie toute particulière au morceau. De mon côté, je sais que la première fois que j’ai entendu cette Sonate Arpeggione, elle était jouée à un tempo presque équivalent à celui de cette vidéo – cela a dû influencer mon jugement, certes, mais c’est après avoir écouté la version par Britten et Rostropovitch que j’ai tiré la conclusion selon laquelle ces deux légendes de la musique classique n’auront pas réussi à offrir un épanouissement et une vie dignes cette sonate, tel que Perenyi et Schiff ont réussi à faire.