Maurice Ravel – Le Boléro

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Boléro de Maurice Ravel

« Mon chef-d’œuvre ? Le Boléro, voyons ! Malheureusement, il est vide de musique. »

Ravel lui-même exprimait ainsi le paradoxe de ce qui reste son oeuvre la plus connue (bien que nous ayons commencé par vous en présenter d’autres, telles que le Concerto pour la main gauche, Daphnis et Chloé, Miroirs et le Concerto pour Piano en Sol).

Ida RubinsteinRavel a créé cette musique pour ballet en 1928, à la demande de son amie et mécène la danseuse russe Ida Rubinstein, qui lui avait demandé quelque chose « à caractère espagnol », ce qui plut à Ravel, lui dont l’influence hispanique se ressent dans une grande partie de son oeuvre.

Ravel eut une idée originale: il se lança le défi d’écrire une sorte d’expérience rythmique et orchestrale, sans grande recherche mélodique. Il s’inspira d’airs arabo-hispaniques d’Andalousie, bien que les morceaux de cette région soient souvent joués sur un tempo bien supérieur à celui du Boléro. Originellement, un Boléro est d’ailleurs une danse espagnole à 3 temps.

La structure du morceau est à la fois simple et complexe, linéaire et cyclique. Beaucoup deDanseuse Andalouse gens pensent connaître l’air lancinant du Boléro, mais essayez-donc de siffler les 2 phrases mélodiques principales sans aucune erreur (notamment rythmique): plus subtil qu’il n’y parait, vous verrez!

La clef de voûte du morceau est sa ritournelle, fondée sur la phrase rythmique ultra-connue que voici:

ritournelle

Cette ritournelle doit, selon Ravel, être jouée sur un tempo absolument constant du début à la fin, quitte à en devenir lassant.

Le Boléro a eu des débuts ambivalents, provoquant à la fois l’émoi inquiet face à cette nouveauté, etMaurice-Bejart-bolero-de-Ravel l’enthousiasme des foules et des orchestres. En outre, Ravel concédait que ce morceau avait un caractère « musico-sexuel », presque charnel, ce que la chorégraphie très sensuelle exécutée par la belle Ida Rubinstein n’arrangeait pas. Celle-ci tournoyait sans arrêt, entourée par des garçons se tordant de passion à ses pieds…

Le Boléro fascine depuis sa création, et présente la particularité d’être une musique moderne, expérimentale, et qui pourtant ne rebute pas le profane. Au contraire, bien des amateurs de musique classique cite le Boléro parmi les oeuvres leur ayant donné le goût de ce genre.

Le Boléro est un morceau qui offre un terrain fertile à l’imagination. Certains y voient une histoire pessimiste de l’Humanité, commençant doucement, grandissant jusqu’à la discorde et l’explosion violente. Il est vrai que la fin a un côté tragique, voire macabre et que le silence qui s’ensuit est assez profond. Mais je suis sûr que vous arriverez à y voir mille autre choses plus réjouissantes!

Bonne redécouverte!

  • H.Y.Q

    Ah, le Boléro, enfin! Je me disais bien qu’il manquait comme un petit quelque chose à vos articles sur Ravel… 

    Sinon, j’ai remarqué que vous n’avez pas présenté Gaspard de la Nuit, ou encore les Contes de ma Mère l’Oye; deux pièces peu connues, certes, mais dont les qualités musicales surpassent certainement celle du Boléro! 

    Sont-ils pour bientôt? Si non, je serais bien tenté d’écrire un article sur Ma Mère l’Oye, version piano 4 mains! 

    • Alex

      Rien de prévu encore de ce côté-là (le prochain article sur Ravel que j’avais en tête était le duo miaulé de l’Enfant et les Sortilèges, pour un hors-jeu ;-)
      N’hésitez donc pas à y aller, c’est toujours un plaisir de recevoir vos contributions!

  • ltrjtr

    genial

  • LELE

    ou est sa date de naissance et de mort?