Béla Bartók- Sonate pour piano n°1

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Après la sonate n°3 de Bartók, voici la 1ère, plus violente, plus dure, et tout aussi peu abordable à la première écoute ! On pourrait croire, avec toute cette violence, que Bartók lui-même fût un homme dur et sans coeur, et pourtant, il fut lauréat, en 1954 (près de 10 ans après sa mort ) du prix d’honneur de la paix. En effet, Bartók ne supporta pas les événements tragiques qui touchèrent l’Europe dans les années 1930, même s’il y demeura jusqu’en 1940, année de la mort de sa mère.

Arrivé aux Etats-Unis, il écrit à une amie : « Et nous voici le cœur plein de tristesse, et nous devons vous dire adieu, à vous et aux vôtres – pour combien de temps ? Peut-être pour toujours, qui sait ? Cet adieu est dur, infiniment dur. […] À proprement parler, ce voyage nous fait sauter de l’incertitude dans une insupportable sécurité. Je ne suis pas encore entièrement rassuré sur mon état. Je crois que la périarthrite n’est pas complètement guérie. Dieu sait combien de travail j’arriverai à fournir là-bas, et pendant combien de temps. Mais nous ne pouvions rien faire d’autre. La question n’est absolument pas « Muss es sein ? », car « es muss sein ! ».

Un coeur sensible, une personne dévouée, mais aussi un homme conscient de sa maladie (dont il mourra 5 ans plus tard). Peut-être cela se ressent-il aussi dans sa 1ère sonate.