Ludwig Van Beethoven – Symphonie n°9 – Finale (Ode an die Freude)

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Drapeau EuropéenAujourd’hui 9 Mai, Journée de l’Europe! A l’heure où celle-ci est critiquée et fragilisée, souvenons-nous du jour où Robert Schuman fit sa déclaration éponyme, considérée comme l’acte de naissance de l’Europe comme union politique et économique.

Quoi de mieux pour célébrer cette grande idée que d’écouter une partie de l’illustre finale de la 9ème Symphonie du grand Ludwig? Elle débute par un passage connu sous le nom d’Ode à la Joie: un chant glorieux et entraînant, mettant en musique le poème de Friedrich Von Schiller An Die Freude, que Beethoven avait découvert dans sa prime jeunesse. Ce poème est un cri  pour une Fraternité universelle débordant de joie dans l’amour de tous les Hommes. Le titre original était An Die Freiheit (A la Liberté), mais le contexte révolutionnaire qui faisait frémir l’Europe dans ces années 1780 avait convaincu Schiller de remplacer le mot Liberté par Joie.

Entendez la ferveur humaniste dans cette composition de Beethoven! Quel espoir n’a-t-il pas déversé pour l’éternité dans ces quelques notes!

De cette ode est tiré l’hymne officiel de l’U.E., choisi en 1972 par le Conseil de l’Europe. Cet hymne n’en est cependant pas un puisque ce mot vient du grec « ὕμνος » qui signifie « chant ». Or les paroles ont été retirées de la version de l’U.E. car, étant en allemand, elles pouvaient naturellement heurter des sensibilités.

Nous vous donnons cependant le poème de Schiller en versions allemande et française sous la vidéo!

Texte original allemand Traduction française
O Freunde, nicht diese Töne! Mes amis, cessons nos plaintes !’
Sondern laßt uns angenehmere Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants
anstimmen und freudenvollere. de fêtes et nos accords pieux !
Freude! Joie !
Freude, schöner Götterfunken Joie ! Belle étincelle des dieux
Tochter aus Elysium, Fille de l’Élysée,
Wir betreten feuertrunken, Nous entrons l’âme enivrée
Himmlische, dein Heiligtum! Dans ton temple glorieux.
Deine Zauber binden wieder Tes charmes lient à nouveau
Was die Mode streng geteilt; Ce que la mode en vain détruit ;
Alle Menschen werden Brüder Tous les hommes deviennent frères
Wo dein sanfter Flügel weilt. Là où tes douces ailes reposent.
Wem der große Wurf gelungen, Que celui qui a le bonheur
Eines Freundes Freund zu sein; D’être l’ami d’un ami ;
Wer ein holdes Weib errungen, Que celui qui a conquis une douce femme,
Mische seinen Jubel ein! Partage son allégresse !
Ja, wer auch nur eine Seele Oui, et aussi celui qui n’a qu’une âme
Sein nennt auf dem Erdenrund! À nommer sienne sur la terre !
Und wer’s nie gekonnt, der stehle Et que celui qui n’a jamais connu cela s’éloigne
Weinend sich aus diesem Bund! En pleurant de notre cercle !
Freude trinken alle Wesen Tous les êtres boivent la joie
An den Brüsten der Natur; Aux seins de la nature,
Alle Guten, alle Bösen Tous les bons, tous les méchants,
Folgen ihrer Rosenspur. Suivent ses traces de rose.
Küsse gab sie uns und Reben, Elle nous donne les baisers et la vigne,
Einen Freund, geprüft im Tod; L’ami, fidèle dans la mort,
Wollust ward dem Wurm gegeben, La volupté est donnée au ver,
und der Cherub steht vor Gott. Et le chérubin est devant Dieu.
Froh, wie seine Sonnen fliegen Heureux, tels les soleils volent
Durch des Himmels prächt’gen Plan, Sur le plan vermeil des cieux,
Laufet, Brüder, eure Bahn, Courez, frères, sur votre voie,
Freudig, wie ein Held zum Siegen. Joyeux, comme un héros vers la victoire.
Seid umschlungen, Millionen! Qu’ils s’enlacent tous les êtres !
Diesen Kuß der ganzen Welt! Un baiser au monde entier !
Brüder, über’m Sternenzelt Frères, au plus haut des cieux
Muß ein lieber Vater wohnen. Doit habiter un père aimé.
Ihr stürzt nieder, Millionen? Tous les êtres se prosternent ?
Ahnest du den Schöpfer, Welt? Pressens-tu le créateur, Monde ?
Such’ ihn über’m Sternenzelt! Cherche-le au-dessus des cieux d’étoiles !
Über Sternen muß er wohnen. Au-dessus des étoiles il doit habiter.
Freude, schöner Götterfunken Joie ! Belle étincelle des dieux
Tochter aus Elysium, Fille de l’Élysée,
Seid umschlungen, Millionen! Soyez unis êtres par millions !
Diesen Kuß der ganzen Welt! Qu’un seul baiser enlace l’univers !

  • Marita Hadjian

    comme ce beau poème s’adresse au monde entier, des traductions dans d’autres langues seraient certainement très appréciées.