Franz Schubert – Der Tod und das Mädchen (La jeune fille et la mort)

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Hans Baldung Grien, La Mort et la femme,1520, musée de Bâle.

Par Justine Laneuville – Audituri Te Salutant!

Si l’Autrichien Franz Schubert eut une très courte vie (il meurt à 31 ans de la syphilis), il composa près de 600 Lieder ! Face à Mozart, Beethoven et Weber, il est le maître incontesté du Lied.
Après avoir écouté le fameux Erlkönig, écoutons à présent La jeune Fille et la mort, écrit en 1817, dont les paroles sont tirées d’un poème de Matthias Claudius.
Ce thème est tiré de la mythologie grecque et latine (Ex : le Rapt de Proserpine) qui oppose la mort à la vie. La jeune femme est alors un symbole de vie, de fertilité, et de perpétuité. La mort apparaît ici à la jeune fille sous les traits de son amoureux.
Schubert aurait composé ce morceau en connaissant sa maladie mortelle. Le lied, composé d’instinct chez Schubert, est autobiographique. Il n’est pas un double vocal de la poésie comme le faisaient ses prédécesseurs.

Texte original en allemand
Traduction française

Das Mädchen
Vorüber! Ach, vorüber!
Geh, wilder Knochenmann!
Ich bin noch jung, geh Lieber!
Und rühre mich nicht an.

Der Tod
Gib deine Hand, du schön und zart Gebild!
Bin Freund, und komme nicht, zu strafen.
Sei gutes Muts! ich bin nicht wild,
Sollst sanft in meinen Armen schlafen!


La jeune fille
Va-t’en! Ah! va-t’en!
Disparais, odieux squelette!
Je suis encore jeune, va-t-en!
Et ne me touche pas.

La Mort
Donne-moi la main, douce et belle créature!
Je suis ton amie, tu n’as rien à craindre.
Laisse-toi faire! N’aie pas peur
Viens doucement dormir dans mes bras

Le tempo du début est calme. La phrase introductive au piano, en accords pianissimo en ré mineur, impose tout de suite le personnage de la Mort. Lorsque la jeune fille prend la parole (0’30), le tempo s’agite. Trop jeune pour mourir, elle tente de fuir la mort. Mais la mort se veut rassurante dans l’oeuvre de Schubert, elle est comme un doux sommeil. Alors quand celle-ci prend la parole d’une voix presque immobile (elle chante un ré), le tempo se calme de nouveau, comme au début.
Schubert est particulièrement sensible à la couleur des différentes tonalités. Le lied se termine par une affirmation en Ré majeur, tonalité très lumineuse. Le contraste est effectif, la mort a une connotation positive.

Ce Lied a donné naissance à un de ses chef-d’oeuvres, le quatuor en Ré mineur.

« Quatuor à Cordes n°14, La jeune Fille et la mort D810 »

  • Die Hard Fan

    La video ne marche plus on dirait, faudrait réviser votre vocabulaire informatique!