Gilbert and Sullivan – H.M.S. Pinafore – Sir Joseph’s Song

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Par Havelock Weatherwax – Audituri te Salutant!

Morceau historique s’il en est. Mesdames et Messieurs les anglophiles, sachez que c’est précisément après cet opéra (HMS Pinafore, 1878) et pour cet aria que sa Majesté Victoria, reine d’Angleterre et – dei gracia – Impératrice des Indes, aurait prononcé son historique « We Are Not Amused ». Vu la postérité de l’expression, les majuscules s’imposaient. On conçoit aisément le déplaisir de sa Gracieuse Majesté, pour les non anglophones, la conclusion de l’aria est : « restez derrière votre bureau et n’allez en mer, vous pourriez ainsi tous devenir grand amiral de la flotte de sa Majesté ». Enfin un librettiste talentueux.

On notera que la version ici offerte est issu des Proms. Les Proms étant un ensemble de concerts classiques donnés tous les ans à Londres, ici en 2005. Les Proms étant l’illustration que la musique classique peut toujours être populaire. A noter que si je ne saurais dire le nom de l’interprète, le chef d’orchestre, Sir Charles Mackerras, est fort connu, sous une triple entrée : grand directeur musical pour le répertoire baroque, meilleur chef concernant les œuvres des compositeurs d’Europe de l’est en général et de Janacek en particulier et… expert toute catégorie de la direction des opérettes de Gilbert & Sullivan.

Eux justement. William Gilbert (librettiste, 1836-1911) et Arthur Sullivan (compositeurs, 1842-1900) sont presque inconnus en France. Ils sont les Offenbach du monde anglo-saxon. Mieux encore, il est rare qu’un adulte ayant grandi dans un pays développé anglophone n’ait pas chanté du Gilbert & Sullivan au détour d’un spectacle de fin d’année d’école primaire ou de collège.

Il est difficile de décrire musicalement Gilbert & Sullivan. C’est un renouvellement indéniable du genre opérette : les sujets sont souvent innovants (les fées et la chambre de lords en compétitions, les japonais décapités pour flirt, les bouffons alliés avec les bourreaux…). La trame est basée sur ce que Gilbert appelait le Topsy Turvy, monde très anglais en effet ou toutes les décisions sont poussées dans leurs conséquences logiques les plus extrêmes. La composition est plus légère, plus décalée, parfois inattendue, reposant souvent sur la parodie des conventions musicales du genre (l’aria « A Wanderong Ministrel I » est, de ce point de vue, tout à fait symptomatique). On flirt parfois du coté du music hall, les adaptations contemporaine le montrent d’ailleurs assez bien (je ne résiste pas à la tentation de vous livrer celle-ci : http://www.youtube.com/watch?v=TQuhtvTLQf8&feature=related ).

Qu’on ne s’y trompe pas : si le genre est mineur et l’air léger, les prouesses musicales et vocales n’en sont pas moins réelles : l’air du Mikado (quand il est bien chanté, pas la…) l’air du Modern Major General (The Pirates Of Penzance) ou le duo I have a song to sing (« The Yeomen of the Guard ») sont de vrais morceaux de bravoure.

H.M.S. Pinafore – Sir Joseph’s Song from MunduJr on Vimeo.