WA Mozart – La Flûte Enchantée – Air de la Reine de la Nuit

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Wolfgang Amadeus MozartJe n’arrive pas à croire que nous n’ayons toujours pas présenté l’Air de la Reine de la Nuit, pourtant un des moments de musique les plus fameux de tous les temps. Ce sera désormais chose faite!

Le vrai nom de cet air est « Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen », ce qui se traduit ainsi: « La vengeance de l’Enfer bout en mon coeur ».

Il s’agit d’une scène où la Reine de la Nuit, personnage mythique, séduisant mais maléfique, ordonne à sa fille Pamina d’aller tuer le grand-prêtre Sarastro (le parallèle avec Zoroastre, ou Zarathoustra, est évident), sorte de mage austère mais bon.

La colère de la Reine est l’élément central de cette scène; la voix de l’interprète doit donc être très chargée dramatiquement. Certains mots de la Reine sont d’ailleurs presque hurlés, quoique cela reste harmonieux.

Ensuite, l’ambitus de l’air (2 octaves d’écart) exige une tessiture très large, c’est-à-dire, une grande flexibilité de la voie pour aller chercher les graves et les suraiguës…

Pour ces deux raisons, ce passage représente certainement un des plus grands défis possibles dans la carrière d’une soprano.

Il y aurait aussi des choses à dire sur l’accompagnement des cordes qui parviennent admirablement à mettre la voix en valeur… Mais le génie de Mozart est insondable, donc profitons-en simplement :)

A l’écoute d’un tel chef-d’oeuvre, il est difficile de ne pas ressentir de frisson. Surtout si l’on se laisse prendre par l’histoire sous-jacente. On parle quand même d’une mère qui, telle une furie, demandant à sa fille d’aller poignarder un vieil homme, faute de quoi elle la reniera comme fille… Brrr!

Je vous ai mis les paroles dessous.

Pour ce qui est du choix de l’interprétation, une fois n’est pas coutume, je ne suis pas arrivé à choisir. Entre le jeu et la voix extraordinaires de Natalie Dessay, ou la pureté du son de Sumi Jo… J’ai donc mis les deux, plus une dernière: une autre interprétation de Dessay, mais plus parfaite que celle de la première vidéo où, il faut l’admettre, elle a tendance à dévisser un peu sur la justesse, à moins que l’enregistrement ne soit médiocre…

Mais si vous parcourez vous-même la toile, vous en trouverez certainement d’autres qui vous conviennent davantage!

Ah oui, une dernière chose: Mozart écrit ceci en 1791, quelques mois avant sa mort. Il a alors 35 ans. En parallèle, il est affairé à son Requiem en ré mineur et à son concerto pour clarinette. Qui dit mieux? ;)

Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen;
Tod und Verzweiflung flammet um mich her!
Fühlt nicht durch dich Sarastro Todesschmerzen,
So bist du meine Tochter nimmermehr!
Verstossen sei auf ewig, verlassen sei auf ewig,
Zertrümmert sei’n auf ewig alle Bande der Natur
Wenn nicht durch dich Sarastro wird erblassen!
Hört! Hört! Hört, Rachegötter! Hört der Mutter Schwur!
—–
La colère de l’Enfer bout dans mon cœur ;
La mort et le désespoir dardent autour de moi !
Si Sarastro ne meurt de ta main,
Tu n’es plus ma fille, non plus jamais !
Que soient à jamais bannis, à jamais perdus,
À jamais détruits tous les liens de la nature
Si Sarastro n’expire pas par ton bras !
Entendez ! Entendez ! Entendez, dieux de vengeance ! Entendez le serment d’une mère !