Robert Schumann – Le Carnaval de Vienne op. 26 – Intermezzo

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Ce lundi, mettons un masque avec Schumann, qui s’est bien inspiré de l’art du déguisement pour écrire deux opus entiers (9 et 26) sur la fête du Carnaval. L’opus 9 nous situe à Venise tandis que l’opus 26 nous emmène à Vienne, terre d’élection des plus grands compositeurs romantiques, où Schumann vécut en 1839. C’est sur ce Carnaval de Vienne (Fasching en allemand) que nous nous attarderons aujourd’hui, mais l’on vous promet que vous entendrez bientôt parler de l’opus sur le Carnaval de Venise ;-)

Le morceau d’aujourd’hui est donc l’Intermezzo du Carnaval de Vienne (Faschingsschwank aus Wien) et c’est certainement le morceau que le plus contre-intuitif de la série, composée de 5 pièces (Allegro – Romance – Scherzino – Intermezzo – Finale) : en effet, la teneur de cet Intermezzo est très mélancolique dans un contexte pourtant plus propice à l’allégresse et aux festivités joyeuses. Il n’empêche que c’est aussi, selon moi, la pièce la plus érudite et la plus efficace sur un plan mélodique, en ce que Schumann s’amuse sur les transpositions – i.e. la même mélodie jouée dans plusieurs tonalités différentes – pour meubler le morceau dont l’empreinte émotionnelle n’est pas en reste.

Nous vous avouerons aussi que la difficulté technique de cet Intermezzo est plutôt marquée : la main droite doit en effet faire résonner la mélodie lapidaire tout en devant jouer l’accompagnement, qu’on ne doit préférablement pas entendre plus que la mélodie, bien sûr!

Votre interprète ce soir s’appelle Arturo Benedetti Michelangeli, pianiste virtuose italien, considéré comme l’un des meilleurs du XXe siècle. Il fut entre autres le professeur de Martha Argerich et de Maurizio Pollini; bref que du beau monde, quoi !

En toute franchise j’ai hésité entre plusieurs versions, que je trouve vraiment bonnes : sur Youtube vous pourrez trouver celles de Alicia de Larrocha et de Sviatoslav Richter, qui ont des approches plutôt différentes du morceau mais la ferveur romantique ne manque à l’appel chez aucun des deux!