George Gershwin

George Gershwin – Concerto pour piano en Fa – I. Allegro

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Un morceau un peu long vous attend ce soir mais votre attention pendant ces 13 minutes vaudra le détour, puisqu’il s’agit pour vous de goûter à l’une des oeuvres les plus géniales de la musique moderne : le concerto pour piano de Gershwin, compositeur américain (1898-1937) que vous avez sûrement déjà rencontré une fois dans votre vie. Si le nom ne vous dit rien, c’est le même qui est à l’origine d’Un Américain à Paris ou de Rhapsody in Blue, ou encore de l’opéra Porgy and Bess qui contient le célébrissime « Summertime », devenu un standard du jazz !

Et pour cause, c’est un mélange effervescent de classique et de jazz que vous vous apprêtez à écouter ci-dessous et croyez-moi, Gershwin n’est pas en terrain inconnu. Né dans le New York populaire à l’époque où le ragtime, le blues et le jazz Nouvelle-Orléans faisaient les beaux jours des mélomanes, George grandit avec des repères musicaux bien éloignés du registre classique. Ce dernier point lui causera néanmoins bien du souci, pour la composition de ce concerto justement. En effet, Gershwin savait composer mais pas orchestrer, si bien qu’il délégua cette dernière tâche à son ami Paul Whiteman pour la création de Rhapsody in Blue, qui fit un succès unanime. Walter Damrosch, chef d’orchestre, décela alors du génie chez Gershwin et lui commanda l’écriture de ce concerto, mais orchestré dans une facture classique, avec cordes, vents et percussions.

Pendant un an, Gershwin combla ainsi ses lacunes en orchestration et produisit ce chef d’oeuvre énergique qui connut également un franc succès lors de sa création au Carnegie Hall en 1925. Malgré la nomenclature classique de l’orchestre et la forme du concerto en trois mouvements, vous sentez vite que Bach et Mozart sont très loin, qu’ils laissent la place aux mélodies populaires du ragtime et aux harmonies bien peu conventionnelles. Ecoutez par exemple le thème principal, qu’on entend à l’entrée du piano, puis qui est repris à 04:15 par l’orchestre dans toute sa splendeur : il est construit sur une dissonance qui pourrait gêner tout amateur de musique parfaitement harmonisée, mais avouez que c’est par là que l’on ressent l’effet « moderne » du morceau ! Gershwin sait doser, cela dit : à partir de 08:10, le morceau entre dans une phase très lyrique, très enchanteresse. Enfin, les amateurs de danse jazz reconnaîtront le rythme de la Charleston, que Gershwin n’a bien sûr pas oubliée !

Allez, je vous demande encore une fois cet effort d’écoute un peu plus long que d’habitude, même si l’introduction aux percussions et aux cuivres peut sembler déroutante. Mais soyez assurés que l’on ne veut que votre bien !