du pré

Jacques Offenbach – Les Larmes de Jacqueline

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Nous commémorons aujourd’hui les 25 ans de la mort de Jacqueline du Pré, dont nous vous avons mentionné le nom à de très nombreuses reprises au fil des 584 articles déjà publiés par nos soins. Peu étonnant, puisque son nom est devenu quasi incontournable dans le milieu de la musique classique dans la seconde moitié du XXe siècle. Enfant prodige du violoncelle, qu’elle commença à étudier à 5 ans, du Pré intégra rapidement les sphères académiques musicales les plus prestigieuses et eut même pour maître Mstislav Rostropovich – souvenez-vous, l’éminent et légendaire musicien qui a joué devant le mur de Berlin avant que celui-ci ne s’effondre… Sa renommée internationale lui vint bientôt, à 17 ans, lorsqu’elle interpréta en tant que soliste le fameux Concerto pour violoncelle d’Elgar – dont je vous recommande au passage la très bonne version avec John Barbirolli et le London Symphony Orchestra. Jouant sur un Stradivarius, le « Davidov », Jacqueline du Pré possède un jeu habile, percutant et énergique, parfaitement adapté à mon avis au concerto d’Elgar qui alterne épanchements élégiaques et fragments suffocants.

Mais, revers de la médaille, la célébrité de du Pré n’est pas étrangère aux aspects mouvementés de sa vie privée : elle fut ainsi l’épouse de Daniel Barenboïm – autre grande figure que nous invoquons souvent  – pour qui elle se convertit au judaïsme et avec qui elle eut une collaboration fructueuse, elle en tant que violoncelliste, lui en tant que pianiste et chef d’orchestre. Elle devint également très amie avec Zubin Mehta et Itzhak Perlman (souvenez-vous de cette vidéo, on la voit), autres « pontes » ! Mais tout conte de fées connaît une fin et, pour du Pré, elle ne fut pas heureuse : la sclérose en plaques qui se déclara en 1971 la fit annuler de nombreuses tournées et la qualité de ses interprétations s’en est ressentie. La maladie l’emporta le 19 octobre 1987. Notez qu’à l’heure actuelle, c’est Yo Yo Ma qui joue sur le « Davidov ».

En guise d’hommage, nous vous faisons partager ce très beau morceau d’Offenbach, dont le titre fait écho au destin tragique de cette soliste prodige. Ne vous fiez pas aux illustrations de la vidéo, le soliste est ici Werner Thomas mais l’intention n’en est pas moins belle. Laissez-vous donc emporter par le phrasé sanglotant de cette pièce et ayez, ce soir, une petite pensée pour Jacqueline…