Jean-Philippe Rameau – Les Indes Galantes – Rondeau

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Les Indes galantes (1735) est le premier des six opéra-ballets de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), considéré comme l’un des plus grands compositeurs français d’avant le XIXème siècle.

Sa musique, et notamment son œuvre lyrique, marque l’apogée du classicisme français. L’extrait que nous proposons aujourd’hui en constitue un parfait exemple.

Voici le Rondeau, tiré des Indes galantes, chanté par Magali Léger et Laurent Naouri accompagnés par les Musiciens du Louvre.

« Forêt paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

(Chœur des sauvages):
[Forêt paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.]

Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
offrir de tes faux attraits !
Ciel, tu les as faites
pour l’innocence et pour la paix.
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles !
Ah ! Peut-on être heureux,
Quand on forme d’autres vœux ? »

  • Havelock

    Ah, Rameau… La quintessence du baroque franu00e7ais, bien qu’il composu00e2t au grand siu00e8cle. Le plus marquant chez Rameau est justement qu’il est Franu00e7ais et qu’il reprend la tradition Franu00e7aise, u00e0 l’heure ou la musique europu00e9enne se met aux rythmes italiens, u00e0 l’opu00e9ra su00e9ria, u00e0 la technicitu00e9 vocale, bref, u00e0 la structure de l’opu00e9ra telle qu’on la connait : ru00e9citatif, aria, recitatif aria avec un coeur deci dela, Rameau lui, reprend la tradition franu00e7aise de : on chante une histoire que les gens doivent entendre (ce qui limite la technicitu00e9 vocale) on fait deux trois danses de droite et de gauche pour amuser le challant (d’ou les nombreuses passacailles, gavotte, bourru00e9e, contredanses et autres, sur ce morceau par exemple, les premiu00e8re phrases ne sont pas sans u00e9voquer les rythme d’une contredanse) et… pas (ou tru00e8s peu) de contre tu00e9nors… On est pas des barbares en France.nnMusicalement, on est bien aussi dans la tradition Franu00e7aise, beaucoup plus baroque que classique, avec le gout prononcu00e9 de Rameau pour une virtuositu00e9 instrumentale discru00e8te, ou moins discru00e8te d’ailleurs quand il s’agit de faire des morceaux « tempu00eate » (grand classique musicale, qui chez rameau se traduit par exemple dans l’ouverture de Zau00efs – ou on entend mu00eame le petit zoziaux qui gazouille – ou dans Boru00e9e en fureur des boru00e9ades). C’est probablement les intermu00e8des dansu00e9es qui sont les plus connues, principalement du fait de leur importance dans les Indes Galantes, qui sont la piu00e8ce la plus connue.nnA noter que les thu00e8mes abordu00e9s par Rameau sont des thu00e8mes tru00e8s XVIIIu00e8me : des bergers, des dieux, tout u00e7a est fort champu00eatre ou bucolique, souvent tru00e8s dru00f4le (Platu00e9e et son air de la Folie par exemple) mais tru00e8s XVIIIu00e8me dans sa dimension subversive : ainsi, les Boru00e9ades, la derniu00e8re oeuvre lyrique de Rameau sera interdite, probablement u00e0 cause de cet aria ( http://www.youtube.com/watch?v=l_twaK3ExJs ) : on est bien au siu00e8cle de la ru00e9volution franu00e7aise, mais dans la tradition grand siu00e8cle.nnlast, but not least, ici, direction Minkowsky, ensemble des musiciens du louvre, l’ensemble franu00e7ais qui a le plus d’appu00e9tence pour Rameau.

  • Anonyme

    Merci Havelock pour ces u00e9claircissements! A quand votre article? ;-)

    • Havelock

      Vu que vous avez ru00e9ussi a ratu00e9 Verdi pour le 150u00e8me anniversaire de la ru00e9unification Italienne, faudrait probablement que je m’y colle en effet… Je fait passer quelque chose via Stan si je trouve le temps…

      • Anonyme

        Aha, mea culpa! C’est bien pour compenser nos lacunes que nous sommes friands des contributions/suggestions des lecteurs… Je laisse Stan recevoir ta contribution alors.