Louis-Claude_Daquin

Louis-Claude Daquin – Le Coucou

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

Voici un génie français dont on n’entend malheureusement plus beaucoup parler, de nos jours : il s’agit de Louis-Claude Daquin (1694-1772), compositeur, claveciniste, et organiste de renom. Présenté à l’âge de 6 ans à la Cour de Louis XIV, il impressionne par son talent au clavier et son prodige lui vaut l’intérêt de l’aristocratie courtisane. Contemporain de Rameau, Daquin s’avéra beaucoup plus chanceux et beaucoup plus encensé que ce dernier : les débuts difficiles de Rameau coïncident avec un lancement de carrière éblouissant pour Daquin. Nommé organiste du roi, il sera ensuite organiste de l’église Saint-Paul et finira même titulaire des orgues de Notre-Dame, ce qui, pour un musicien d’époque, était un honneur et un accomplissement professionnel des plus aboutis.

Mais une fois encore, les affres de l’Histoire n’ont pas joué en faveur de Daquin, puisque nombre des ses compositions sont aujourd’hui perdues. Rares sont celles qui nous sont parvenues. Le morceau ci-dessous est appelé une « pièce imitative » et mime le chant régulier d’un coucou – en fait, inutile de vous le dire avec des mots, l’interprétation du légendaire Cziffra vous en dira beaucoup plus que moi !

Lecteur attentif de lamusiqueclassique.com, n’y a-t-il rien qui t’interpelle ? Pourquoi donc Daquin et un certain Wolfgang Amadeus, pourtant tous deux enfants prodiges du clavier, ont-ils connu des destins si différents ? Je vous invite pour cela à lire le fabuleux livre du sociologue Norbert Elias, Mozart, dans lequel il montre que le génie autrichien natif de Salzburg est en fait allé à contre-courant de son époque : quand un musicien au XVII/XVIIIe siècle avait « réussi » en devenant maître organiste d’une chapelle ou en étant au service d’une éminence ecclésiastique ou d’un dignitaire noble – c’est le cas de Daquin – Mozart a voulu vivre et composer de façon indépendante, pour son compte, à la manière du compositeur bourgeois. Las, c’est parce qu’il s’est entêté à demeurer dans cette voie que sa féconde existence fut si écourtée, faute d’un confort matériel suffisant… Dieu merci, l’héritage et la légende de Mozart restent intacts !

  • Léa

    Ha, le Coucou.. Quel pianiste amateur n’a pas eu ce plaisir de jouer une pièce si joyeuse et originale? Mais bon, joué par Cziffra c’est autre chose… On se sent très médiocre, et la pièce devient toute autre….

  • fripon79

    permettez … les franc mac potes à Mozart ont fait le vide à la révolution et détruits des milliers d’œuvres de référence ne nous laissant que leurs complice … les faisant passer pour des génies spontanés… hors nous savons bien que seuls des siècles d’éducations catholiques sont à l’origine de l’éclosion des œuvres qui demeurent malgré les révolutionnaires… qui au demeurant continuent dans leur volonté de détruire encore et toujours ce qui contrarie leur esprit frondeur… voilà ma vision du monde : ni génies, ni héros… seulement les fruits d’une civilisation que tous envient sans jamais égaler…